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Pauvre France

L’actualité politico-littéraire de ces derniers jours n’est malheureusement que l’écume des choses. La question de savoir si François Hollande a, ou non, vraiment désigné les pauvres par l’expression “les sans-dents” ne doit pas obérer le vrai problème qu’est la pauvreté.

Pauvreté

Nul besoin d’arpenter les centres des grandes villes pour découvrir les visages de la misère humaine. Celle-ci est partout et protéiforme. Des gens qui dorment dans la rue, et dont le spectacle n’émeut plus que les enfants, aux anciens, cloîtrés dans leurs appartements meublés de solitude, la pauvreté est partout autour de nous.

Une étude de l’INSEE, rapportée par Le Monde, pointe un chiffre terrible dans un pays, la France, qui s’enorgueillit d’être la 6ème ou 9ème puissance mondiale (selon que l’on prend en compte le PIB global ou par habitant).

1 personne sur 7 vivait en 2012 sous le seuil de pauvreté (13,9% de la population), c’est à dire avec moins de 784 € mensuels.

Si l’étude souligne qu’il s’agit d’une amélioration par rapport à l’année précédente (14,3% en 2011), il n’y a pourtant pas de quoi pavoiser car l’intensité de la pauvreté a, quant à elle, fait un bond en avant. Le niveau de vie médian des pauvres est en effet passé de 817 € par mois en 2009 à 784 € en 2012. Le niveau de vie médian des français baisse quant à lui de 1%.

Enfin, pour ce qui est de l’écart qui sépare les 10% les plus riches des 10% les plus pauvres, celui-ci s’est tassé car l’appauvrissement est général.

Les revenus de ces deux catégories de population ont diminué : ceux des plus riches en raison de la baisse des revenus du patrimoine et des hausses d’impôts, et ceux des plus pauvres plombés par la hausse du taux de chômage et le fait que le montant des prestations sociales ont augmenté moins vite que l’inflation.

Niveau de vie des ménages (2011)

Les chiffres présentés ici par l’INSEE couvrent la période précédant l’accession de François Hollande au pouvoir, soit le mandat de Nicolas Sarkozy, principalement marqué par la crise financière de 2008.

Or, depuis l’arrivée de François Hollande, les difficultés s’intensifient : la croissance est en panne, l’Europe, menée par une Allemagne en passe de parvenir enfin à l’équilibre budgétaire, accroît sa pression dans le sens de la réduction de déficits par l’austérité, la déflation menace, les prélèvements augmentent dans le même temps que les prestations sociales diminuent.

On invoque la confiance pour la faire advenir alors que le climat social est explosif : les “bonnets rouges” refusent de payer l’impôt, le chômage augmente et, avec lui, le coût, de moins en moins financé, que représente sa prise en charge par la collectivité ; la précarité et les CDD deviennent la règle alors que l’état est sur le point de s’endetter plus encore avec le CICE, le taux de suicides repart à la hausse, les militaires sont à deux doigts de la mutinerie, les chemises brunes sont de plus en plus voyantes dans le paysage politique où elles s’installent à la faveur des scandales et de l’exaspération généralisée, attendant leur heure qui ne saurait tarder : 30 mois au mieux avant les présidentielles de 2017 ou 6 jours si jamais le gouvernement Valls 2 n’obtenait pas la confiance du parlement.

Mais y a-t-il encore un semblant de suspens concernant cette prochaine échéance qu’est le vote de la confiance le 16 septembre prochain et le risque d’une cohabitation éventuelle ? Les frondeurs sont sur le point de s’abstenir (ce qui pose la question de savoir ce que signifie “être aux responsabilités”), Cécile Duflot votera contre et Valls, qui a besoin de redorer le blason de son équipe à nouveau terni, cette fois par les égarements de la brebis galeuse Thévenoud, s’engage à ne pas prendre en compte le vote de ce dernier si celui-ci se prononçait en faveur de la confiance. Si l’on avait encore des doutes sur la capacités des frondeurs à mettre au pas notre arrogant premier ministre, l’excès de confiance dont celui-ci fait montre en crachant sur le vote éventuellement favorable d’un pourri est bien la preuve qu’il n’a jamais vraiment eu à s’inquiéter de sa gauche.

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Pauvre France

La politique de l'austérité succédant à la crise de 2008 entraîne l'Europe et la France dans la paupérisation. Les pauvres représentent 1 habitant sur 7.
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