Qui a fondé le christianisme ?
12/02/2014
Les entrepreneurs politiques
12/02/2014

La deuxième droite

Élevé principalement par mon père, j’ai connu une éducation centrée sur la valeur “travail”.
Le leitmotiv de mon géniteur était :

“On a ce qu’on mérite.”

Pour être méritant et s’éclater dans la vie, il fallait travailler à l’école pour faire partie des happy fews qui entreraient dans une bonne école.
L’université était exclue des débouchés envisageables car elle accueillait la masse des losers qui avaient échoué les concours d’entrée des grandes écoles. Tout le monde sait bien que le plus dur c’est d’y entrer.

Une fois le job trouvé, il fallait encore se battre pour faire partie de ceux qui exerceraient des responsabilités et guideraient la masse des exécutants.

L’objectif ultime était de percevoir un bon salaire et c’est ce Graal qui m’assurerait la plénitude de la réussite matérielle, seule mesure objective de ma réussite dans la vie.

Les prolos, les SDF, les chômeurs, tous étaient des losers qui, à un moment donné de leur vie, n’avaient pas donné le coup de collier qui assurerait leur réussite.

La réussite scolaire puis universitaire n’étant pas de mon côté, j’ai longtemps pensé que je n’étais qu’une merde, un de ces losers que mon père abhorrait.

Comme la vie est, entre autre, faite de rencontres, j’ai fini par connaître celui qui deviendrait une personne qui compte pour moi, mon ami Polo, issu d’une famille de gauche (enseignants).
A ce stade, est-il utile de préciser que nous nous sommes maintes fois heurtés sur le plan idéologique dans nos premières années d’amitié, chacun servant à l’autre ce qu’il avait toujours appris, entendu.
Je ne sais plus qui disait que “l’on voit comme on apprend à voir”, mais on était bien lui et moi dans ce schéma.

De toutes nos discussions, de tous nos échanges, est née notre réalité, c’est à dire notre propre façon de voir le monde, débarrassée de nos carcans éducatifs respectifs.
Mais il faut bien avouer que j’ai fini par pencher à gauche tant ce que je pouvais observer autour de moi me rendait fou.

Les déterminismes existent bel et bien ! Le milieu dans lequel on vient au monde est loin d’être neutre.

Certes, la membrane entre les différentes classes sociales est poreuse parce que notre République organise dans une certaine mesure la capacité qu’a chacun de s’extraire de son milieu d’origine, mais il n’empêche que cette porosité n’assure pas une mobilité parfaite.
Enfant de cadre, on a bien plus de chances de conserver ce statut social qu’un enfant d’ouvrier a de le devenir.

Aparté : n’hésitez pas à écouter ce numéro de “Sur les docks” (France-Culture) qui illustre parfaitement mon propos : Fragilités sociales (1/2) : La Grande Borne

 

La raison ? Je crois que c’est ce qu’on appelle “la culture”.

 

Je ne fais pas référence à cette culture qui se quantifie en nombre de livres lus ; celle dont je parle a plutôt à voir avec la façon de décrypter le monde qui nous entoure, de comprendre les codes, de les utiliser, bref celle dans laquelle nous baignons parce que nous y naissons ou parce que nous l’adoptons.

Son apprentissage se fait par le dialogue avec autrui, grâce à l’échange, à la diversité des expériences. Et aussi grâce au livres.

Bref, je suis devenu gauchiste. Je pense déterminismes, je pense progrès, je pense rupture. Et je suis déçu.

Une bonne critique de la Gauche au pouvoir se trouve ici : [youtube]http://youtu.be/rkrGwG_PwRo[/youtube]

Commenter directement depuis Facebook

Lovegiver
Lovegiver
Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Coup de pouce

Merci d'avance de partager ce post sur votre réseau social favori.

La deuxième droite

Élevé principalement par mon père, j’ai connu une éducation centrée sur la valeur “travail”. Le leitmotiv de mon géniteur était : “On a ce qu’on mérite.”
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Skip to toolbar