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Défaite du Pirée ou victoire à la Pyrrhus de l’UE ?

Yanis Varoufakis

La crise grecque est une véritable opportunité, pour l’ensemble des citoyens européens, de constater le défaut de démocratie qui sévit en Europe.

Les citoyens ont élu leurs représentants au Parlement européen (PE) qui, de son côté, a nommé une équipe à la tête de la Commission. Depuis, toutes les communications sont rompues, exceptions faites des menaces de “corrections” (dans tous les sens du terme) dont ses commissaires sont les messagers.

Les dossiers du TAFTA ou du CETA sont négociés dans le plus grand secret. Depuis la mobilisation à l’échelle européenne contre la signature du TAFTA, les représentants de l’UE négocient secrètement la privatisation de l’ensemble de nos services publics (CETA) à Genève, planqués dans une ambassade.

Il en va de même des négociations relatives à la crise grecque dont aucun terme n’est connu et dont peu d’éléments filtrent comme le dénonce Jean Quatremer dans Libération, où il parle de black-out de l’information.

Les pays membres de la zone euro soufflent alternativement le chaud et le froid, critiquant dans un premier temps l’élection de Syriza qu’ils condamnent par avance, sommant ses représentants d’avoir les pieds sur terre et de faire preuve du plus élémentaire réalisme, puis acceptant (le 20 février) de négocier un nouvel échéancier basé sur la croissance grecque, enfin signifiant à la délégation grecque une fin de non-recevoir et un respect des termes initiaux du contrat. Là encore, réalisme exigé.

Bref, une stratégie du pourrissement destinée à mettre la Grèce à genoux par manque de liquidités, mais également adressée à tous les peuples européens qui auraient eux-aussi l’idée saugrenue de porter au pouvoir une gauche radicale prête à ruer dans les brancards.

Le vice-président de la Commission, Valdes Dombrovskis, déclarait à propos de la tournure prise par les négociations : « Il y a une claire décision de l’Eurogroupe de se concentrer sur ce plan et non pas sur un quelconque plan B ». (billet de François Leclerc dans le Blog de Paul Jorion)

La première victime de cette situation est évidemment le peuple grec, qui vit de longues semaines d’attente de mauvaises nouvelles, et dont les services publics fonctionnent au ralenti suite à la demande faite par le gouvernement d’Alexis Tsipras de rapatrier toutes les liquidités disponibles vers la banque centrale grecque.

La seconde victime est Yanis Varoufakis, le ministre grec de l’économie lui-même, dont l’intransigeance vis-à-vis des exigences européennes a ruiné le crédit et que Tsipras a du remplacer au pied levé par Euclid Tsakalotos, situé sur son aile gauche, pour que puissent continuer les négociations.

Mais qui sera la 3ème victime ?

Le pouvoir grec et les espoirs de tout un peuple, épuisé, qu’il portait ?

Ou l’Europe elle-même, prise en flagrant-délit de maltraitance de l’un de ses membres, de lynchage prémédité ?

On attend avec impatience la prochaine chronique de Paul Jorion sur le sujet, chronique d’ores et déjà intitulée : « La Troïka doit reconnaître de bonne grâce sa défaite »


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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Défaite du Pirée ou victoire à la Pyrrhus de l'UE ?

La crise grecque montre que la démocratie européenne est défaillante et que les peuples n'ont rien à attendre de bon de sa commission.
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