Tax Freedom Day is just bullshit

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Tax Freedom Day is just bullshit

Le « jour de libération fiscale » est-il un indicateur sérieux ?

Parmi la liste interminable des marronniers qui, régulièrement, se rappellent à notre bon souvenir, le “jour de libération fiscale” (ou Tax Freedom Day) tient une place de choix.
Basé sur le taux global d’imposition des acteurs économiques, celui – ci consiste à positionner sur un calendrier le curseur au – delà duquel on travaille “pour soi” et plus pour l’état.
Par exemple, si le taux de prélèvements est de 50%, alors nous travaillons pour l’état du 1er janvier au 30 juin, ensuite c’est pour notre poche.

Au delà des problèmes méthodologiques que pose la construction de cet indicateur, il faut s’interroger sur ses fondements idéologiques qui sont, comme on peut s’en douter, éminemment libéraux.

Classement mondial

Classement mondial

Le principe consiste donc à mettre sous nos yeux le poids insupportable de l’état pour mieux justifier l’exigence d’un recul de celui – ci. On est alors dans les années 80, et on assiste à la montée en puissance de l’économiste Milton Friedman et de ses suppôts politiques, incarnés notamment par Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, qui prôneront la dérégulation à tout crin.

Le mal est fait et il n’est pas rare d’entendre dans des discussions de café du commerce que la fiscalité est excessive et, de façon plus récente, que celle – ci profite avant tout aux fainéants et aux étrangers, qui désignent souvent une seule et même personne.

Or construire un indicateur comme celui – ci est trompeur et insuffisant.

En effet, une part non négligeable des prélèvements dont il s’agit fait l’objet de transferts sociaux qui profitent directement aux contributeurs que sont les contribuables. Or les prestations sociales perçues ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’indicateur. On ne compte que ce que l’on donne d’une main sans regarder ce que perçoit l’autre.
Par exemple, combien devrions nous dépenser individuellement en mutuelles si la sécurité sociale n’existait pas ? La privatisation totale de la santé pèserait-elle plus ou moins sur l’économie nationale ? Cette question prend évidemment son sens dans un contexte où, pour relancer l’économie, il faut injecter des liquidités dans le système. La libération de pouvoir d’achat par la rationalisation des dépenses est d’actualité dans la mesure ou aucune solution en rupture n’est envisagée.

Une autre part des dépenses sont plus directement liées aux missions régaliennes de l’état : l’éducation ou la sécurité, par exemple, sont des postes de dépenses mutualisées dont les gains, s’ils sont certains, restent difficiles à chiffrer. Par exemple, si la scolarité n’était pas obligatoire, l’état pourrait faire l’économie de toute une administration, mais que savons – nous du manque à gagner en terme de richesses produites (PIB) d’un pays de crétins patentés ?

Cet indicateur n’est donc qu’une stupidité supplémentaire que les médias rapportent, en omettant toutefois l’analyse et la profondeur nécessaires à la compréhension d’un phénomène que d’aucuns ont synthétisé sous la forme d’un indicateur à des fins idéologiques.

tax-freedom-dayOn peut voir dans la naissance d’un être le résultat d’une histoire d’amour et d’un désir d’enfant ou, si l’on fait abstraction des sentiments, celui d’un vulgaire coït.
De même, on peut considérer, sur la base d’un indicateur, que l’état nous vampirise en taxant les fruits de nos efforts individuels ou, si l’on a gardé quelques traces d’humanité, que la question de l’impôt est avant tout celle du “vivre ensemble” au sein d’une communauté de valeurs et d’intérêts que nous avons collectivement besoin de sauvegarder dans ces temps incertains et anxiogènes.

Finalement, ce que nous apprend cet indicateur c’est que nous sommes plongés depuis les années 80 dans une crise du “vivre ensemble” (la citoyenneté) qui est apparue à partir du moment où certains, oubliant ce qu’ils devaient à la communauté tout entière, on décidé de faire cavaliers seuls pour leurs propres intérêts.

Étonnamment, les classes moyennes, qui sont les premières victimes de ce lâchage, pensent qu’en s’appropriant le même mode de pensée (chacun pour soi) elles échapperont au sort funeste qui les attend, chargeant l’état “taxeur” de la responsabilité des difficultés qu’elles rencontrent (déclassement, perte d’emploi ou de pouvoir d’achat) alors que leur sort était scellé depuis bien longtemps dans des sphères bien privées.

Merci au Monde pour son article qui fait le pari de l’intelligence de ses lecteurs.

 

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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Tax Freedom Day is just bullshit

Le "jour de libération fiscale", ou Tax Freedom Day, est-il un indicateur sérieux ? Que nous dit-il de ce que deviennent nos états-providence défaillants ?
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