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Le faux débat de la cohabitation

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Le faux débat de la cohabitation

Comment mieux commencer cette nouvelle saison, puisque la rentrée approche, qu’avec la chute de notre gouvernement ? Ce sujet, qui semble très chaud, est très commenté. Journaux, chaines de télévision, radios n’en finissent plus de parler de ce “coup de tonnerre”  dans le paysage politique français. Accessoirement, cela permet à Nouvelle Donne d’accroître sa visibilité, si tant est que les chaines qui invitent Pierre Larrouturou (France Culture, iTélé) ou encore Bruno Gaccio (France Inter) disposent d’une large audience. Mais c’est mieux que le rien pointé de ces derniers mois…

Coup de tonnerre donc, car Manuel Valls ne s’est pas contenté de démissionner les trouble-fête mais la totalité de son gouvernement, prenant ainsi au passage un surcroît d’autorité et de légitimité aux yeux de ses troupes, mais pas à ceux de la population française. Il est intéressant en parallèle de noter les avis de la presse internationale sur ces événements.

En Allemagne, on parle des idioties d’Arnaud Montebourg, ce qui en dit long sur ce que pensent les allemands des français. Ne nous leurrons pas, aux yeux des allemands nous sommes comme les grecs : des cigales incapables de se remettre en cause ni de respecter un quelconque engagement. Le remaniement est donc une très bonne chose et les marchés financiers ne s’y sont pas trompés.

En Belgique, la position est plus nuancée quant au fond. L’aveuglement idéologique de l’Europe, consistant à imposer une cure d’austérité alors que pèse le risque de déflation sur l’ensemble de la zone Euro, est dénoncé. En revanche, le spectacle offert en France par le Parti Socialiste est considéré comme “pathétique”. Pour Béatrice Delvaux, journaliste au Soir (quotidien belge), “le nombril est français, le débat est européen”.

→ L’absence de débat au niveau national est donc visible du dehors du fait des éclats qu’elle provoque quand il s’agit pour certains de se faire entendre. Montebourg est donc décrié pour être celui par lequel le scandale arrive, mais reconnu presque comme un lanceur d’alerte. Haine et amour ne sont-ils pas les caractéristiques essentielles d’un bouc émissaire ?

En Italie, La Stampa souligne l’opposition farouche aux choix de François Hollande par Montebourg, qui refuse de s’aligner sur la politique économique de la droite allemande, ainsi que la réaction du gouvernement français qui préfère hausser le ton contre ses ministres plutôt que contre l’Allemagne.

L’Espagne en profite pour remarquer que le successeur d’Arnaud Montebourd à Bercy, Emmanuel Macron, n’est pas un politique mais un technocrate, donc aux ordres de sa majesté. Il faut préciser que cet ancien banquier est favorable à un aménagement (qui aura vocation à les éradiquer) des 35h pour les entreprises qui le décideraient dans le cadre de négociations avec les partenaires sociaux (cf. article du Point). Toutefois, El Pais prend clairement position sur le fait que les réformes doivent être appliquées et que la France n’a plus le choix, saluant au passage l’éviction de Montebourg qui incarnait le “populisme infiltré dans un parti conventionnel”.

“Son péché le plus grave a été le manque de discipline et de loyauté face à un gouvernement qui s’est engagé à tenir ses promesses dans un contexte difficile de stagnation économique”

El Pais

Ce quotidien espagnol semble oublier que la politique de l’offre mise en oeuvre dans le cadre du CICE n’était pas une promesse électorale de François Hollande, mais une trahison de son électorat qui était, certes, en accord avec la réduction nécessaire des déficits, mais certainement pas pour distribuer le fruit des économies consenties à des entreprises qui n’ont pas la volonté d’investir dans un tel contexte.

Nous terminerons ce tour d’Europe par la Grande Bretagne où le Financial Times, comme l’Espagne, salue l’éviction d’Arnaud Montebourg comme un acte courageux mais, à l’image de la Belgique, pose la question de la pertinence de la politique de contraction budgétaire menée dans l’ensemble de la zone Euro dans le contexte actuel. Le Financial Times évoque également le risque institutionnel que représente à présent un Arnaud Montebourg en situation d’animer la rébellion de l’aile gauche d’un parti qui est encore un trait d’union entre lui et ceux qui viennent de le lâcher. Le risque de cohabitation est cité, mais est-ce réaliste ?

Tout d’abord, de quel parti parlons-nous en cas de cohabitation ?

Les partis du centre sont globalement en accord avec la politique de Valls mais ne souhaitent pas intégrer son gouvernement. En cas de nouveau scrutin législatif (si dissolution de l’Assemblée Nationale), le centre ne pourra aucunement prétendre à une quelconque majorité, à moins que la droite ne lui concède le fauteuil de Premier Ministre. Mais qui aurait aujourd’hui envie de s’associer à François Hollande à la tête de l’état ?

La droite, quant à elle, s’est clairement exprimée en refusant toute idée de cohabitation, qu’elle considère comme un piège dans la mesure où elle n’a pas de projet et est désunie en interne.

Quid alors de l’extrême-droite de Marine Le Pen ? Celle-ci répète que le gouvernement n’a plus de pouvoir puisque’il l’a abandonné à une structure supranationale. Il n’y a donc aucun risque a priori pour qu’elle accepte un fauteuil de Premier Ministre qu’elle considère comme inefficient. D’autre part, rester en position d’observateur lui conviendrait en cas de cohabitation PS-UMP, car cela donnerait encore plus de poids à son discours anti-UMPS et lui ouvrirait une route “royale” pour la présidentielle de 2017. Pourtant, elle estime dans Le Figaro que l’on n’a jamais été aussi près d’une cohabitation.

Le scénario d’une cohabitation est donc compliqué dans la mesure où aucune formation alternative (à droite ou au centre) ne semble disposer à s’emparer du pouvoir alors que, dans le même temps, toutes demandent une dissolution. Du coup, il apparaît que la dissolution demandée par la droite n’a d’autre objectif que de mettre Marine Le Pen au gouvernement, où on espère qu’elle échouera, contrecarrée par un François Hollande en position de gardien des institutions et en garant du respect des accords signés au niveau européen. Le résultat attendu à l’horizon 2017 est le discrédit de François Hollande, et du PS dans son ensemble, qui n’auront su empêcher la prise du pouvoir par le Front National, mais également le discrédit du Front National lui-même qui ne ressortirait pas vainqueur d’une guerre d’usure contre la Présidence de la République.

De ces considérations tactiques de politique politicienne, il ressort que tous les partis cités ici ont en commun le fait de ne jurer que par la croissance. Quand la droite (du centre à l’extrême-droite) critique la politique de l’offre menée par Hollande, elle lui oppose systématiquement l’argument de la croissance.

Or tout le monde sait aujourd’hui que le croissance est un leurre, un mirage, sauf, semble-t-il, ceux qui aspirent à prendre le pouvoir. Bien sûr, l’espoir de croissance est le plus simple, le plus facile à manipuler et à vendre, car il permet de réduire les déficits sans efforts ou presque. Mais est-ce vraiment ce qu’attendent les français ? Ce dont a besoin la France maintenant, ce n’est pas d’une alternance des partis, mais d’une alternance des idées.

Sur iTélé, Rama Yade (Parti Radical) et Juliette Meadel (PS) sont d’accord pour un changement en profondeur de nos institutions et s’expriment pour une nouvelle République tournée vers les citoyens. Gageons que les débats futurs permettront d’en délimiter plus précisément les contours. Et sur ce dernier point, Nouvelle Donne a une belle carte à jouer.

Citizen-Web

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Ce dont a besoin la France maintenant, ce n'est pas d'une alternance des partis, mais d'une alternance des idées. Le débat sur la cohabitation est un leurre
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