Camps de la mort. Il y a 70 ans. Et encore maintenant…

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Camps de la mort. Il y a 70 ans. Et encore maintenant…

Ces jours derniers, suite aux événements #Charlie, les critiques ont relevé l’usage par Manuel Valls de mots comme “apartheid” puis “ghetto”. Le combat politique fait donc rage en achoppant sur des mots, mais la réalité n’a, quant à elle, pas évolué depuis des siècles. Partout dans le monde, la ségrégation perdure et les murs s’élèvent vers le ciel, y compris en Europe où nos pays encore riches protègent, grâce à Frontex, ce que les nouveaux dragons n’ont pas encore capté en érigeant des miradors, des grillages, des frontières barbelées. Il y a donc les mots qui apaisent mais qui ne changent rien aux maux qui pèsent.

Croire revenait à accepter passivement l’impensable et l’indéfendable, mais aussi à accepter les limites de sa propre existence.

Nous commémorons ce 23 janvier 2015 les 70 ans de la libération des camps de la mort. Invitée ce matins dans “Les matins” de France Culture, Annette Wieviorka, spécialiste de la Shoah, expliquait qu’à l’époque des rumeurs relatives à l’existence des camps circulaient, mais personnes ne voulait y croire. L’impensable n’était pas crédible et le croire exposait à la peur. Il était vital de ne pas croire pour ne pas vivre dans la peur. Mais ne pas croire ne changeait en rien la réalité. 6 millions de juifs, mais aussi des homosexuels, des communistes, des résistants, des opposants politiques sont littéralement partis en fumée pendant que les citoyens du monde entier fermaient les yeux et les oreilles aux rumeurs, parce que croire revenait à accepter passivement l’impensable et l’indéfendable, mais aussi à accepter les limites de sa propre existence : “ça pourrait être moi”.

Ce matin, dans le métro, une femme est entrée. Elle s’est excusée de nous déranger, nous a expliqué sa situation, sa pauvreté, son chômage, ses enfants. Elle nous a dit qu’elle allait passer parmi nous pour recevoir une pièce de notre part si jamais nous avions été sensibles à son discours, à sa misère.

Personne n’a levé les yeux vers elle, personne n’a retiré ses écouteurs, je n’ai vu personne lui donner quoi que ce soit.

Pink Floyd The wall

Dans ces wagons qui nous mènent inexorablement à la mort via des camps de travaux forcés, nous marchons les yeux rivés vers le sol et les oreilles bouchées. Nous ne voulons pas voir que ces situations existent parce que nous ne voulons pas avoir peur. Nous laissons perdurer des situations de ségrégation parce que nous avons l’illusion d’être hors du ghetto.

Les murs ne grandissent pas qu’à Jérusalem ou Melilla. En fait, ils sont déjà présents dans nos têtes et c’est pour cela que, malgré nos idéaux de partage, de fraternité et d’égalité, nous ne nous rebellons pas contre cette réalité qui nous oppresse autant qu’elle nous dégoûte. Nous ne sommes déjà plus libres parce que nous sommes enfermés entre les murs que nous avons mentalement dressés pour nos protéger du dehors. Et les discours de Valls (“apartheid”) ou de Chirac (“fracture sociale”) nous maintiennent entre ces murs, éteignent temporairement notre culpabilité, en nous laissant croire que quelqu’un s’occupe du problème. Mais ce n’est pas vrai.

Les juifs sont toujours la cible des fous. Les homosexuels sont insultés lors de la “manif’ pour tous”. Les communistes ont quasiment disparu et des opposants sont éliminés.

Dans nos esprits, nous sommes déjà morts.

Si nous sommes des Hommes, réveillons-nous, bougeons, reprenons la main pour sauver les générations qui nous suivent, nos enfants.

 

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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Fred Courcier

On peut penser ce que l’on veut de Poutine, mais son absence aux commémorations le place du côté des victimes. Par dessus tout, ce n’est pas rendre honneur au sacrifice du peuple russe qui a payé un tribu gigantestque au cours de la WW2.

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Camps de la mort. Il y a 70 ans. Et encore maintenant…

Il y a 70 ans, les camps de la mort étaient découverts et libérés. Mais la ségrégation, elle, continue. #apartheid #ghetto
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