Que ce 1er mai vous apporte la révolution de muguet

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Que ce 1er mai vous apporte la révolution de muguet

muguet

Le 1er mai sera-t-il pour la France le premier jour de sa révolution de muguet ?

Le 20 avril, à la Bourse du Travail à Paris, s’est tenu un premier “point d’étape” avec, au cœur des discussions, cette question :

Quel avenir pour #NuitDebout ?

 

A cette question, François Ruffin (“Merci Patron !”) répond : “#ConvergenceDesLuttes“, association avec les syndicats le 1er mai.

Pourquoi ? Pour que la traditionnelle “fête du travail” serve de support à une revendication partagée : mettre fin à cette hérésie de #LoiTravail qui veut consacrer des décennies de construction libérale en France, en Europe et à peu près partout dans le monde. Ou plutôt de déconstruction puisque, à 150 ans de tradition d’état providence et de progrès social, la dynamique de dérégulation initié depuis les années 80 veut opposer une déconstruction tout aussi systématique que symétrique dont l’expérience montre qu’elle ne profite pas à la majorité des individus mais, au contraire, à une infime minorité.

En réalité, la loi El Khomri s’ancre dans un contexte politique, social et économique – un cadre – que le simple retrait de celle-ci ne saurait remettre en cause, tant la démarche de celui-là est globale et planifiée.

Il est en effet possible d’observer une “convergence” des politiques mises en œuvre, convergence qui tend à démontrer que la #LoiTravail n’est qu’une micro-étape dans le cadre d’un projet bien plus vaste, un véritable projet de société globalement dérégulée dans laquelle le capital et les marchandises se déplacent plus librement que les individus avec, pour seule fin, d’échapper aux législations nationales, au premier rang desquelles l’impôt.

Ce monde dérégulé qui prend forme sous nos yeux, c’est celui du libre-échangisme organisé depuis des décennies par l’OMC et le GATT avant lui.

C’est celui du TAFTA, grande zone de libre-échange transatlantique, organisée conjointement par l’Europe et les États-Unis, avec des tribunaux arbitraux en lieu et place de la justice civile et la directive “Secret des Affaires” qui prépare le terrain pour empêcher l’information d’émerger (journalisme, lanceurs d’alerte).

C’est celui du TISA, qui tend à privatiser les services publics dans une cinquantaine de pays dont les 28 de l’UE.

C’est celui de la concurrence du “tous contre tous” qui passe par une dévaluation de la valeur travail (donc des salaires), aussi bien au niveau mondial (avec l’OMC), qu’au niveau européen (directive Bolkestein sur les travailleurs détachés) ou français (Loi El Khomri).

A ce titre, le passage de l’Europe des 12 à celle des 28 n’est pas une simple erreur de jugement commise dans le feu d’un projet politique millénaire censé réunir sous une même bannière tous les pays d’Europe partageant des valeurs chrétiennes. C’est l’organisation d’une concurrence interne qui met aux prises des pays comme la France, l’Allemagne, le Bénélux avec des états directement issus de la sphère soviétique dans lesquels le coût du travail est 5 fois moindre parce que le communisme léniniste et staliniste n’a jamais été synonyme de progrès social.

La liste est longue de tous ces événements, toutes ces décisions qui, petit à petit, défont le monde construit par les générations qui nous ont précédé. Chercher à abattre la loi El Khomri n’est donc pas un objectif raisonnable. Tout au plus un début…


Le vrai combat qu’il faut mener, c’est celui dont parle Frédéric Lordon au cours de cette soirée à la Bourse du Travail et qui ne consiste, ni plus ni moins, qu’à chasser les “gardiens de ce cadre“.

Qui sont-ils ? Nous les connaissons bien : ils s’appellent PS ou UMP et alternent au pouvoir, quoique inégalement, depuis 60 ans. 3 générations… autant dire que le problème n’est pas nouveau.

Puisque nous sommes en démocratie, nous devrions en théorie pouvoir compter sur les partis politiques pour prendre en compte nos désirs de changement. Mais, étonnamment, si ceux-ci s’incarnent à l’occasion dans un discours, ils ne le sont jamais dans les faits. Et ce n’est pas cette loi sur le partage “équitable” du temps de parole qui va aider. Bien au contraire nous devons voir dans cette loi un sursaut conservateur qui souhaite éliminer du paysage politique les pensées alternatives qui, petit à petit, se construisent et s’organisent.

Nous sommes en droit de questionner légitimement non pas la capacité des partis de gouvernement à incarner ce changement, mais la divergence d’intérêts qui pourrait expliquer un tel immobilisme.

Quel intérêt auraient en effet ceux que Bourdieu désignait comme la “noblesse d’état” à tuer la poule aux œufs d’or ? Ils profitent d’un système bien huilé dans lequel les partis politiques jouent un rôle pivot. Ces derniers sont des écuries à élu(e)s qui trustent les places au pouvoir et dans lesquels il existe un plafond de verre empêchant les simples militants d’espérer un jour briguer quelque mandat que ce soit.

Comment sont-ils financés ?

  • pour partie par l’état, dans le cadre du financement des partis politique en fonction de leur représentativité (ce qui est une nette amélioration par rapport au système antérieur, merci Michel Rocard)
  • pour partie par les cotisations des militants, même si la part de celles-ci se réduit à mesure que les électeurs s’en éloignent
  • pour partie par les reversions que les élus font de leurs “salaires” d’élus
  • et, enfin, grâce à la participation de “généreux donateurs” (Bettencourt et consorts) qui attendent en échange un renvoi d’ascenseur. Un investissement en quelque sorte.

Bref, un business qui tourne plutôt bien mais qui est incompatible avec les idées émergentes relatives à la non-professionnalisation de la politique, au mandat unique, au non-cumul, etc. Le refus des parlementaires concernant le non-cumul en est une preuve patente.

Le 1er mai, dans les rues de France et de Navarre, tous les cortèges qui s’efforceront de rejoindre pacifiquement les places de la République malgré les casseurs devront réclamer le retrait de la loi El Khomri, mais pas seulement. Ils devront également exiger la démission de Manuel Valls, qui, en France, incarne ce conservatisme, celle d’Emmanuel Macron, qui incarne cette pensée, et donner rendez-vous au PS, à l’UMP et au FN en 2017 où leur sera signifiée la volonté de tourner la page qu’ils incarnent.

D’ici là, les #NuitDebout, et toutes les initiatives populaires et citoyennes, se chargeront de brosser à grands traits les premières pages du prochain chapitre de notre histoire politique. Et ne doutons pas que la France redeviendra aux yeux du monde le “grand phare” qu’elle n’aurait jamais cessé d’être si elle n’avait pas subi une si longue période d’obscurantisme politique au service de la finance internationale et des oligarques qui se sont rendus maîtres de nos destins.


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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