GIEC : Une Révolution économique pour survivre

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GIEC : Une Révolution économique pour survivre

Disparition de la banquise

Quand tout converge vers un point précis, s’agit-il de la direction à suivre ?

Cela fait longtemps, au travers de mes articles, que je prône une révolution économique avec, pour fin, une autre répartition des richesses que celle que nous vivons tous actuellement.

Le mode de répartition actuel consiste à optimiser les coûts de production afin de maximiser les profits des actionnaires. Cette optimisation passe par des réductions de coûts à tous les niveaux dont les conséquences ne sont pas supportées par l’entreprise et c’est un comble !

Une entreprise délocalise sa production pour faire des gains sur les salaires ? Qu’à cela ne tienne ! Les ex-salariés deviendront chômeurs et seront pris en charge par la collectivité ou état-providence. Etat-providence dont il faut rappeler que sa richesse n’est basée que sur le travail et en partie sur la consommation, donc qui s’appauvrit en même temps que la part des chômeurs augmentent.

Une entreprise délocalise ses bénéfices, comme par exemple Total qui réalise 12 milliards d’euros de bénéfice par an mais les déclare aux Pays-Bas où ils sont taxés à … 0% ? Qu’à cela ne tienne ! L’entreprise reste en France, notamment pour ses activités de recherche et développement (R&D) qui sont soutenues par l’état à hauteur de 150 millions d’euros par an.

Une entreprise exploite des ressources naturelles dans un pays tiers ? Des économies sont faites sur les conditions de production en jouant sur le vide juridique en matière de contrainte environnementale, polluant à tour de bras l’environnement immédiat des populations autochtones. Sur ce sujet, lire un précédent article sur les conséquences probables du Traité Transatlantique ou TAFTA.

D’ailleurs, pas besoin d’aller à l’étranger pour observer cela : j’ai moi-même travaillé pendant 3 ans dans une entreprise spécialisée dans le conditionnement de matières chimiques utilisées pour le traitement des métaux. Nous avons manipulé des cyanures, acides chromiques et autres délicatesses du genre avec de simples masques à poussière. Prévenue, l’inspection du travail de Lyon n’a même pas pris la peine de se déplacer… En théorie, la manipulation de tels produits aurait dû être réalisée dans des locaux confinés, avec des cuves de rétention pour récupérer les matières tombées au sol et les eaux de nettoyage. Mais pas dans cette entreprise qui pouvait proposer des tarifs imbattables face à celles qui respectaient les règles sanitaires.

Voilà où mène notre doctrine économique…

GIEC

GIEC

Et il en va de même de l’environnement, qui est une simple variable d’ajustement dans le modèle économique. Si, comme l’expliquait Noël Mamère à propos du kilo de pomme de terre, il coûte moins cher de produire la pomme de terre en Espagne, puis de lui faire traverser toute l’Europe en camion pour la retrouver à la table des consommateurs, alors c’est le choix qui sera fait par l’industriel. De toute façon, ce n’est pas lui qui paiera la facture écologique.

Le GIEC vient de rendre le troisième volet de son rapport. Et ce n’est pas brillant. Le réchauffement s’est encore accru et, “à ce rythme, le seuil des 2 °C sera franchi dès 2030” (Le Monde, 13/04/2014).

La cause est imputée aux rejets de dioxyde de carbone (CO2), de méthane et de protoxyde d’azote dans l’atmosphère. Leur concentration atmosphérique est la plus élevée de ces 800.000 dernières années. La conséquence est une élévation des températures comprise entre 0,3°C et 4,8°C pour la période 2081-2100, par rapport à la période 1986-2005. La probabilité que la température s’élève de moins de 2°C reste faible.

(Source : L’énergie en question / EDF)

Ce réchauffement atmosphérique s’accompagne d’un réchauffement océanique et d’une fonte de la banquise dont les conséquences ont été revues à la hausse :

En conséquence, alors qu’en 2007 le précédent rapport prévoyait une élévation moyenne du niveau de la mer comprise entre 18 cm et 59 cm d’ici à la fin du siècle, cette fourchette a été révisée à 26-82 cm. Cette élévation du niveau des mers s’ajoute à celle déjà opérée entre 1901 et 2010 : 19cm en moyenne. Les experts préviennent que certaines régions seront plus rapidement affectées que d’autres.

(Source : L’énergie en question / EDF)

Pour s’en sortir, un voie étroite, lit-on dans Le Monde.

Comment ? La voie tracée par les experts du GIEC est étroite. Limiter d’ici la fin du siècle la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère à 450 ppm (partie par million) – valeur associée par les scientifiques à un réchauffement de 2 °C – suppose de réduire les émissions mondiales entre 40 % et 70 % d’ici 2050 et de les ramener à un niveau « proche de zéro », d’ici la fin du siècle.

Tous les secteurs économiques – énergie, transport, habitat, agriculture… – devront faire leur révolution. Il faudra pour cela réaliser « de rapides progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique, parvenir à tripler voire quadrupler l’énergie neutre en carbone produite à partir des énergies renouvelables, du nucléaire, des agrocarburants » sans oublier le développement massif des techniques de séquestration et de stockage du CO2 et des programmes à grande échelle de reforestation pour créer des puits de carbone.

 

Il en résultera pour les humains la nécessaire adoption de nouveaux modes de vie. Consommer moins par exemple, donc autrement. Privilégier les circuits courts sera également une obligation. Toutefois, nombre d’impacts collatéraux ne peuvent être mesurés à ce jour, comme les conséquences sur l’emploi et la distribution des revenus ou encore la sécurité alimentaire et les besoins en terres arables pour les bio-carburants.

Sur ces questions, on attend les économistes !

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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GIEC : Une Révolution économique pour survivre

Le GIEC publie le troisième volet de son rapport. Une révolution économique est nécessaire si nous souhaitons survivre. Rien que ça.
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