Gollum en politique : Fillon, Sarkozy, Cahuzac et Cie

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Gollum en politique : Fillon, Sarkozy, Cahuzac et Cie

Francois Fillon

J’ai changé.

Nicolas Sarkozy - 2012

Je suis honnête.

François Fillon - 2017

 

Quand on sait que quelqu’un ment, patauge, se noie, se débat, sait qu’il est fautif tout en s’efforçant d’affirmer le contraire, on ressent un profond sentiment de malaise, une gène d’être là, d’entendre ça, d’assister à ce qui est une agonie.

Je revois Jérôme Cahuzac affirmer les yeux dans les yeux qu’il est innocent de ce dont on l’accuse.

Je revois Thomas Thévenoud expliquer face aux caméras qu’il a comme un blocage avec tout ce qui relève des démarches administratives, des papiers et… des impôts.

 

GollumCe que je vois en fait, pour ceux qui connaissent le monde de Tolkien et du Seigneur des Anneaux, ce sont des Gollum, des êtres faibles, misérables, pervertis et dévorés par leurs vices. Des êtres laids, aux corps déformés, tordus, qui implorent l’amour, la compréhension et l’empathie tant que cela leur permet de s’approcher plus encore de l’objet de leur convoitise, leur “précieux”, leur “trésor” : le pouvoir suprême, graal et horizon d’une carrière politique.

Des êtres qui n’ont ni honneur, ni morale, ni dignité. Parce qu’ils rampent devant nous dans des actes de contrition dont nous voyons pertinemment qu’ils sont feints et que toute sincérité en est absente.

C’était une erreur Je le regrette profondément, et je présente mes excuses aux français.

François Fillon - 2017

Au-delà des emplois présumés fictifs de ses proches, femme, enfants, pour lesquels François Fillon présente publiquement ses plus plates excuses, il reste des dossiers comme l’emploi de complaisance de sa femme au sein de la Revue des 2 Mondes (propriété de Marc Ladreit de Lacharrière) et les rétro-commissions versées au Sénat, sorte de caisse noire alimentant les partis avec de l’argent public.

De même on peut s’interroger sur les clients de sa société de conseils, 2F Conseil, de même que sur les jetons de présence dont il profite en tant que conseiller stratégique, poste qui n’exige de lui ni livrables ni présence. Une sorte de Revenu de Base pour puissants, petit avantage de rien en échange d’une Légion d’Honneur (remise par François Fillon à Marc Ladreit de Lacharrière) et, peut-être, d’un emploi fictif pour sa femme. #PenelopeGate

On parle de montants très importants sur de très courtes périodes : 600.000, 900.000 euros. Des montants “justifiés” pour une personne (sa femme) diplômée en lettres ainsi qu’en droit, selon François Fillon. Faut-il rappeler à François Fillon qu’un français rémunéré au SMIC pendant plus de 40 ans ne peut pas espérer percevoir plus de 600.000 euros dans toute une vie de travail ?

Benoit Hamon (PS) résumait parfaitement l’attitude de François Fillon : peut-être que tout cela est légal, peut-être que l’enquête n’apportera rien de probant, mais on constate une incapacité patente de la part de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy à prendre conscience de l’a-moralité d’une situation qui lui paraît normale parce qu’elle ne serait pas illégale.

Or c’est justement ce décalage entre les sacrifices qu’ils exigent de notre part et la façon dont eux-mêmes se mettent à l’abri de leurs conséquences qui choque profondément les citoyens dont je suis. Est-il moralement acceptable de rémunérer les siens avec des fonds publics ? Selon François Fillon, oui, cela se fait de longue date et par tout le monde. D’où la violence des accusations portées contre lui, le fait qu’il ait été choqué, qu’il ait pris un coup à l’estomac, qu’il ait réagi de façon brouillonne, imprécise, inexacte.

C’est le cas également d’un nombre croissant d’électeurs de Marine Le Pen qui, en “Maxwell” du paysage politique français, n’a pas besoin d’en rajouter. Une victoire attendue non pas sur un programme mais sur une absence calculée de commentaires quant à des situations, des pratiques, des dysfonctionnements qui disqualifient d’office ceux qui s’en rendent coupables. Alors qu’elle-même vient d’être condamnée par le Parlement européen à rembourser des centaines de milliers d’euros pour des emplois fictifs (non présumés, avérés), elle parvient à capitaliser sur les casseroles des autres formations politiques.

Pourtant, François Fillon s’entête, parle de légitimité, refuse tout plan B-rezina.

Ce qui se joue ici, ce n’est pas “le destin de la France”, mais celui de monsieur Fillon.

Ce qui se joue, ce n’est pas “l’intérêt des français”, mais les intérêts de monsieur Fillon et de sa famille – y compris politique.

Ce dont on parle, ce n’est pas de changer la vie des français ni, pour eux, d’un avenir radieux. Eux dont on sacrifie l’existence quotidienne au nom d’intérêts supérieurs : tantôt la dette, tantôt la croissance, toujours l’emploi, toujours la compétitivité, qui sont autant de mots qui habillent une même réalité reposant sur un partage inégal des richesses créées au nom d’un certain ordre social.

Ce dont on parle, c’est d’un poste à 20.000 euros nets par mois pendant 5 ans tous frais payés, donc plus d’un million d’euros à terme.

Ce dont on parle, c’est d’un gros carnet d’adresses, d’un réseau, d’avantages à vie, de bureaux, de logements, d’assistants, de gardes du corps et de véhicules, de postes prestigieux d’une institution à l’autre jusqu’à l’âge du cumul des retraites. On parle aussi de conférences à plus de 100.000 euros comme ce que fait Nicolas Sarkozy depuis qu’il a officiellement “décroché”, donc d’un commerce tout à fait licite d’influence.

Ce dont on parle, c’est d’une aristocratie républicaine qui assure la transmission entre des intérêts privés concentrant énormément de richesses et d’influence d’un côté, et le peuple-main-d’oeuvre qui accepte d’être consommé et jeté au gré des fluctuations du business de l’autre.

Ce dont on parle, c’est encore et toujours d’argent. Et nous, les français, sommes au coeur du problème, parce que c’est nous qui le créons et qui en sommes dépossédés tout à fait légalement (non pas par l’impôt mais par les dividendes).

A l’heure de voter, souvenons-nous que même Patrick Balkany, qui réclame l’abandon de François Fillon, ironise sur le fait que l’emploi de sa femme à la mairie de Levallois n’est, lui, pas fictif…

La preuve (à partir de 3’20) :


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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