En finir avec le Return on Equity dans les banques

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En finir avec le Return on Equity dans les banques

Source : http://www.thedisciplinedinvestor.com/blog/2008/10/26/sunday-fun-3d-nyse-trading-floor/

RoE : Return on Equity.

Il s’agit tout simplement du dividende généré par une action.

Et comme disait Jean-Pierre Coffe : “ce truc-là, mais c’est de la merde !”.

Sauf, évidemment, pour celui qui la possède…

 

Le Return on Equity (RoE), c’est le rendement d’un placement financier

 

Dans un précédent article qui traitait, sous forme de diapositives, de la croissance, nous avions écrit que l’impératif de croissance pour les lobbies patronaux, qui représentent les actionnaires, était avant tout guidé par les exigences de ces derniers en matière de création de valeur, de rentabilité, c’est à dire de RoE.

Il ne faut pas avoir peur de ces termes qui sont très simples à comprendre, y compris par celui qui n’a rien.

Vous possédez une action d’une valeur de 100 euros. L’entreprise vous verse un dividende de 5 euros pour cette action.

⇒ Le RoE de cette action est de 5%.

Source : http://www.simplecleareasy.com/2011/11/what-is-roe-return-on-equity-definition.html

Source : http://www.simplecleareasy.com/2011/11/what-is-roe-return-on-equity-definition.html

 

La somme de tous les dividendes de l’ensemble des actions émises par l’entreprise est la part des bénéfices que l’entreprise reverse à ses actionnaires en contrepartie des fonds qu’ils ont apportés à l’entreprise en achetant ses actions. La part des bénéfices que les actionnaires se partagent est décidée par les actionnaires eux-mêmes, ou leurs représentant, lors de certains conseils d’administration. La participation à ces conseils d’administration est rétribuée par des jetons de présence. C’est sympa d’être payé pour décider combien l’on va gagner !

Dans la pratique, seul le premier acquéreur desdites actions a réellement financé les projets de l’entreprise. Ensuite, ces actions passent de mains en mains sur les marchés financiers où elles deviennent des placements comme les autres que des traders s’échangent en fonction des gains qu’ils escomptent. Dans ce cadre, le RoE est un indicateur important. En effet, une entreprise réalisant peu de bénéfices génèrera un faible RoE et il ne sera donc pas intéressant, à court terme, de posséder une action qui produira pas ou peu de dividendes. A l’inverse, si vous possédez une action dont le RoE attendu est important, alors de nombreux traders chercheront à acquérir ces titres pour les gains qu’ils promettent. Ils pourront vous proposer pour ces titres une valeur supérieure à leur valeur faciale (nominale). Si vous vendez, vous réaliser alors une plus-value.

Le RoE est donc la mesure du rendement d’un placement financier. Comme les bénéfices d’une entreprise sont constatés chaque année, le RoE s’apprécie sur le court terme.

 

Le Return on Equity (RoE) est pousse-au-crime

 

Le Nouvel Economiste (version française du Financial Times) révèle dans cet article avoir mené une étude relative aux niveaux de RoE au sein des banques sur une période de 10 ans : les 8 années précédant la crise et les 2 suivant la crise.

Au cours des 8 années d’avant la crise, le RoE des banques surperformait. On parle d’un rendement exigé pour Goldman Sachs de 12%, sachant que les dirigeants de la banque pouvait compter sur une augmentation de leurs rémunérations de 50% s’ils parvenaient à atteindre un RoE de 15%. Bien plus que notre CODEVI et notre compte Ecureuil réunis.

Source : https://www.tradingfloor.com/posts/goldman-sachs-morgan-stanley-win-future-1911505755

Source : https://www.tradingfloor.com/posts/goldman-sachs-morgan-stanley-win-future-1911505755

Pour atteindre ces objectifs, les dirigeants des banques ont donc pris des risques insensés qui ont abouti à la crise que nous avons connue et que les contribuables financeront encore pour longtemps.

Et le Nouvel Economiste de conclure :

Hélas, la référence au RoE semble perdurer et continuer à induire des stratégies bancaires risquées et court-termistes. Celles-ci se font au détriment des investisseurs des banques, de leurs clients, de leurs salariés et de la société. Il faut tuer le mythe du RoE, avant qu’il ne fabrique la prochaine crise de trop…

 

Bien évidemment, les dividendes empochés, eux, restent dans les poches des actionnaires, ces mêmes actionnaires qui, à présent, par la voix des lobbies qui les représentent, exigent des déréglementations à tous les niveaux afin de faire revenir la croissance que leur pillage a hypothéqué pour un temps indéterminé.  Car cette absence de croissance a, dans l’économie réelle, un effet tout a fait quantifiable : si les dividendes existent encore, leur croissance est compromise, sauf bien sûr si l’on réduit la part des investissements et des salaires.

Nous obtenons alors un tableau qui ressemble étrangement à ce que nous sommes en train de vivre : pas d’investissements, pas d’embauches, de la modération salariale, un état providence qui ne parvient plus à s’équilibrer faute de revenus du travail suffisants, celui-ci disparaisssant peu à peu (15% mondialisation, 85% gains de productivité), mais étant surtout de moins en moins rémunérés.

 

La crise de 2008 était celle des subprimes, c’est à dire des actifs financiers pourris par des dettes titrisées.

La prochaine crise sera celle de l’état providence, c’est à dire des actifs sociaux (éducation, assurance maladie et assurance chômage, services publics) plombés par des dettes contractées auprès des banques à des taux usuraires.

Allons-nous attendre la prochaine crise pour reprendre notre destin en main ?

 

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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En finir avec le Return on Equity dans les banques

Le Return on Equity est à la banque ce que la croissance est à un pays : un indicateur court-termiste qui prépare la prochaine crise, sauf pour les riches.
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