Cohésion nationale : ce que disent les cartes

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Cohésion nationale : ce que disent les cartes

cartes

La campagne pour les présidentielles a débuté sur les chapeaux de roues depuis quelques semaines déjà et s’intensifiera au cours des 9 prochains mois. Neuf longs mois au cours desquels rien ne sous sera épargné. Car nous, les citoyens-électeurs, serons sollicités tout au long de cette période de la pire des façons.

Ce billet ne traitera pas directement des élections, si ce n’est pour dire que celles-ci, de même que la guerre arrive toujours avec son cortège de maladies, de rumeurs et de mauvaises nouvelles, vont charrier des tonnes de boue et de cadavres à mesure que le temps passe. Cadavres que le vainqueur devra enjamber – si ce n’est enfourcher – pour accéder à l’Élysée.

Ce processus démocratique que nous avons toujours connu est l’alpha et l’oméga de la vie démocratique de notre pays. A intervalles réguliers nous sommes appelés à participer à un scrutin. Après quoi, c’est le silence radio et nous pouvons retourner à nos petites vies normales.

Cette démocratie, de plus en plus de nos concitoyens n’en veulent plus. Avec plus de 40% d’abstentionnistes, des centaines de milliers de personnes même plus inscrites sur les listes électorales, celle-ci est de plus en plus boudée du fait de son incapacité à faire advenir les changements promis.

Les élections, qui sont le point d’orgue de notre vie démocratique, ne sont plus l’occasion de vrais débats mais des jeux du cirque au cours desquels des gens s’entre-tuent dans des arènes médiatiques.

 

Le jeu pervers de la démocratie du lynchage

Depuis plusieurs mois déjà nous savons que la campagne se déroulera autour des thématiques de la sécurité (terrorisme, délinquance, immigration), du chômage et de l’Europe (crise des réfugiés, Brexit, Franxit ?).

L’Islam et l’identité nationale seront au cœur du débat. En fait, ils le sont déjà depuis cet été et l’affaire des “burkinis“, signe que la campagne a débuté à l’initiative de la droite soi-disant républicaine.

Nous ne reviendrons pas sur le fond que nous avons déjà abordé dans un précédent article relatif à la dérive, selon nous, du concept républicain de laïcité, dérive organisée sciemment à des fins politiciennes.

Lire notre article : Quand la laïcité devient racisme républicain.

Ce que nous souhaitons aborder ici est le phénomène d’instrumentalisation qui consiste à prendre une population en otage – selon quels critères ? – pour parvenir à des fins politiques : chômeurs, fonctionnaires, musulmans, sont des “sujets” qui reviennent souvent depuis de nombreuses années.

lynchageCette propension à désigner des boucs-émissaires est vieille comme le monde et a été analysée et décryptée par des penseurs comme René Girard.

Ce qui faisait la particularité de la pensée girardienne du bouc-émissaire, c’est que la geste chrétienne était elle-même une entreprise de dévoilement de ce phénomène. En acceptant sa condamnation à mort, Jésus de Nazareth portait à la connaissance du monde que le sacrifice était – a priori – utile pour empêcher que n’explose la communauté (“racheter les pêchés”). Malheureusement, en faisant de cette révélation un nouveau mythe, un mystère, l’Église catholique enferma à nouveau cette vérité et fit taire la révélation (l’Amour seul peut sauver la communauté, pas les sacrifices).

Depuis, les chrétiens vénèrent celui qui fut injustement condamné et exécuté mais sans savoir pourquoi…

Nous voulons ici rappeler que la période préélectorale est traditionnellement un moment d”une extrême violence au cours de laquelle des entrepreneurs politiques vont jouer avec nos émotions, nos peurs, nos passions.

Au cours de ce processus, un ou des boucs-émissaires vont être désignés, cristallisant les débats et nos ressentiments sur quelques individus en particuliers tout en occultant les questions de fond qui, elles, ne seront jamais traitées.

Nous pouvons avoir des opinions sur les sujets abordés, mais nous devons nous abstenir de laisser libre-cours à nos passions. Nous devons également garder en mémoire que tout ceci n’est qu’un jeu – dangereux – dont nous sommes les pions, jeu à l’issue duquel certains de ces pions seront sacrifiés (les boucs-émissaires).


 

“Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?” (1 Co 4.7)

A l’époque des Pokemon Go et de Clash Royale, et dans le contexte de poker menteur électoral qui s’annonce, personne ne s’étonnera que l’on puisse parler de la vie comme d’un jeu de cartes.

En tant que joueurs, nous disposons tous d’un certain nombre de cartes dans notre main (notre deck), chaque carte représentant une caractéristique différente de notre personne : notre nationalité, notre sexe, nos orientations sexuelles, notre religion, notre situation professionnelle, la couleur de notre peau, notre type d’habitat, etc.

Le hasard de la vie distribue des cartes à chacun de nous et chaque individu doit se débrouiller avec ce qu’il a. Certains seront pleins aux as, certains n’auront pas d’honneurs, d’autres profiteront d’une longe d’atouts ou, au contraire, pâtiront d’une misère. Les poisseux devront par tous les moyens se débarrasser du pouilleux…

Sommes-nous nés noir, français, juif ou allemand. Bouddhiste ou musulman. Petit ou grand. On nous aura transmis un mauvais patrimoine génétique, mais un bon patrimoine immobilier. Nous n’avons rien demandé, mais nous avons tout eu, le bon comme le mauvais. La circoncision, l’excision, le baptême, qui nous font appartenir à une autre communauté, religieuse, nous sont le plus souvent imposés à notre corps défendant.

Nous ne pouvons pas nous vanter d’être français ou chrétiens, ni clamer la supériorité de l’islam sur le judaïsme, des blancs sur les noirs, des aristocrates sur les miséreux, parce que nous n’avons rien choisi, que tout nous a été donné.

Rejeter l’autre pour ce qu’il est, c’est à dire pour ce qui lui a été transmis, n’est que stupidité et vanité. L’histoire de l’humanité est constellée de telles stupidités.

Il est donc utile de rappeler cette épître de l’apôtre Paul aux Corinthiens, verset 7 : “qu’as-tu que tu n’aies reçu ?“, dans laquelle il les mettait en garde contre la tentation de la vanité et la célébration de leur différence.

 

Des règles à géométrie variable

Une fois les cartes distribuées se pose la question des règles du jeu ainsi que de leur universalité. Tout le monde joue-t-il au même jeu selon les mêmes règles ?

Eh bien non. Non seulement la vie distribue au hasard, mais, en fonction de la table à laquelle vous êtes assis (votre pays, votre nationalité), les règles diffèrent.

Soyez juif en Israël et vous ferez partie de la race des seigneurs. Ailleurs, votre judéité pourrait vous valoir mépris ou haine farouche.

Naissez musulman en Afghanistan ou en France, et vous ne ferez pas la même expérience de l’Islam.

Si vous êtes une femme, quelle que soit la table à laquelle vous êtes assise, vous partirez le plus souvent avec un handicap. En Inde ou en Chine, cette carte peut vous faire exclure de la partie de façon radicale.

La partie peut être rendue plus facile ou, au contraire, plus difficile, en fonction des combinaisons de cartes en votre possession. Là encore, les particularismes locaux feront la loi.

Gay et danois ça passe. Gay et saoudien ou iranien, c’est la lose.

Juif et riche, c’est suspect.

Femme et blonde, c’est une blague. Femme, blonde et présidente du Front National, c’est une blague de mauvais goût.

Il peut donc exister de bonnes ou de mauvaises cartes, de bons ou de mauvais tirages, mais la valeur d’une carte est surtout intimement liée au contexte dans lequel l’individu est plongé lors de sa naissance.

 

Peut-on changer ses cartes ?

Ca dépend. Certaines cartes ne sont pas échangeables, ou pas facilement.

En Inde, par exemple, vos cartes vous condamneront à jouer avec des personnes de la même caste que vous.

Il existe même des tables où le système de castes, bien qu’il ne soit pas explicitement inscrit dans les règles du jeu, fonctionne quand même. Ces variantes, dans lesquelles l’espoir est permis, sont dites de “l’ascenseur social” ou encore, plus poétiquement, du “plafond de verre“. Elles sont très répandues dans le monde occidental. C’est d’ailleurs pour cette raison que les joueurs mal avertis prennent le risque de venir s’asseoir à nos tables. Par exemple de nombreux joueurs ayant tiré la carte “mexicain” préféreraient jouer à la variante “rêve américain”. Idem pour les possesseurs de la carte “africain” qui ne rêvent que de la variante “droits de l’Homme”.

Vous pouvez changer votre carte “religion”, mais pas partout. La carte “athée”, contrairement à ce que l’on pense souvent, n’est pas un joker. Elle se révèle souvent aussi difficile à jouer que les autres parce que les membres d’une communauté de croyants ne supportent pas ceux qui ont repris leur liberté.

Il n’est pas possible de changer sa carte “mélanine”, vous vous en doutez.

Pour les cartes “catégorie sociale”, il n’est pas possible de se débarrasser de ses cartes d’origine. Toutefois il est possible d’ajouter des cartes à son deck pour grappiller quelques points.

Le moyen le plus sûr d’ajouter des cartes à son deck reste l’école. Mais il n’y en a pas partout. Les pioches, d’une table à une autre, peuvent être hétérogènes.

Un des avantages de l’école, c’est qu’il s’agit souvent du premier endroit où l’on peut rencontrer d’autres joueurs et confronter son deck à la réalité pour se faire la main. Parfois, des joueurs avec des cartes au départ moins bonnes se débrouillent mieux que les autres. Ce n’est pas de la magie, c’est ce qui fait toute la beauté de ce jeu.

Un aspect important du jeu est que les joueurs peuvent s’associer. Ces associations, qui peuvent être à géométrie variable, ont comme principale conséquence le remplacement de cartes par d’autres.

Par exemple les joueurs ayant la carte “femme” peuvent s’associer afin d’obtenir l’égalité et supprimer ainsi tous leurs handicaps. Ceux ayant une carte “esclave” peuvent faire de même et obtenir la suppression des cartes “aristocrate” et “esclave” des decks des joueurs de la table.

Attention cependant, il est toujours possible de revenir à une situation passée en reprenant des cartes dans la défausse, alors restez vigilant-e-s !

 

Quel est le but du jeu ?

C’est la question qui fâche : pourquoi sommes-nous ici ?

A la question de savoir “quel est le sens de la vie ?”, je rappelle que la réponse est : “42“.

Si l’on considère chaque partie individuelle comme une trajectoire qui va de la naissance à la mort, alors il n’y a pas de but véritable car la fin est déjà connue. Tout comme la naissance, celle-ci n’est ni désirée ni désirable. C’est un fait, tout comme le cosmos dans lequel elle s’enracine et dont elle n’est qu’une infime instance, une fractale. Le jeu repose sur une conception darwinienne de la vie.

Si l’on s’arrête à ces considérations, le jeu n’est qu’une obligation et la partie n’a pas de sens.

Pour ne pas sombrer dans le nihilisme, il reste à considérer le chemin, c’est à dire ni la naissance ni la mort, mais l’intervalle qui les sépare. Donc la beauté du jeu. Comment faire au mieux avec le jeu qui nous est donné ?

Avec la notion de “faire au mieux”, on introduit alors un critère “esthétique” qui peut déboucher sur plusieurs acceptions du “mieux”. S’agit-il d’une vie agréable, faite de jouissance charnelle et de plaisirs matériels ? S’agit-il simplement d’exploiter au mieux ses cartes pour rafler la mise et d’être le vainqueur parmi des perdants ? Saurons-nous nous contenter d’être un joueur agréable ? Devons-nous être “utile” ?

 

La roue tourne, rien ne va plus

Ce jeu est très ouvert et plein de surprises. On pourrait décliner à l’infini les destins possibles, les stratégies pour y parvenir, les erreurs à ne pas commettre, mais la seule chose qui reste vraie, quelles que soient les cartes que nous avons en main, c’est que la donne de départ est le fruit du hasard. Et c’est cette soumission au hasard initial qui fait de nous des égaux.

Celles et ceux qui ont un frère ou une soeur, né-e des mêmes parents, dans le même milieu, comprennent ce que signifie ce hasard dont il est question ici. Des mêmes gènes naissent des personnes à la fois différentes et semblables. Ils auraient pu être nous, nous aurions pu être lui ou elle. Nous avons parfois les mêmes marques de naissance, un même grain de beauté situé au même endroit, les yeux de la même couleur. Bizarrement, ils sont parfois blond alors que nous sommes chatain, sont cérébraux alors que nous sommes manuels, gauchers quand nous sommes droitiers, préfèrent le classique quand nous vibrons pour du hip-hop ou Maxime Leforestier quand il chante “Mon frère” :

 

Toi le frère que je n’ai jamais eu
Sais-tu si tu avais vécu
Ce que nous aurions fait ensemble
Un an après moi, tu serais né
Alors on n’se s’rait plus quittés
Comme deux amis qui se ressemblent
On aurait appris l’argot par cœur
J’aurais été ton professeur
A mon école buissonnière
Sûr qu’un jour on se serait battu
Pour peu qu’alors on ait connu
Ensemble la même première
Mais tu n’es pas la
A qui la faute ?
Pas à mon père
Pas à ma mère
Tu aurais pu chanter cela
[…]

 

Pour percevoir ce hasard, il est nécessaire de prendre un peu de hauteur.

Ce que Pascal nommait “la pensée de derrière” est cette attitude, ce recul, cette mise à distance par rapport à soi qui permet de mieux comprendre cette altérité dont il est question ici. J’aurais pu être mon frère, il aurait pu être moi. De même, j’aurais pu naître noir et chrétien plutôt que blanc et juif, basané et musulman.

Si nous sommes capables de penser, de comprendre et d’admettre que les cartes que nous avons en main dépendent essentiellement du hasard plutôt que de notre propre choix, cela ne changera rien au fait qu’il existe de bonnes et de mauvaises cartes. En revanche, nous serons en mesure de comprendre également que leur qualité bonne ou mauvaise n’est pas exclusivement intrinsèque mais qu’elle s’apprécie en fonction d’un contexte sur lequel nous avons, individuellement, bien peu de prise, mais un peu quand même.

Pour celui qui vient au monde dans un système d’apartheid, le hasard va décider s’il naît dans le camp des bourreaux ou du côté des victimes. Mais il relève de la responsabilité de chacun de choisir la place qu’il veut occuper dans ce système, s’il veut être führer ou kapo, Condorcet ou Mandela.

Ce qui fait que le chemin que nous empruntons est beau ou pas dépend moins des cartes qui nous sont données que de notre état d’esprit au cours de la partie. Mais notre état d’esprit n’est-il pas, pour partie, guidé par les cartes que nous avons en main ? Tel est le ressort sur lequel repose ce jeu et la thèse arendtienne de “la banalité du Mal”.

Si le hasard fait de nous des égaux en ce sens qu’aucun d’entre nous ne pourrait se prévaloir d’avoir eu une quelconque influence sur les cartes qu’il a en main, nous nous devons d’admettre toutefois que ces cartes peuvent influer sur ce que nous sommes et/ou deviendrons.

Mais “peuvent” seulement, car chaque joueur dispose d’un libre-arbitre dont il peut faire usage – dans certains cas, pas tous – pour échapper à toute forme d’atavisme qui nous pousserait à emprunter un chemin conforme aux cartes dont nous disposons.

 

Faîtes vos jeux, mais faîtes le bien

La manipulation en image

La manipulation en image

Ce que nous cherchons à montrer ici, c’est que ce que l’avènement de la République a permis en France est justement la primauté de la communauté nationale sur toute autre considération (les cartes que nous avons en main). Nos valeurs républicaines doivent guider nos choix et être notre phare.

La période électorale qui commence va se caractériser, comme à chaque fois, par une occultation ou un travestissement de ces valeurs.

La “France”, la “République”, vont être brandies par les candidats comme des armes. La laïcité sera invoquée pour exclure. La solidarité sera citée pour condamner ceux auxquels elle est destinée. La valeur travail sera mise en exergue pour stigmatiser ceux qui n’ont pas d’emploi. Les services publiques seront encensés pour être mieux détruits.

Alors que le débat démocratique devrait construire un projet commun, celui-ci va dresser des populations les unes contre les autres, pourtant toutes françaises.

Les propositions des candidats ne doivent être considérées qu’à l’aune des valeurs inscrites dans notre constitution : liberté, égalité, fraternité (la laïcité, la solidarité, la justice ne sont que des déclinaisons de notre tryptique national).

Tous les candidats vont chercher à actionner des leviers pour nous faire réagir et non pas réfléchir, à capter notre attention – et notre clientèle – en activant des instincts mauvais incompatibles avec la notion de communauté nationale.

Nous devons plus que jamais rester vigilants et concentrés, nous remémorer autant que possible que c’est le hasard qui nous a placés dans telle ou telle position et que nos choix ne doivent pas être guidés par ce que nous sommes (qui aurait pu être autre) mais par une certaine idée du “Bien“. Le “Bien” pourrait se définir par “ne pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse”.

Pour revenir – et conclure – sur l’affaire du burkini, dont on n’a pas fini d’entendre parler, la question n’est pas tant de rejeter l’Islam au nom de la France “historiquement chrétienne” (ce qui n’a aucun sens pour les 50% d’athées) que de promouvoir un Islam compatible avec nos valeurs républicaines, seules valeurs entièrement compatibles avec l’intérêt général et la communauté nationale. Communauté nationale qui comprend des chrétiens, des juifs, des musulmans, des baha’hi, des taoïstes, des bouddhistes, etc.

François Mitterrand déclarait dans son testament qu’il croyait “aux forces de l’esprit”.

Nous vous invitons à croire en la force de l’esprit.


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Alors que la bataille électorale pour 2017 commence en France, nous nous inquiétons de l'avenir de la cohésion nationale. Guide de survie républicain.
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