Constitution : la République braque la Liberté

L’état de droit policier, by François Hollande
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Constitution : la République braque la Liberté

Police

Police

Attentats instrumentalisés. Constitution détournée. Liberté en danger.

Le Président de la République réclame une révision de la Constitution pour accroître sensiblement l’efficacité des forces de sécurité.

Mais si la Justice n’a plus d’emprise sur la police, qui nous protègera de ceux qui nous protègent ?

Malgré l’unanimisme apparent autour des propositions malsaines du Président Hollande, il y a, dans les médias, quelques voix dissonnantes qui font du bien.

Voici nos recommandations de lecture pour prendre un peu de recul sur les événements actuels.

(cliquer sur les images pour accéder aux articles)

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[quote font_size=”14″ bgcolor=”#edeeeb” color=”#” bcolor=”#ffd137″ arrow=”yes”]« Ce n’est qu’en projetant un véritable avenir qu’on pourra combattre Daech »[/quote]

Bernard STIEGLER

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La révision consitutionnelle est une mauvaise réponse à une question mal posée

A lire certaines réactions, certains propos, on se surprend à douter de l’équilibre mental de pas mal de gens et on se demande comment cette république, quand elle se laisse guider par ses plus bas instincts, ses plus violentes pulsions, peut encore tenir debout et être soudée.

La société française va mal, est soumise à des violences multiples qui viennent de toute part : de l’Etat lui-même, des entreprises, de groupes terroristes, du climat. Le mal-être accumulé ne demande qu’à sortir, il attend ce que le regretté René Girard nommait une catharsis, une explosion de violence qui lui permettra de se re-souder, de faire à nouveau corps, à nouveau société.

Les hommes et femmes politiques sont des entrepreneurs dont la matière première principale  est justement toutes ces émotions, ces frustrations. Ils les prennent en main et les guident où ILS veulent aller. Ils les canalisent pour que la puissance collective qui les meut les portent jusqu’au sommet. Cette prise de pouvoir, lorsque sortie des urnes, est légitime.

Tous leurs discours que nous entendons sur tous les sujets, qu’ils soient économiques, sociaux, géopolitiques, sont des opinions, leurs opinions, et ne valent pas plus, ni moins, que les nôtres. Ces opinions, quand elles sont exprimées, cherchent à amalgamer sur elles nos resentiments, nos désirs. Ce sont des options politiques parmi lesquelles chacun choisit, en fonction de ses propres sensibilités, de sa culture, de son parcours.

La tragédie de vendredi 13 a fait jaillir en chacun de nous une énergie, une force, qu’il est difficile de contenir. Née de la peur, du sentiment d’injustice ou du désir de revanche, cette force veut s’exterioriser, et nous faisons le pari d’un taux de participation record lors des prochaines élections régionales.

Pour les entrepreneurs politiques, ce scrutin régional représente donc une occasion en or de capter un maximum de cette puissance collective. Ils n’auront aucun scrupule, promettront tout et n’importe quoi pour gagner nos voix.

Nous assistons depuis une semaine à une surenchère sécuritaire qui semble n’avoir aucune limite et qui succède elle-même à un long processus de recul des libertés publiques au nom de la sécurité. La Loi Renseignement, qui a été finalisée très récemment, n’est que l’une des formes que peut prendre cette surenchère. Mais on parle d’expulsions et de déchéance de nationalité, de port d’arme, de permis de tuer.

Où en sommes-nous à présent ? Y a-t-il moins d’attentats, moins de victimes, moins de conflits ?

La prochaine étape constituera une clé de voute de la mutation de l’état de droit en état policier.

Inscrire dans une Constitution des dispositions relevant du droit pénal ou de la délinquance n’a aucun sens. Ce qui semble avoir du sens pour l’état en revanche, c’est de faire en sorte que la police soit au-dessus des lois. Pour gérer une crise comme celle que nous rencontrons actuellement, c’est peut-être très bien, mais la police ne peut pas être éternellement au-dessus des lois. Une raison toute simple est que la police sert l’état. Et c’est exactement pour cette raison que ceux qui ont pensé notre actuelle constitution ont pensé la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la Justice et sa prééminence vis-à-vis des forces de police. Parce que le jour ou l’état va déconner, période vichyste par exemple, alors la police va également déconner et les parlementaires qui auront accordé les pleins-pouvoirs s’en mordront les doigts.

Inscrire dans la Constitution l’état d’urgence permanent, c’est donner les pleins pouvoirs à la police et à l’état qu’elle sert . Après il ne sera plus possible de revenir en arrière, parce que ce sera constitutionnel.

Les pouvoirs publics ont déjà toute lattitude pour frapper fort. S’il leur manque quelques options, quelques facilités, ceux-ci n’ont qu’à être ajoutés aux possibilités déjà énormes de la justice anti-terroriste.

Quant au pouvoir politique, il doit revoir ses méthodes de travail et la cohérence globale des décisions qu’il prend (cf. Marc TREVIDIC). Parce que par sa faute, des français meurent dans nos rues.

PS : au Mali (qui vient lui aussi d’être attaqué), la France a déployé des troupes au sol. Les résultats sont là. Ne pas déployer de troupes terrestres pour lutter contre Daesh, c’est se condamner à voir son territoire progresser sans opposition. Quant à l’argument qui consiste à dire que la population n’acceptera pas que ses soldats meurent en Syrie, c’est un faux prétexte. Les victimes civiles de Daesh sur le territoire français sont bien plus nombreuses que le nombre de soldats tués au Mali par exemple.

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Au nom de la #sécurité, notre #République braque ses citoyens et leur #liberté.
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