Inventer la gauche du XXIe siècle [Mediapart]

Le 18 juin et la résistance par la souveraine Natacha Polony
18/06/2016
brexi
BREXIT OR NOT BREXIT ?
22/06/2016

Inventer la gauche du XXIe siècle [Mediapart]

gauche emancipation initiatives citoyennes

Super entretien de Jean-Louis Laville, à l’occasion de la parution d’un ouvrage collectif, par Joseph Confavreux de Mediapart.

38 minutes d’un échange TRÈS enrichissant à propos de ce que pourrait être la gauche du 21ème siècle avec, pour angle de vue, ce que les gauches européennes pourraient tirer des expériences sud-américaines.

Pour celles et ceux qui n’ont pas 38 minutes à consacrer à l’écoute de cet entretien, que nous recommandons malgré tout d’écouter plusieurs fois pour bien s’en imprégner, tant les questions posées sont pertinentes et les réponses en phase avec ce que l’on peut observer sans peine, nous avons extrait quelques passages qui nous ont semblé intéressants, peut-être parce qu’ils entrent en résonance avec certains articles que nous avons récemment publiés.

Jean-Louis Laville s’exprime beaucoup sur les initiatives citoyennes dont il pense qu’elles arrivent à un seuil critique, c’est à dire qu’elles sont en capacité de produire des solutions innovantes et efficaces mais qu’elles ne trouvent encore pas suffisamment, voire aucun écho, auprès des pouvoirs publics.

Point intéressant à noter : il semble que les initiatives citoyennes soient un phénomène plutôt ancré à gauche.

Bon digest ^^


J-L L. : On n’arrive pas à voir ce que signifie la montée des initiatives citoyennes dans leur pluralité. […] On n’a pas réalisé ce que signifiaient ces initiatives citoyennes en France.[…] Le problème serait qu’il y ait une ignorance mutuelle qui continue entre des initiatives citoyennes, qui sont importantes parce que les gens n’attendent plus le retour de la croissance […], et des politiques publiques qui, si elles continuent à vouloir rassurer uniquement les marchés, se privent de la base qui pourrait les soutenir.


J-L L. : Les sud-américains nous sensibilisent sur un point sur lequel nous n’avons peut-être pas été assez vigilants : la seconde vague du néolibéralisme. […] Avec le consensus de Washington, on a eu tout un ensemble de principes qui voulaient remettre en avant la concurrence et en faire un principe généralisé qui s’appliquait à tous les domaines. […] On a aujourd’hui un néolibéralisme qui a intégré la question sociale. C’est celui du “social business“, des “social impact bonds“, qui permettraient de financiariser par des investisseurs privés certaines actions sociales, de la “venture philanthropy“, plus soucieuse de rentabilité. Tout ça s’articule avec des grandes entreprises qui veulent mettre en avant la responsabilité sociale dont elles sont porteuses. […] Le néolibéralisme du début du 21ème siècle n’est pas le néolibéralisme de la fin du 20ème siècle.

Concernant le “social business“, nous recommandons la lecture d’un article publié dans ces pages il y a 2 ans sur le sujet des “cat bonds“.


J-L L. : La solidarité dans la sociale-démocratie est dépendante de la croissance marchande. Elle dérive vers le social-libéralisme parce qu’elle n’a pas d’autre solution, parce qu’elle n’a pas remis en cause ce monopole du capitalisme qui est valable en matière économique selon la sociale-démocratie.


J-L L. : Il faut trouver cette nouvelle combinatoire entre les initiatives qui émanent de la société et la façon dont celles-ci peuvent être soutenues, amplifiées par des politiques publiques. […] C’est la responsabilité publique d’aller dans le sens de la démocratisation réciproque de la société civile et de l’État. Est-ce qu’il n’y a pas un nouvel équilibre à trouver entre les deux ? C’est peut-être ça aussi la limite de la 2ème gauche en France (de la 3ème voie en Europe), d’avoir pensé que l’on restait dans un dualisme marché-État qui est LE dualisme qui a imprégné tout le 20ème siècle.


– (Joseph Confavreux, journaliste de Mediapart) Le communisme a mis la focale sur la domination. La sociale-démocratie a mis la focale sur la protection. Aujourd’hui, ce dont on a besoin, c’est d’émancipation. Et en même temps on ne voit toujours pas ce que c’est une politique d’émancipation.

– On a besoin à la fois de protection et d’émancipation. Tout ce qui avait été acquis au cours des 30 Glorieuses au niveau de l’homogénéisation salariale est en danger. Il y a beaucoup de gens qui se sentent en risque, qui ont peur pour leurs enfants. Il faut qu’il y ait de nouvelles formes de protections qui soient garanties par les institutions. Mais il faut aussi qu’il y ait des formes émancipatrices : favoriser toutes les formes de collaborations, de communs, les formes de production nouvelles, parce que si ce n’est pas soutenu par les pouvoirs publics, ça va être capté par le nouveau capitalisme. L’émancipation doit être la reconnaissance de ce qu’il se passe déjà.


Wake up.

Lovegiver

Commenter directement depuis Facebook

Lovegiver
Lovegiver

Je tente de décrypter l’actualité en croisant différentes sources d’informations dont je fournis systématiquement les liens.
Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j’ai des événements dans l’espoir de susciter un échange avec les lecteurs.
On me reproche à l’occasion de faire des articles trop longs, mais je m’efforce surtout d’être clair.
Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

Nous apprécions vos commentaires.

Notify of
avatar
WordPress spam bloqué par CleanTalk.
wpDiscuz

Coup de pouce

Merci d'avance de partager ce post sur votre réseau social favori.

Inventer la gauche du XXIe siècle [Mediapart]

A quoi pourrait ressembler la gauche du XXIème siècle ? Les initiatives citoyennes qui se multiplient partout en Europe semblent en indiquer la voie.
Skip to toolbar