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De l’eau dans le gaz entre @Sylvain_TANGUY et @ENGIEgroup

Punie pour voir consommé moins…

Quand la forfaitisation de nos consommation, donc du revenu des entreprises, va à l’encontre du progrès.

Nous vivons décidément une drôle d’époque qui, régulièrement, met en évidence les conflits d’intérêts du secteur privé (et plus globalement de toute administration au sens wébérien du terme, entité privée ou publique ayant comme unique finalité sa propre survie) au regard de l’action publique d’une part, et la tendance croissante à la forfaitisation des dépenses au profit des entreprises d’autre part.

Ainsi, pour avoir cherché à faire des économies de gaz, énergie fossile contribuant à l’effet de serre, le Plessis-Pâté, commune du département de l’Essonne (Ile-de-France), s’est vue infliger une amende par son fournisseur de gaz pour manquement aux termes du contrat qui stipulait un certain niveau de consommation annuel comme nous l’apprend cet article du journal Le Parisien auquel son maire, Sylvain Tanguy s’est confié.

On peut bien évidemment entendre que ce contrat proposait des tarifs “avantageux” liés à un certain volume consommé et que, la consommation décroissant, le fournisseur se retrouve par conséquent en situation de vendre moins et donc de faire moins de bénéfices.

Mais d’un autre côté la démarche de cette commune n’en est pas pour autant condamnable, au contraire ! Il s’agit d’une démarche vertueuse, parce que responsable, intégrant une gestion optimisée des ressources financières de la commune (l’une des missions du maire) ainsi que des ressources naturelles et de l’environnement. De plus, n’est-ce pas le fonctionnement même du marché, la logique même du principe d’optimisation que de chercher à obtenir autant – voire mieux – pour moins cher ?

Nous pourrions tous, individuellement, en tant que simples consommateurs, nous retrouver exposés à ce genre de pratiques de la part de nos fournisseurs de services. Par exemple, cherchant à faire des économies sur nos factures, nous pourrions être amenés à rationaliser nos habitudes de consommation en investissant dans de l’électro-ménager moins consommateur de ressources (énergie, eau, gaz, etc.), des ampoules à basse-consommation, des chaudières ultra-performantes ou un mix électricité / énergies fossiles / bois. Or ceci s’opposerait frontalement à la volonté des ces fournisseurs (entreprises privées ou publiques, dans le cas du Plessis-Pâté : GDF-Suez devenue ENGIE) de maintenir un certain niveau de profits.

GDF Suez / ENGIE : Un nouveau jour qui tarde à se lever…

Par conséquent, ces fournisseurs mettent au point des contrats qui s’avèrent avantageux uniquement pour eux au final puisque vos efforts, plutôt que d’être couronnés de succès par un meilleur pouvoir d’achat résultant de transferts intelligents que vous auriez opérés entre vos postes de dépenses, seraient pénalisés par un rehaussement du coût de votre consommation par une application inverse du principe de dégressivité des prix.

Vous consommiez 12.000 litres d’eau par an à 0,01 centime du litre et avez cherché à diminuer votre facture en faisant la chasse au gaspille ? Cela vous honore, mais maintenant que vous ne consommez plus que 5.000 litres, le prix du litre passe à 0,02 centime. C’est votre fournisseur qui empochera l’essentiel du fruit de vos efforts en vous faisant passer dans une catégorie de clients moins avantageuse.

En réalité, les entreprises n’acceptent que la loi du marché : vous avez choisi un fournisseur moins cher, plus avantageux, elles sont prêtes à l’entendre, mais il n’est pas question d’accepter que vous consommiez moins car, à ce moment-là, vous changez les règles du jeu et ce n’est pas acceptable.

C’est ce phénomène que j’appelle la forfaitisation.

La forfaitisation consiste à assurer un certain niveau de revenus en faisant passer au second plan le niveau ou volume de consommation par les clients sur lequel ce revenu était normalement adossé.

Toute action individuelle consistant à optimiser ses coûts aux dépens de l’entreprise fournisseur est donc immédiatement sanctionnée par une augmentation du tarif de base, promouvant ainsi un statu quo anti-progrès et, surtout, en contradiction patente avec les efforts affichés dans le domaine de l’environnement, du développement durable, etc.

Face à l’appauvrissement de nos sociétés, les entreprises ont fait le choix de la forfaitisation, et les tarifs dégressifs ne sont intéressants que dans la mesure où ils permettent aux entreprises de s’assurer d’un volume de chiffre d’affaires.

Toute autre considération est irrecevable.

Pour pouvoir changer ce monde, il est urgent de retrouver du sens pour justifier nos actions. Le premier sens à retrouver est celui de l’éthique.

Tant que le sens du mot “éthique” n’aura pas été retrouvé, nous serons tous perdus.

 


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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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De l'eau dans le gaz entre @Sylvain_TANGUY et @ENGIEgroup

La commune du Plessis-Pâté veut réduire sa consommation de gaz. Son fournisseur, ENGIE, se bat pour maintenir son chiffre d'affaires. Nos vie forfaitisées ?
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