#NuitDebout : c’est ce soir le Grand Soir

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#NuitDebout : c’est ce soir le Grand Soir

#NuitDeboutEn réponse aux assauts répétés des gouvernements successifs contre l’état providence français au nom du réalisme, du libéralisme et de la mondialisation à tout crin, les français ont décidé de se donner rendez-vous ce soir pour une #NuitDebout.

Pour la première fois depuis plus de 10 ans, les étudiants ont décidé d’unir leurs voix et leur énergie à celles des salariés pour déclarer ensemble que cette société qu’on nous promet nous n’en voulons pas. Avant il y avait eu 2005, 1995, 1968…

Car telle est la vérité simple et évidente : dans ce monde qui prône l’individualisme à tous les étages, les français ont retrouvé le goût de se mobiliser ensemble, de faire à nouveau société contre un projet de vie qu’ils ne souhaitent pas alors qu’on le leur présente comme une réforme nécessaire.

Il fallait s’appeler Frédéric Lordon pour capter ce mouvement des forces qui s’organisent depuis tant d’années, les unes pour, les autres contre mais sans plus rien revendiquer, comme deux camps opposés fourbissent leurs armes avant l’ultime bataille.

Du côté de ceux qui sont POUR ce projet de société basé sur le travail, les rapports de force et de domination, la compétitivité et la concurrence de tous contre tous, il y a du lourd : les banques, bien sûr, ainsi que les lobbies patronaux, qui incarnent ensemble cette oligarchie dont le système de pensée reste somme toute simpliste : l’argent pour le pouvoir et le pouvoir pour l’argent (bref un investissement logique pour un capitaliste).

Leurs alliés ? Les États, rien de moins, et tous les moyens dont ceux-ci disposent pour tordre les bras à ceux qui s’y opposent : les forces de police, l’armée, la surveillance généralisée, et, depuis peu, l’état d’urgence.

Les forces supplétives ne sont pas mal non plus : médias, partis politiques dits “de gouvernement”, syndicats réformistes, star-system, ainsi que tous ceux dont on peut résumer ainsi l’engagement et l’attachement au pouvoir en place :

armoiries-balais

Oui, ceux qui sont CONTRE cette dérive libérale et autoritaire, bref vallsiste ou sarkozyste, de notre monde pour le plus grand profit de quelques-uns auront affaire à forte partie, partie dont nous devons rappeler qu’elle dispose seule de la violence légitime. Mais pas du pouvoir légitime, subtile nuance que nous devons rappeler à ceux que la démocratie intronise à l’occasion.

Le véritable pouvoir, c’est NOUS. Mais nous sommes un roi nu, un roi enfant dont les ministres assurent l’intérim dans une forme de régence malhonnête qui consiste à faire en notre nom ce que nous ne désirons pas ou ce que nous avons déjà refusé.

Nous ne voulions pas de cette Europe. Elle est passée en force.

Nous ne voulons pas du TAFTA. Il est toujours négocié dans le plus grand secret au sein d’ambassades situées en Suisse.

Nous voulions un accord ambitieux lors de la COP21. Les “décideurs” ont acté un réchauffement “contenu” à 2 degrés, soit notre destination connue depuis le début si nous ne faisons rien. Et rien n’est prévu dans le Plan Pluriannuel pour l’Énergie pour sortir du nucléaire (100 milliards d’euros prévus en revanche pour faire durer nos centrales un peu plus).

Nous ne voulions pas de la Loi Renseignement. Aucune de nos communications n’échappe plus aux services de renseignements depuis 2015. Appels téléphoniques, courriers électroniques, SMS, navigation web, tout est épluché au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais des gens continuent de mourir, à Paris ou Bruxelles.

Franck-Lepage-CriseNous ne voulions pas du CICE qui remplit les poches des grandes entreprises sans contrepartie en termes d’emplois. Notre pays s’endette chaque année depuis 30 ans pour “soutenir l’activité“. Pour quel résultat ?

Nous ne voulons pas de Loi El Khomri, ni de l’état d’urgence, ni de la déchéance de nationalité, ni de la prééminence de la finance dans nos vies, ni des accords de libre-échange qui ont organisé les délocalisations et le chômage de masse, la liste est longue de ces reculs qu’on impose dans un pays soi-disant impossible à réformer. Et c’est au nom de l’intérêt supérieur du réalisme économique que l’on nous force à boire ces amers breuvages.

Nous ne voulions pas de Manuel Valls, mais l’on doit quand même se le coltiner et s’habituer à sa présence comme d’un jour sans fin.

Rémi Fraisse ne voulait pas de ce barrage : il a été tué à coup de lance-grenade. Dans n’importe quel autre pays, des émeutes puis une révolution auraient pu découler d’un tel acte.

Les militants écolos souhaitaient une COP21 ambitieuse : ils ont été assignés à résidence.

Combien de violences et de victimes faudra-t-il encore attendre pour mettre dehors les défenseurs de ce dont nous ne voulons plus ? Faudra-t-il attendre que, à l’usure, à force de renoncements des uns à changer, des autres à voter, le destin de notre pays croise celui d’un rejeton de la dynastie Le Pen ?

C’est ce soir, 31 mars 2016, que nous devons présenter la cuenta (l’addition) à ce gouvernement et le prévenir que finalement NON, nous n’attendrons pas jusqu’en 2017 pour le renvoyer au vestiaire.

L'homme est le produit de ses penséesMais il s’agit d’une lourde charge que d’endosser la responsabilité d’un tel changement. Il ne suffit en effet pas de manifester, ou plutôt cela ne suffit plus. Le vrai changement, c’est d’y aller, d’investir les palais, les administrations, et de prendre concrètement le pouvoir. Parce que nous savons où nous voulons aller et que 5, 10, 30 millions d’intelligences qui pensent dans la même direction feront toujours mieux que quelques énarques protégés par des gardes républicains.

La résistance citoyenne n’est pas un fait nouveau. Elle s’organise petit à petit depuis plusieurs années. Elle pense la 6ème République, les nouveaux modes de décision et de représentativité. Elle pense l’alternative au chômage de masse, le partage du travail et le Revenu Inconditionnel. Elle pense l’engagement individuel autrement qu’au travers du travail. Elle pense l’alternative à la croissance comme seul vecteur de “progrès”. Elle pense une consommation raisonnée qui mettrait fin au gaspillage et à la destruction systématique de notre environnement. Elle pense le partage contre la prédation.

Elle pense aussi que le changement devrait avoir lieu en 2017, à l’occasion des législatives et présidentielle au cours desquelles elle se présentera contre François Hollande, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen qui sont tout sauf des alternatives.

Moi j’espère qu’elle se trompe, et que c’est ce soir, à l’occasion de cette #NuitDebout, que le changement va devenir réalité. Quel pied ce serait de nous réveiller demain dans un pays où tout redeviendrait possible, où nous serions enfin maîtres de nos destins, de notre temps, de nos choix de vie.

Au cours de cette #NuitDebout, nous n’allons rien revendiquer. Nous allons juste leur dire que c’est fini. ET CA C’EST DÉJÀ ÉNORME !


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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1 Commentaire sur "#NuitDebout : c’est ce soir le Grand Soir"

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Adrien
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Valls dit qu’il va “entendre” certaines demandes des étudiants mais qu’il est hors de question de retirer le texte. Diviser pour régner… en séparant les étudiants des travailleurs. Je suis déçu au fond. J’aurais aimé que ça pète pour de bon et qu’on les foute dehors manu militari. Faut croire qu’en France on n’a pas encore assez mal pour se décider à agir, comme s’il fallait souffrir avant et pendant longtemps. On a peur de la violence, et cette peur qui nous paralyse est leur meilleure protection. Je pense que je vais essayer de passer à République pour voir ce… Read more »
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