L’INSEE tackle les emplois aidés et SMART en finit avec les 35 heures

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L’INSEE tackle les emplois aidés et SMART en finit avec les 35 heures

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous vivons une dévaluation interne en Europe depuis plusieurs années. Comme la compétitivité de notre économie ne peut s’améliorer par une dévaluation monétaire, on tape sur les salaires. A côté de cela, on dilapide des dizaines de milliards pour créer des emplois aidés, diminuer les charges des entreprises et indemniser les chômeurs. C’est grave docteur ?

Il y a quelques mois, la Cour des Comptes s’inquiétait auprès du gouvernement de Manuel Valls de l’utilité, ainsi que de la superposition, des différentes politiques de baisse de charges en faveur des entreprises, eu égard à l’absence notoire de résultats mesurables. Et ce depuis plus de 30 ans.

A quoi le gouvernement répondait dans un bel ensemble : “effectivement, rien ne prouve que ça marche, mais il y a consensus à penser que si.

Aujourd’hui, c’est l’INSEE qui pose la question de l’efficacité des emplois aidés, insistant plus particulièrement sur les emplois aidés dans le secteur non-marchand (la fonction publique) dont les statistiques semblent indiquer qu’ils font tâche sur un CV.

Deux ans et demi après leur passage en contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE), ces bénéficiaires n’étaient ainsi que 33 % à disposer d’un emploi non aidé, contre 38 % des personnes présentant les mêmes caractéristiques au départ mais non passé par un emploi aidé (groupe témoin). L’écart monte même à 12 points pour ceux qui avaient bénéficié d’un contrat d’avenir (16 % contre 28 % pour le groupe témoin).

Les emplois aidés dans le secteur marchand augmentent en revanche les chances pour leurs bénéficiaires de trouver un emploi non-aidé dans le secteur marchand.

Le contraste est saisissant avec l’impact d’un passage par un emploi aidé dans le secteur marchand, qui est lui, selon l’Insee, « significativement positif » : deux ans et demi après, les bénéficiaires d’un contrat initiative emploi (CIE) étaient 66 % à être en emploi non aidé, contre 43 % du groupe témoin non passé par le dispositif.

L'écrasante part des emplois aidés dans le secteur non-marchand

L’écrasante part des emplois aidés dans le secteur non-marchand

Cette étude de l’INSEE est intéressante dans la mesure où son constat est équilibré et invite à plus de circonspection dans le choix des secteurs consommateurs de ces dispositions.

  • Les emplois aidés dans la fonction publique condamnent plus leurs bénéficiaires à la spirale du chômage et à la ghettoïsation sociale qu’ils ne les aident à s’installer dans la vie active.
  • Le bilan positif pour les emplois aidés dans le secteur marchand pourrait laisser penser que cette étape permet aux jeunes qui en bénéficient de faire leurs preuves sans que la prise de risque soit trop élevée pour les entreprises.

Nous vivons dans un système dingue qui achète la paix social à grand renfort d’argent et de dettes.

Quand nous entendons que les monarchies pétrolières, ou même la Russie ou encore l’Algérie et d’autres pays d’Afrique, achètent la paix sociale en distribuant une partie des revenus de la rente pétrolière sous forme d’emplois dans la fonction publique, nous pensons tous intérieurement que ces pays sont des républiques bananières et que l’évolution et la civilisation sont de notre côté. Pouah ! Beurk !

Mais nous ne valons pas mieux parce que nous faisons la même chose. Sauf que nous sommes des démocraties dont le vote consiste à choisir à qui nous préférons donner en priorité : aux patrons pour la droite, aux ménages pour la gauche. Enfin ça c’était vrai avant Hollande… Maintenant, on choisit forcément les patrons et la surveillance généralisée, mais c’est un autre débat.

Notre gouvernement distribue des baisses de charges aux entreprises, finance des emplois aidés, prend en charge des chômeurs. Saviez-vous que l’UNEDIC, qui paie les allocations chômage, se finance sur les marchés financiers, augmentant toujours un peu plus la dette de notre pays ? Notre argent est dilapidé en pure perte parce que personne ne veut balayer ce système malade. Pourquoi la piste d’une diminution drastique du temps de travail n’est-elle pas explorée ? Pourquoi tenir à bout de bras une répartition inégale et non-viable du temps de travail ?

A ceux qui seraient tentés de répondre que cela coûterait trop cher (20 milliards d’euros par an pour les 35h), je suis également tenté de répondre que rien que le CICE c’est 40 milliards sur 3 ans.

A quoi il faut ajouter 700 millions d’euros par an pour 100.000 emplois aidés et plus de 40 milliards pour indemniser les chômeurs.

La France peut effectivement connaître quelques soucis de compétitivité… mais ne soyons pas mauvaise langue : il parait que ça marche d’après le site du gouvernement et que toutes ces dépenses portent leurs fruits. Ne devrions-nous pas en effet nous réjouir d’avoir un coût du travail inférieur à l’Allemagne et nous enorgueillir de cette humiliation que nous infligeons à notre plus valeureux concurrent et néanmoins ami ?

Tant que ce chemin ne sera pas fait, nous continueront d’assister à cela :

Améliorer la compétitivité. C’est l’argument invoqué par Smart derrière sa proposition de faire passer ses salariés de 35 à 39 heures par semaine . En échange, la filiale du groupe allemand Daimler a proposé à ses 800 salariés une augmentation salariale : 120 euros brut par mois, soit 6% du salaire de base. Les cadres et les techniciens, dont le salaire n’est pas basé sur un décompte horaire, abandonneraient pour leur part dix jours de RTT. Une prime annuelle de 1.000 euros serait par ailleurs versée à toutes les catégories de personnel.

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Petit à petit des entreprises reviennent sur les 35h et déconstruisent ce qui était un progrès social. Le gouvernement, de gauche, qui ne peut être ouvertement d’accord, sauf Emmanuel Macron, laisse faire. Il a d’ailleurs déjà fort à faire avec la remise en cause du droit du travail qui se profile, ainsi qu’avec l’allongement de la durée du travail et le recul de la date de départ à la retraite.

Les gains de compétitivité, qui ne peuvent plus être obtenus par des dévaluations monétaires depuis l’euro (et c’est tant mieux !!), obligent les états à pratiquer la dévaluation interne, c’est à dire la baisse des coûts.

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Le choix a été fait de faire peser cet effort exclusivement sur le travail, donc les salaires qui sont un coût. Les profits ne sont pas des coûts, mais la part qui reste quand on a retiré l’ensemble des coûts du chiffre d’affaires réalisés. Voilà certainement ce qui explique pourquoi ce mouvement généralisé de dévaluation interne n’impacte nullement les profits.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Les emplois aidés coûtent et ne rapportent rien. Les baisses de charges coûtent et ne rapportent rien. Le chômage coûte et ne rapporte rien.
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