Thomas Piketty et moi-même vous souhaitons une bonne année 2015

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Thomas Piketty et moi-même vous souhaitons une bonne année 2015

Les réformes vont s’accélérer en 2015. Bonne année 2015 à toutes et tous.

Avec les timelines qui se généralisent dans toutes les applications en ligne, il fallait s’attendre à être inondés de rétrospectives. Facebook a fait du bruit avec sa rétrospective “J’ai passé une super année ! Merci d’y avoir contribué” grâce à laquelle un homme a eu l’occasion douloureuse de revoir des photos de sa fille récemment disparue, et les chaînes de télévision nous abreuvent de coups d’œil dans le rétroviseur, version intellectuelle des traditionnels zappings qui occupent les temps morts, parce que décérébrés, devant les téléviseurs.

Pour ma part, j’ai également trouvé dans ma boîte mail une rétrospective que m’a fait parvenir WordPress, l’éditeur de l’application que j’utilise pour donner vie à ce blog. Vous y apprendrez, tout comme moi, que je produis des articles surtout les mercredis et jeudis, que mes lecteurs sont principalement en France, mais que certains me lisent aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique et dans plein d’autres pays amis francophones comme le Maroc, l’Algérie ou encore le Mali. En tout, 13.000 pages lues par vous toutes et tous, anonymes pour la plupart, mais certains m’ont fait l’honneur et l’immense joie de s’abonner à cette publication. Je cite de mémoire Georges, Fanny ou encore Bernard qui ont pris le temps de réagir, d’apporter leurs contributions et réflexions dans cet espace d’échange que j’héberge moi-même afin de vous offrir un bol d’air publicitaire.

A tous je dis grand merci pour votre confiance et pour le temps que vous avez bien voulu me consacrer en me lisant, j’ai envie de dire en m’écoutant, tout au long de 2014. Je vous souhaite une année heureuse, tout simplement, et espère avoir le plaisir de vous retrouver encore sur ces pages où chacun est invité à s’exprimer librement ou à participer, que ce soit en commentant les posts, ou encore en prenant la plume si vous en avez envie afin de nous faire profiter de ce qui vous paraît important.

 

En ce jour très particulier qu’est le Jour de l’An, je formule également le souhait que cette année soit, pour les humains que nous sommes, une bonne année. Je nourris évidemment les plus grands doutes à cet égard, d’où ce blog, mais j’ai la foi et je crois sincèrement, comme Natacha Polony, qu’une certaine prise de conscience quant au fonctionnement du monde dans lequel nous vivons se fait jour dans les esprits d’un nombre croissant de personnes. Sans cela, il n’est pas de changement possible. Et je veux œuvrer, modestement, à cette prise de conscience et à ce changement.

Du coup, je ne résiste pas à la tentation, pour ce premier article de l’année 2015, de partager avec vous cette information selon laquelle “L’économiste Thomas Piketty refuse la Légion d’honneur“.

Alors que Jean Tirole, l’économiste français d’obédience libérale, nobélisé en 2014 et salué à ce titre par Emmanuel Macron, accepte sa nomination au grade d’officier de la Légion d’Honneur, Thomas Piketty, qui dénonce l’accumulation des richesses entre un nombre de plus en plus restreint d’individus, refuse la même “récompense”.

«Je viens d’apprendre que j’étais proposé pour la Légion d’honneur. Je refuse cette nomination car je ne pense pas que ce soit le rôle d’un gouvernement de décider qui est honorable», a déclaré Thomas Piketty, ajoutant: «Ils feraient bien de se consacrer à la relance de la croissance en France et en Europe.»

(20 Minutes)

Sans vouloir trop m’avancer sur les raisons qui ont motivé le refus de Thomas Piketty, je suppute que le fait d’avoir été proposé pour cette distinction par la secrétaire d’état chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, a certainement joué un grand rôle. Je pense que T. Piketty a dû voir dans ce geste une tentative de récupération de son travail par un gouvernement qui n’a de gauche que l’étiquette. Étiquette que les ministres dudit gouvernement ferait mieux de couper plutôt que de subir les irritations et démangeaisons qu’elle provoque sur leurs épidermes fragiles.

De même que Thomas Piketty, beaucoup de personnalités en France ont déjà été échaudées par l’accueil réservé à leurs propositions par cette équipe soi-disant de gauche. On citera par exemple Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) et Michel Rocard (ex-Premier Ministre socialiste), tous deux de gauche, qu’on a patiemment écoutés avant de les remercier d’avance de ne plus revenir et de garder leurs préconisations pour eux-mêmes à l’avenir…

Pas de place en ce lieu et en cette époque pour de vraies mesures de gauche reposant sur une vraie réflexion, un vrai projet de société. Malheureusement, si les projets de société ne sont plus la principale inquiétude des partis politiques, on se demande alors à quoi ils peuvent bien servir, si ce n’est la soupe à ceux qui baignent déjà dans l’opulence.

Car là est bien le problème de la politique à notre époque : dépassée par la mondialisation, l’action politique, ancrée traditionnellement dans un espace national, un territoire, ne sait plus rien faire d’autre que gérer au jour le jour les mauvaises nouvelles. Incapable de dresser quelque plan que ce soit, qui servirait de cadre à un projet politique dont les individus que nous sommes seraient l’alpha et l’oméga, celle-ci se recroqueville dans un rôle de simple gestionnaire de l’entreprise “France”.

Exit la progressivité de l’impôt et la réforme fiscale que Piketty appelle de ses voeux.

Exit le partage du temps de travail défendu par Larrouturou auprès de l’Assemblée Nationale.

Exit l’annulation des vieilles dettes suggérée par Rocard.

Ces mesures nuisent aux intérêts privés à court terme, ceux des riches, des entreprises et des banques.

Si, comme moi, vous n’êtes ni riche, ni une entreprise, ni une banque, vous devrez, pour 2015 mais pas seulement, vous attendre à de nombreux efforts pour sauver l’entreprise France. C’est Manuel Valls qui l’annonce dans le quotidien espagnol El Mundo lors d’une visite à Barcelone où il est présenté comme “l’espagnol qui veut changer la France“.

« Nous devons faire des efforts pendant des années pour que la France soit plus forte, pour que ses entreprises soient plus compétitives et pour que son secteur public soit plus efficace, avec moins de coûts et moins d’impôts. »

Le Monde, 29/12/2014

Est-ce cette lucidité, cette clairvoyance, qui ont valu à M. Valls d’être désigné par El Mundohomme de l’année 2014” ?

Est-ce son projet, son ambition pour la France ? Quoi qu’il en soit, pendant qu’il prenait un bain de soleil sur la Costa del Sol, des SDF mourraient de froid en France (“Cinq SDF meurent en France avec l’arrivée du grand froid“) à cause du gel qui sévit. Gel des aides sociales, gel des retraites, gel des salaires, tout ici semble gelé sauf, peut-être, les dividendes des actionnaires.

 

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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