Il y a 10 ans, la France disait NON à l’Europe

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Il y a 10 ans, la France disait NON à l’Europe

Europe 10 ans

Il y a 10 ans, la France et les Pays-Bas disaient NON à l’Europe.

Une image circule sur le Web ces jours-ci qui résume plutôt bien l’actualité.

Il a volé mon “non”.

Il veut voler mon nom.

Une façon d’adresser à Nicolas Sarkozy l’alpha et l’oméga des raisons qui font que les français ne veulent plus de lui.

Il veut voler mon “nom”

Tout le monde observe ces jours-ci le foin résultant de la volonté de Nicolas Sarkozy de s’approprier le qualificatif de “républicain“, pensant que ce changement d’appellation fera oublier aux français les “affaires” qui collent à ses basques ainsi qu’à celles du parti qu’il dirige avec, comme unique objectif, de se mettre à l’abri en cas de victoire à la présidentielle de 2017, des suites judiciaires de celles-ci.

Lors du congrès “refondateur” qui devait entériner un changement d’appellation dont l’origine n’est pas entièrement contrôlée, le patron de l’UMP s’est présenté en rassembleur de la famille de droite, fustigeant la gauche pour sa médiocrité et laissant le soin au public de siffler et huer ses principaux opposants dans le cadre d’une primaire à droite. Il faut dire qu’en matière de rassemblement il en connait un rayon, lui qui avait, voilà 10 ans, fait l’impasse sur le résultat du référendum à l’occasion duquel une majorité de français s’était exprimée contre la ratification du Traité établissant une constitution pour l’Europe, pour jeter la France dans les bras d’une Europe qu’elle ne souhaitait pas comme ça.

Il a volé mon “non” (à l’Europe)

La France avait, par conséquent, de même que les Pays-Bas, adhéré malgré elle au projet européen, au travers du Traité établissant une constitution pour l’Europe, qui enfantait quelques années plus tard le Traité de Lisbonne et des mesures aussi controversées que la “directive Bolkestein“, organisant légalement le principe du dumping social au sein même de l’Europe.

Cette Europe, qui devait être un modèle mondial de progrès “par le haut”, devenait en réalité un parangon de libéralisme. Les pays les plus développés socialement dans le monde, les états à la fois les plus riches et les plus enviés, les destinations favorites des flux migratoires pour les promesses de liberté et de bien-être qu’elles suscitaient dans l’imaginaire collectif mondial, décidaient en commun de saborder le navire et de le rendre la vie de leurs peuples plus difficile et moins désirables.

10 ans après, l’Europe est en plein marasme. La fracture sociale s’est aggravée, marquant plus encore les différences de classes entre une aristocratie de l’argent arpentant les couloirs du pouvoir et la majorité de la population dont les droits, chèrement acquis, sont déconstruits les uns après les autres au seul bénéfice du monde de la finance et des multinationales. La croissance est au point mort, l’emploi disparait peu à peu, obligeant les salariés à accepter à peu près tout et n’importe quoi pour survivre alors que 10% des actifs en France en sont privés et que 15% de la population est passée sous le seuil de pauvreté.

Hors de nos frontières, on assiste à une décomposition de l’Europe. En Grèce d’abord, avec l’affaire du “Grexit“, c’est à dire la sortie plus ou moins attendue de ce pays situé sur les marches de l’Europe du fait d’un niveau d’endettement hors-normes que les dirigeants européens feignent de découvrir.

Le “Brexit” à présent, avec un David Cameron, 1er Ministre de Grande Bretagne au jeu trouble qui, pour contenter sa population, notamment celle séduite par le discours du UKIP, le parti d’extrême droite, promet un référendum sur l’appartenance à l’Europe tout en déclarant auprès des gouvernants européens qu’il rencontre qu’il ne souhaite pas d’une sortie de la Grande Bretagne de l’Europe, justifiant ainsi des exigences dont l’acceptation ferait de la Grande Bretagne la reine des passe-droits dans l’Union.

Lors de sa visite en France le 28 mai, il discutait avec François Hollande de plus de flexibilité en Europe.

Quelles sont les exigences portées par David Cameron ? Des mesures libérales, encore et toujours…

  • Autoriser le Royaume-Uni à réduire les prestation sociales des ressortissants de l’UE en réduisant les allocations familiales et chômage des nouveaux venus.
  • Durcir les procédures de regroupement familial.
  • Permettre aux pays membres de bloquer la législation européenne.
  • Donner un droit de regard à Londres sur la politique de la zone euro en matière financière.
  • Accélérer la libéralisation de l’économie.

Vous avouerez que ce programme, s’il n’avait pas été précisé plus haut qu’il s’agissait des exigences de David Cameron pour maintenir la Grande Bretagne dans l’UE, aurait pu être confondu avec celui du Front National en France.

A la différence près, cependant, que David Cameron souhaite une accélération de la privatisation des services (ou AGCS) alors que le Front National, en pleine “gauchisation” de son discours, souhaite au contraire un “vrai service public à la française”. Toutefois, cet amour du service public et le rejet, par le Front National, de tout ce qui ressemble à un abandon de la souveraineté nationale, semble relever plus de la rhétorique que de la profession de foi.

En effet, alors que le Front National plaide, depuis peu, contre le Traité Transatlantique, ou TAFTA, il est aux abonnés absents au Parlement Européen où la commission du commerce international vient de rendre un avis favorable sur l’acceptation du TAFTA et de son principe le plus controversé : l’ISDS, plus connu sous le nom de “tribunal arbitral“, mécanisme grâce auquel les multinationales pourront s’attaquer aux législations des états nationaux sans passer par la Justice des pays concernés. Il aurait été de bon ton que la dirigeante du Front National saisisse l’occasion de voter contre ces dispositions, mais Yannick Jadot, élu Vert du Parlement Européen, ironise sur le fait que celle-ci était certainement occupée à chercher des financements en Russie.

La Russie, opposée viscéralement au projet européen, qu’elle voit, à juste titre, comme une continuation de la politique américaine sur le continent, finance en effet toutes les entités susceptibles de faire tomber l’Europe (ainsi qu’une guerre en Ukraine, qui avait émis l’idée d’en faire un jour partie). Le Front National est l’une de ces entités, de même que la Grèce qui, si elle ne parvient pas à trouver de source de financement pour rembourser ses dettes auprès de ses “partenaires” européens, devra elle aussi vendre son âme au diable en acceptant des capitaux russes.

La Russie qui finance, indirectement, le respect de la démocratie en Grèce ainsi que les partis anti-européens du continent, voilà le résultat mi-figue mi-raisin de 10 ans d’une modalité européenne pro-américaine et ultra-libérale plus que controversée.

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BASCOUL

Entre ce qui est était dit que l’EUROPE, serait le progrès pour tous, la réalité qui en est, le constat révèle bien le contraire pour une bonne partie du peuple. L’Europe veut tout règlementer pour favoriser les puissants. Le désastre est total la nation doit obéir à BRUXELLES c’est la volonté des chefs d’état libéraux de droite et socialistes libéraux compris. SARKOZY en premier à voulu l’EUROPE QUE NOUS AVONS. C’est pour cela qu’il ne doit PAS revenir, surtout quand on voit ces gesticulations incendiaires qui promettent que malheur à nous. Son congrès refondateur l’a démontré, rien ne change chez… Read more »

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