Le Parti socialiste ne sanctionne pas ses frondeurs. Merci Cambadélis ?

Humour : La France n’aura que deux ans pour ramener son PIB sous 3% (Le Monde)
25/02/2015
#Paris : l’écologie punitive d’Anne Hidalgo
26/02/2015

Le Parti socialiste ne sanctionne pas ses frondeurs. Merci Cambadélis ?

«Le manque de respect, de fraternité ou tout simplement de camaraderie a atteint un niveau intolérable», a déploré le BN [du Parti Socialiste].

Le PS ne sanctionne pas ses frondeurs parce qu’il n’existe aucune base réglementaire pour ce faire. À quelques semaines des élections départementales, qui sont d’ores et déjà perdues pour le PS, c’était prendre le risque de consommer plus encore une rupture patente et de mettre le gouvernement en difficulté jusqu’à la fin du mandat de François Hollande en privant son gouvernement de la majorité dont il a besoin pour gouverner.

En réalité les plus responsables dans toute cette affaire sont les frondeurs eux mêmes, qui évitent depuis des mois de faire éclater cette majorité parlementaire en ne se désolidarisant pas du troupeau d’imbéciles que sont devenus les députés socialistes.

Jean-Christophe Cambadélis a donc préféré axer ses exigences sur le principe de la solidarité impérative entre députés du groupe PS. Si le groupe PS décide d’une position, alors chacun devra voter pour cette position. Et malheur à ceux qui ne respecteront pas cette règle.

«En toutes circonstances, ils (les parlementaires) doivent respecter la règle de l’unité de vote de leur groupe», a souligné le PS dans sa résolution, rappelant le règlement intérieur du parti. (Le Figaro)

Bien sûr d’aucuns argueront que cette approche est normale et de bon sens, que cela n’aurait pas de sens que le gros des troupes votent POUR la loi Macron ou le CICE alors qu’une minorité s’y opposerait. Pourtant le PS trouve normal lors de ses “congrès” que des courants et des motions s’expriment car tout le monde peut ne pas être du même avis tant que l’essentiel est préservé.

L’adoption de la loi Macron à l’aide du 49.3 est l’un des signes de la fracture qui existe au sein du PS. Ce n’est pas de l’opposition dont Manuel Valls avait peur quand il a décidé d’utiliser cette arme constitutionnelle pour faire adopter un texte éminemment discutable sur le fond, mais de ses frondeurs, qui disposent du pouvoir exorbitant de pouvoir faire tomber le gouvernement.

C’est là que le bât blesse. Le fait que ce groupe de frondeurs perdure au coeur du PS est le signe qu’une part non négligeable des élus socialistes ne sont plus d’accord sur l’essentiel. La mission de Cambadélis à la tête du PS est de faire croire que ce sont les frondeurs qui ont oublié ce que devait être le PS : un parti de gauche, donc progressiste socialement, qui devrait mener une politique à l’aune de cette exigence fondamentale qu’est le bien être des individus qui composent notre société.
Le rôle de Cambadélis est de détourner l’attention des français sur le fait que l’Europe libérale et le MEDEF ont fait main basse sur l’intérêt général, que ce sont eux qui gouvernent en France, une France trahie qui va dorénavant placer ses espérances sur le seul parti ayant un discours de gauche aussi audible que trompeur : le FN.

assemblee-procedure-49-3

Ce que les médias qualifient de politique habile de la part de Cambadélis ne contribue qu’à creuser plus profondément encore le trou de la tombe du PS, un trou aux dimensions de fossé qui sépare les français de la chose publique et de leurs représentants en démontrant plus encore que les élections ne servent à rien si un député, par exemple, peut trouver dans l’obéissance à son parti un mandat plus impératif que celui que le processus démocratique lui a confié.
Parce que selon la constitution française, un député n’a pas un mandat impératif qui l’obligerait à n’exprimer que les choix de ses électeurs. Un député est un représentant de ses électeurs, pas un délégué. Il devrait, en théorie, rester libre de ses choix et décider au mieux dans l’intérêt de ses électeurs. C’est en tout cas ce que prévoit notre constitution, quoi qu’on en pense. Et c’est sur cette latitude que s’appuient les appareils politiques modernes, les partis, pour faire primer ce qu’ils considèrent comme de la solidarité de groupe alors qu’il ne s’agit, une fois de plus, que d’un déni démocratique qui leur permet de continuer d’exister dans un tropisme tout à fait weberien.

Ce trou, que creuse Cambadélis à la demande de Hollande et Valls, sera tellement profond en 2017 que les historiens et archéologues du futur, qui travailleront un jour sur le foutage de gueule qu’est devenu le socialisme dans nos contrées, penseront que celui-ci n’a jamais vraiment existé parce qu’ils n’en retrouveront jamais la trace.


Wake up.
Lovegiver

Commenter directement depuis Facebook

Lovegiver
Lovegiver
Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Coup de pouce

Merci d'avance de partager ce post sur votre réseau social favori.

Le Parti socialiste ne sanctionne pas ses frondeurs. Merci Cambadélis ?

Quand F. #Hollande critique l'usage du 49.3, c'est aux frondeurs qu'il s'adresse. La mission de #Cambadélis : éviter que cela ne se reproduise.
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Skip to toolbar