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La lâcheté, principe de survie politique ?

lachete

Le mandat du président Hollande aura été marqué par de nombreuses lâchetés et reculades qui justifieraient que celui-ci évitât de se représenter en 2017.

Faible face aux forts, fort contre les faibles, la politique menée depuis 2012 brille par ses injustices et iniquités patentes, ses déclarations de principe et une absence remarquée de leadership dans tous les domaines, en particulier au niveau européen ou vis-à-vis des États-Unis.

L’actualité récente nous livre son lot de nouvelles accablantes et nous montre à quel point la lâcheté érigée en principe de gouvernement est devenue la norme en France.

Philosophie de cour de récré

Donne-moi ton goûter et tes Pokemon ou j’te casse la gueule

lâchetéFace à une telle situation, il y a 2 choix possibles.

  1. Vous videz vos poches (et accessoirement le contenu de votre vessie) et confiez l’ensemble de vos valeurs au(x) gros balaise(s) qui vous dépouille(nt)
  2. Vous dîtes au(x) gros balaise(s) d’aller se voir voir chez les grecs (et vous organisez un référendum)

Évidemment, le choix de l’option n°2 peut vous valoir quelques horions et autres noms d’oiseaux. Mais une fois le premier pain reçu, la peur disparaît au profit de la rage et il devient presque naturel de rendre coup pour coup. Cet acte héroïque apporte en général beaucoup : la confiance et l’estime de soi plus, pourquoi pas, un certain prestige auprès de ceux qui ont vidé leurs poches.

En revanche, l’option n°1 est un choix toujours perdant. Vous êtes immédiatement inscrit sur la liste des moutons qu’on peut tondre et le péage devient obligatoire.

L’abandon du principe pollueur-payeur

Justement… parlons-en des péages. Depuis que Ségolène Royal(e) a fait le choix d’abandonner l’écotaxe (à quelques mois du COP21), apportant une preuve supplémentaire de la faiblesse de ce gouvernement, l’état s’est privé non seulement de rentrées fiscales mais également d’un outil permettant d’affirmer ses choix environnementaux. Une loi votée par la droite qu’il n’y avait plus qu’à appliquer !

Mais le patronat sait décidément bien y faire et  il faut croire que les écolos au gouvernement ne sont que la déclinaison moderne des ministres communistes de François Mitterrand en 1981 : des faire-valoir, des promesses mensongères, un dol électoral. Pour sauver des emplois dans le secteur esclavagiste du transport – esclavagiste parce que les sociétés de ce secteur peuvent, et elles ne s’en privent pas, payer leurs chauffeurs en-dessous du SMIC – l’état socialiste a donc, une fois de plus, baissé sa culotte face aux patrons qui se prétendent pigeons. Vous rêviez de voir le cul de Ségo ? C’est fait.

Deuxième effet Kiss-Cool : comme nous l’avons vu plus haut, le choix de l’option n°1 est en général le prélude à un tas d’ennuis que les gros balaises, que chacune de nos lâchetés rend plus forts, se font un malin plaisir à rendre toujours plus féroces. Après avoir payé 900 millions d’euros d’indemnités à Ecomouv qui aurait dû se gaver avec une partie des écotaxes prélevées (quel scandale que cette privatisation en loucedé des services publiques n’est-ce pas ?), les sociétés de télépéage viennent à présent réclamer 300 millions d’euros de dommages et intérêts pour tout ce qu’elles ne pourront pas gagner en nous tondant au nom de l’état (article du Figaro).

Je ne sais pas vous, mais cette situation m’évoque 2 choses :

  1. ça ressemble vachement à des fermiers généraux ce genre d’entreprises qui perçoivent l’impôt à la place de l’état non ? A l’heure de la loi Macron qui défonce les professions “protégées” au nom de la libre-entreprise, c’est un peu comme le révolutionnaire Bonaparte qui, en devenant Napoléon, remplace la noblesse royale par la noblesse impériale…
  2. ça ressemble aussi vachement au TAFTA cette façon de réclamer des compensations aux états dont les législations empêchent de faire du business non ? Bien sûr, des contrats ont été signés, ce qui justifie complètement le fait que nous, français, auront collectivement déboursé plus d’1 milliard d’euros pour… rien en fait. D’ailleurs on ne les a pas vraiment déboursés tous ces sous, ce ne sont que des chiffres que l’on rajoute à la longue liste des dettes que l’on contracte en notre nom. Cette ligne se trouvera pas loin en-dessous de celle du CICE, contribuant aux 50 milliards de dette supplémentaire depuis l’arrivée de François Hollande. 10 fois moins que Sarkozy, ça s’arrose n’est-ce pas ?

La France espionnée impunément par ses amis

espionnage états-unisComme nous évoquions le TAFTA, j’en profite pour glisser un mot sur les déclarations de Stéphane Le Fol, ministre de l’agriculture mais également porte-parole du gouvernement, qui déclarait, avant de prendre l’avion pour Washington où il devait causer TAFTA avec nos amis américains, que les faits d’espionnage avérés par nos amis yankees ne valaient pas la peine qu’on se brouille, qu’il y avait trop de liens. Je cite le Monde Diplomatique :

« Il faut qu’on garde la mesure de tout cela, il faut qu’on cadre les choses. On n’est pas là pour déclencher des ruptures diplomatiques ; il y a trop de liens. »

Vous voyez peut-être déjà où je veux en venir 🙂

Eh oui, ceux qui connaissent mon style à tiroirs ont tout de suite pensé que notre gouvernement avait fait le choix de l’option n°1, le choix du faible, du peureux, mais aussi de l’atlantisme forcené d’une gauche française que Serge Halimi, dans le Monde Diplomatique (je peux le balancer, il n’est pas subventionné), se délecte à nous décrire.

Le 24 juin 1981, François Mitterrand expliqua à M. George H. Bush, alors vice-président des États-Unis, pourquoi il venait de nommer quatre ministres communistes. «Les communistes ont accepté de s’humilier en échange de quatre postes gouvernementaux.(…) Je peux parfaitement les renvoyer s’ils ne font pas l’affaire.(…) Ils seront de force associés à ma politique économique et seront donc dans l’impossibilité de susciter des remous sur le plan social.» Le journaliste Philip Short, qui a consulté les comptes rendus officiels de cette rencontre, estime que celui qui était alors le bras droit de Ronald Reagan repartit adouci par une telle plaidoirie. «Grâce à vos explications, déclara-t-il à Mitterrand, nous y voyons beaucoup plus clair (1).»

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Le président Reagan fut à son tour tout à fait rassuré quand, moins de deux ans plus tard, Paris expulsa d’un seul coup quarante-sept diplomates soviétiques. Ils étaient soupçonnés d’espionner la France. «Les Russes doivent comprendre qu’ils n’ont pas affaire à un ventre mou. Dès qu’ils l’auront compris, cela marchera mieux», avait alors conclu le chef de l’État français.

On pourrait espérer que, sans aller jusqu’à la rupture diplomatique, les espions américains soit poliment priés de rentrer chez eux. US GO HOME !

Mais depuis que le consensuel François Hollande et son gouvernement ont adopté le très thatchérien principe du “there is no alternative“, l’existence d’une option n°2 semble leur avoir échappé.

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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