Voter “citoyen” pour que ça change

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Voter “citoyen” pour que ça change

Droit dans le mur

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Prélude à une tragédie démocratique

Ces chiffres ne sont pas nouveaux. Ils décrivent une situation qui date d’il y a quelques années déjà. Pour ceux qui se seraient étonnés de voir le PS en tête, qu’ils se rassurent : il est foutu. A cette heure, il est passé derrière le FN. D’où l’urgence, pour Jean-Christophe Cambadélis, de récupérer les mouvements citoyens qui, se défiant des partis politiques, souhaitent se présentent pour ainsi dire contre eux. Cambadélis hurle à l’éclatement de la gauche et il a raison. La gauche attend en réalité l’éclatement du PS . Manuel Valls également.

Ces chiffres de la désaffection pour le politique, tout le monde les connaît. Tout le monde connaît la situation puisque tout le monde en parle. Tout le monde se pose la question de savoir à qui profite les politiques menées en faveur du capital, du monde financier et de l’entreprise. Car droite comme gauche, pour qui gouvernent encore ces gens, telle est la question.

A cette question, 2 français sur 3 répondent que ce n’est pas à eux que le crime profite. Pour cette raison, ils ne vont plus voter, considérant que l’expression de leur désaccord n’est même plus un sujet.

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1 français sur 3 vote

État de la démocratie française

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De l’injonction d’accélérer quand on voit le mur

Nous vivons une sombre époque.

Une époque au cours de laquelle advient la parousie libérale dans toute sa splendeur : celle du tous contre tous, celle de la concurrence pure et parfaite, celle qui fait baisser les prix jusqu’à ce que la somme des profits soient nuls. C’est la loi du moins-disant, la loi de celui ou celle qui baisse sa culotte plus bas que tout le monde. Comble du comble, c’est la loi du non-droit, le règne du chantage qui n’a d’autre ambition que de défaire ce que la loi – expression de la volonté collective – a construit depuis plus de 2 siècles.

Ce que la mondialisation met en évidence de façon criante, à savoir que le sous-développement social est devenu un avantage compétitif, voire le principal vecteur de la compétitivité , nous indique clairement ce qu’il se passe et les évolutions que nous devons craindre du monde que nos politiques nous préparent sous l’impulsion des lobbies libéraux : la fin du collectif, le démantèlement de l’état social.

Quand le salariat sera une affaire pliée, et avec lui la protection sociale, les individus ainsi libérés de la “tutelle protectrice” des entreprises deviendront des concurrents dont la survie dépendra de l’étendue de leur réseau ainsi que de leur capacité à baisser infiniment les prix des prestations qu’ils proposeront et que les entreprises consommeront. De salarié à prestataire de service, tel est l’avenir des individus.

L’auto-entrepreneuriat, présenté comme la possibilité de travailler plus pour gagner plus, a vite été détourné par les entreprises qui ont vu en cette nouvelle organisation du travail la possibilité d’une mise en concurrence interne de même nature que celle qui existe aujourd’hui au niveau international.

Cette évolution, qui consiste à externaliser les compétences en-dehors de l’entreprise, externalise avant tout leurs coûts : les charges patronales, les mètres-carrés de bureau, la formation, etc. Au bout du compte, sur des prestations vendues peu chères, les auto-entrepreneurs que nous allons tous devenir devront également décompter les frais jusqu’alors à la charge des entreprises.

Et ceci au plus grand bénéfice de ces dernières qui auront réussi à variabiliser totalement leurs charges en fonction du niveau d’activité.

Tout ce à quoi nous assistons ces derniers temps va dans le même sens. On parle de détricoter le code du travail, alors que c’est du droit du travail qu’il s’agit. On parle de maintenir la durée légale de 35 heures tout en donnant aux acteurs privés toute latitude pour faire ce qu’ils jugent nécessaires pour relancer l’activité, la croissance et l’emploi (accords de branches).

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De nombreux travaux, qu’il s’agisse du rapport Combrexelle ou de celui de Terra Nova, tombent à point nommé pour mettre les pieds dans le plat du code du travail, du SMIC, des 35 heures. Même Robert Badinter semble vouloir décapiter le droit du travail en fondant tous ses espoirs sur des négociations fructueuses entre partenaires sociaux. Or il est bien connu qu’on ne négocie pas en position de force. Les lobbies n’ont aucun intérêt à de telles négociations.

Nous avions déjà évoqué dans un précédent article le cas de l’entreprise Smart, à Hambach (Moselle), sur le point de congédier les 35 heures au grand dam de ses salariés non-cadres. Morale de l’histoire : non seulement les 35 heures ont été abolies sans que l’État trouve rien à redire, mais le chantage à l’emploi a donné à plein et les ouvriers risquent bientôt de se retrouver contraints de travailler 39 heures payées 37.

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[lightbox thumb=”http://citizen-web.com/wordpress/wp-content/uploads/2015/09/Monolecte_Smart.jpg” link=”http://blog.monolecte.fr/post/2015/09/14/braquage-geant-chez-smart-les-bandits-ne-courent-meme-pas”]

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Dans le même temps, le groupe Daimler, dont Smart fait partie, communique pour le second trimestre 2015 sur “une hausse de ses bénéfices de 18 % ce qui représente 21 milliards d’euros” (Europe 1).

Les voitures allemandes ne sont pas seulement polluantes, elles rapportent de l'argent sale. Cliquez pour Tweet

Sur son blog – Le Monolecte – Agnès Maillard parle, à juste titre, d’extorsion (Braquage géant chez Smart : les bandits ne courent même pas), au sens étymologique “ce que l’on a obtenu en tordant le bras”.

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Pourquoi une alternative démocratique et politique est nécessaire

Alors vous allez me dire : certes c’est moche ce qu’il se passe, mais quel est le rapport avec le fait que les gens n’aillent plus voter ?

Avons-nous envie de voter pour des partis tellement intimement liés au pouvoir de l’argent que les mesures qui sont prises le sont presque entièrement en défaveur de la majorité des électeurs ?

Avons-nous envie de voter pour des partis tellement intimement liés au pouvoir médiatique, pouvoir qui se trouvent presque complètement entre les mains des oligarques, que toute information rapportée doit être décortiquée pour faire la part du vrai et des éléments de langage ?

La plupart des électeurs sont écœurés de l’évolution de notre système et refusent d’aller voter ou, pire, se sentent prêts à confier les rênes au Front National. Mis à part la préférence nationale, que connaissent-ils du programme de ce parti raciste ?

C’est cela le résultat de la collusion entre le politique et la sphère financière : le repli des individus sur eux-mêmes, la fin du collectif, le rejet de tout ce qui est l’Autre, récemment observé à l’occasion de la crise des réfugiés.

Encore une fois les oligarques vont provoquer la montée des extrêmes et contribuer à mettre en place les conditions de la violence sociale : la stigmatisation des minorités sera, comme toujours, la conséquence de la précarité de tous les instants, de la pauvreté, de l’incertitude économique, et de la certitude, au contraire, qu’aucun changement de cet ordre des choses n’est possible.

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Au jour le jour nous voyons nos états abandonner des pans entiers de leurs prérogatives, non pas à une entité démocratique qui leur serait supérieure mais, au contraire, à des groupes de pression dont la légitimité n’a d’égal que l’avenir qu’ils nous préparent : NUL !

Yanis Varoufakis, qui était invité ce week end par Mediapart, expliquait comment des décisions cruciales étaient prises au plus haut niveau européen dans le secret le plus total : aucun enregistrement des débats, aucun compte-rendu, aucun verbatim, juste des paroles échangées entre gentlemen. Mais surtout que les instances au sein desquelles ces décisions étaient prises n’étaient en rien désignées démocratiquement.

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Un changement démocratique et politique s’impose parce que sans cela les ennuis sont au bout du chemin : balkanisation de l’Europe, conflits armés pour les ressources, tensions nationalistes rendues possibles par l’avènement programmé et progressif des partis d’extrême droite dans de nombreux pays de l’Union.

Il est vital que ceux qui pensaient avoir abandonné tout espoir investissent les mouvements citoyens qui se multiplient et reprennent le chemin des urnes.

Il faut voter, mais plus pour les #FNUMPS, sans quoi rien ne changera jamais.

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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