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L’Hiver vient.

Sombre avenir

Il est des moments où les événements que l’on observe nous poussent à chercher de bonnes raisons de nous réjouir. Dans cet exercice, j’ai échoué. Peut-être que je déprime… Aussi ai-je décidé de vous faire part du tableau noir de mes pensées à propos des dernières crises mondiales.

Commémoration de la Der’ des Der’ : qu’avons-nous appris ?

A l’occasion du centenaire du début de la Première Guerre Mondiale, nombre d’événements auront été organisés afin de commémorer cette immense boucherie que fut la “Der’ des Der'”. C’était notamment le rôle de la Mission Centenaire.

On se souviendra également de la série “Apocalypse – La 1ère Guerre Mondiale” sur France Télévision, ainsi que de l’émission “l’année 1913” sur France-Culture, cette dernière ayant la particularité de parler plus des événements qui précédèrent le conflit que du conflit lui-même.

Pourquoi commémorer un tel événement 100 ans après alors que le dernier poilu nous a quitté l’an dernier ? Parce qu’une commémoration a pour vocation d’entretenir un souvenir qui fonde une communauté, et que partagent les protagonistes, s’il en reste, mais également ceux qui n’ont pas vécu les faits. On pourrait parler d’un devoir de mémoire à visée pédagogique afin d’entretenir une envie commune de “plus jamais ça” ou, au contraire, d’entretien d’une flamme (fête nationale).

Et pourtant…

Et pourtant, on ne peut s’empêcher de penser malgré nous au caractère presque risible de ces commémorations. Ce n’est pas la souffrances des êtres qui est risible, mais l’incroyable écart qui existe entre les intentions, nécessairement bonnes, qui les fondent et ce que les hommes en font au quotidien une fois revenus au chacun-pour-soi du temps qui passe avec la gueule dans le guidon.

Hamster dans sa roueCe que Hannah Arendt décrivait comme “l’épaisseur grise d’une vie centrée sur rien sinon sur elle-même” et que l’on pourrait illustrer avec un hamster qui galope dans sa roue.

Michel Rocard disait que les mentalités changent plus vite que les actes. Et c’est vrai que nous sommes souvent capables de parler des choses “en théorie” mais qu’il est infiniment plus difficile de passer à la pratique. Je suis certain qu’un moins 1 des exemples ci-dessous vous concerne :

  • Combien parmi nous ont fumé pendant des années – ou fument encore – avec la conscience claire des conséquences probables qu’ils encourent et des souffrances qu’ils se causeront ainsi qu’à leurs proches ?
  • Combien parmi nous se félicitent de l’incroyable diminution du nombre de morts sur les routes de France mais se prennent pour Fangio à l’occasion, mettant en danger leur vie, celles de leurs passagers, celles des quidam sur la route ou encore des piétons ?
  • Combien parmi nous se plaignent de la pollution mais continuent de ne pas pouvoir se passer de leur véhicule alors qu’on estime à 7 millions de morts par an les victimes des particules fines ?
  • Combien parmi nous considèrent que l’eau est un bien précieux mais la laissent couler pendant qu’ils se brossent les dents ou font la vaisselle ?

Combien d’entre nous pensent-ils blanc alors qu’ils font noirs ? D’où nous vient cette propension à la schizophrénie qui fait que se côtoient dans un même corps celui qui agit et celui qui pense ?

Pour cette raison que nous décrivons sans pouvoir la nommer – peut-être cette pulsion de mort si chère à Freud ?- nous commémorons les fins atroces de 30 millions de destins tout en mettant en place au quotidien les conditions qui nous amèneront encore à nous massacrer mutuellement. Dans 20 ans. Peut-être 50, comment savoir ? Ce dont nous sommes sûrs, c’est que “les mêmes causes produisent les mêmes effets” ainsi que l’avait affirmé Lavoisier qui certes perdit sa tête sans toutefois perdre sa raison.

 

Le 20ème siècle : un tableau plutôt sombre

Les causes du conflit, Acte 1

La Der’ des Der’ fut la dernière guerre qu’un monarque provoqua avec son ambition pour seule ambition. Mais si le Kaiser engagea ses sujets dans un conflit de domination, la France républicaine avait quant à elle des velléités plus revanchardes. Depuis l’avènement de la 3ème République et l’école obligatoire, les hussards noirs éduquaient la jeunesse française dans le souvenir du paradis alsacien perdu et la haine du boche. Quand la guerre éclata en 1914, nos soldats, vêtus par un grand couturier, partirent affronter les teutons avec un désintérêt pour les enjeux mais une certaine envie d’en découdre qui résultait, pour partie, des souvenirs transmis par les anciens et, d’autre part, de leur instruction républicaine. Les jeux d’alliance firent le reste et le monde s’embrasa.

Les conséquences du conflit, Acte 1

La guerre s’acheva dans les pires conditions. Le chef d’état major allemand (von Hindenburg), contraint à la reddition par le pouvoir qui fonda la République de Weimar, expliquera la défaite par la théorie du “coup de poignard dans le dos”, reprise plus tard par A. Hitler. Parallèlement, le Traité de Versailles, qui porte la Société Des Nations sur les fonds baptismaux, humilie l’Allemagne, l’obligeant à payer des réparations colossales. Enfin, la France victorieuse se paie en nature (en charbon) en occupant la Ruhr, impactant la vie quotidienne de millions de gens en les privant de leur source d’énergie (chauffage, électricité) et de leur travail. Cela aboutira au meurtre d’un officier de l’armée d’occupation par un allemand. Par la suite, les maltraitances et actes d’humiliation des soldats français se multiplièrent. Pendant les 20 années de l’entre-deux-guerre, les français fournirent aux allemands d’innombrables raisons de se venger à leur tour.

Du côté de l’économie, Acte 1

En 1929, le krach boursier ruine les épargnants. Les ouvriers du monde entier sont affectés par la crise. Chômage de masse, extrême pauvreté, hyper-inflation sont le quotidien de dizaines de millions de personnes aux Etats-Unis et en Europe. Au coeur de l’Europe, l’Allemagne est déchirée par les conflits qui opposent les socialistes au pouvoir, le communisme qui, sorti de Russie, a pour ambition de s’étendre partout dans le monde (comme l’avait fait la Révolution française 120 ans auparavant) et ce qui deviendra le parti Nazi.

Les causes du conflit, Acte 2.

Parvenu au pouvoir en 1933, Hitler contreviendra aux dispositions du Traité de Versailles en réarmant l’Allemagne puis commencera à revendiquer les bouts d’empire perdus, toujours germanophones. Dans une ultime démonstration de force il soutiendra Franco en Espagne puis passera aux actes. Annexion de l’Autriche, de la République Tchèque, invasion de la Pologne pour récupérer Dantzig. Les jeux d’alliance firent le reste et le monde s’embrasa.

Les conséquences du conflit, Acte 2

La guerre s’achève dans de très mauvaises conditions. L’Europe est dépecée, pour moitié au profit de l’URSS qui fait s’abattre sur le continent un Rideau de Fer. L’autre moitié échoie aux Etats-Unis, l’autre grand vainqueur, qui se paie de son intervention en s’accaparant une grande partie des réserves d’or européennes. Le Plan Marshall permettra de reconstruire la partie occidentale du continent et l’Europe sera portée sur les fonds baptismaux par un tandem franco-allemand, jurant encore une fois “plus jamais ça”. Le continent devient le principal théâtre de la guerre froide qui oppose l’URSS aux Etats-Unis. Des alliances sont à nouveau formées : Pacte de Varsovie à l’Est, OTAN à l’Ouest. La rivalité entre les 2 blocs s’exprimera sur toute la planète au travers de différents conflits (Viet-Nam, Corée), mais notoirement au Moyen-Orient autour de 2 questions. La première, symbolique, est l’existence même d’Israël, soutenu par les Etats-Unis, alors que ses ennemis jurés, qui l’entourent, sont armés par l’URSS et l’Iran. La seconde, stratégique, est celle des hydrocarbures, dont les prix ont explosés (le choc pétrolier), mettant en évidence la dépendance des économies occidentales à cette ressource.

Du côté de l’économie, Acte 2

La guerre froide prend la forme d’une course aux armements stratégiques (nucléaires). Les Etats-Unis l’emportent par KO économique et le bloc de l’Est s’effondre en 1989. Gorbatchev enterre l’URSS, les anciennes RSS reprennent leur liberté et Eltsine s’installe au Kremlin, accompagné d’un jeune talent qu’il a déniché au KGB : Vladimir Poutine.

Les Etats-Unis sont endettés à hauteur de plusieurs milliers de milliards de dollars (16.000 milliards). Une partie de cette dette est détenue par la Chine dont la monnaie n’est pas convertible. Les pays développés connaissent une croissance en berne depuis le choc pétrolier et la richesse est concentrée entre quelques mains. D’autres pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie, émergent.

 

Acte 3, le 21ème siècle : pas d’éclaircie en vue

Destination des délocalisations

Le monde occidental, sorti victorieux de cet affrontement bipolaire, joue à fond son avantage sur le terrain économique et promeut des théories extrêmement libérales qui vont favoriser la mondialisation des échanges. La délocalisation des activités productives vers les pays à bas coûts, en Europe, mais également en Asie (Inde, Chine, Bangladesh), couplées aux énormes gains de productivité obtenus par la robotisation, provoquent dans les pays industrialisés un chômage de masse, une extrême pauvreté et une stagnation économique. L’état-providence occidental, déjà affecté par les chocs pétroliers des années 1970, se retrouve quasiment en cessation de paiement. Les relations entre les pays du Moyen-Orient et l’Occident se radicalisent autour du soutien à Israël et du pétrole (doctrine américaine de protection des approvisionnements). Après 2 interventions armées en Iraq, les pays occidentaux doivent à présent faire face à une menace terroriste protéiforme qui les amène à réduire les libertés fondamentales sur leurs territoires respectifs en accroissant les moyens de surveillance de leurs propres populations.

L’empire russe selon Poutine

A l’heure actuelle, l’Europe n’est pas parvenue à s’imposer comme un acteur politique et échoue à s’insérer de façon convaincante dans ce nouveau monde multipolaire. Elle continue de dépendre militairement des Etats-Unis. Poutine, qui est devenu président de Russie suite à des irrégularités électorales, souhaite, à l’image d’un Hitler avant lui, faire renaître la puissance impériale mais débarrassée des soviets. Il fonde sa puissance sur l’exploitation des hydrocarbures et cherchent à limiter l’expansion de l’OTAN qui prend pied dans les anciennes RSS. A diverses occasions il intervient militairement dans le Caucase (Tchétchénie, Géorgie) et à présent en Ukraine. Allié objectif de la Chine au Conseil de Sécurité de l’ONU, il soutient le régime syrien contre sa population et contre l’avis des pays occidentaux qu’il sanctionne ainsi pour leur intervention en Lybie. En Asie, les relations se tendent entre la Russie et le Japon, mais également entre la Chine et le Japon.

Porte-avion chinois

Comme Hitler dans les années 1930, le Japon, pourtant surendetté à 250%, reconstruit sa force militaire afin de se préparer à tout conflit qui pourrait survenir avec la Russie, la Chine ou la Corée. De son côté, la Chine, puissance nucléaire, qui dispose d’incroyables réserves de liquidités, investit des sommes colossales afin de mettre sur pied des forces de projection : bombardiers furtifs et porte-avions principalement. La Corée du Nord quant à elle travaille à la finalisation de son programme nucléaire et produit déjà des missiles balistiques avec l’ambition d’atteindre un jour le territoire américain. L’Iran, aidée en sous-main par la Russie, finalise également son programme nucléaire et menace d’annihiler Israël. Elle arme des milices djihadistes positionnées au Liban et en Syrie, radicalisant les réactions d’Israël aux différentes agressions qu’il subit.

Le krach boursier de 2008 ne serait peut-être qu’une secousse annonçant le “Big One”. Si l’économie réelle continue de produire des richesses, celles-ci sont captées par un nombre très restreint de personnes (quelques centaines) et alimentent les bulles financières qui sont les principaux moteurs de la croissance (comme en 1929). Le marasme engendré pour des centaines de millions de personnes favorise l’émergence de partis extrémistes, notamment en Europe qui voit reparaître des formations d’obédience fascistes. En Autriche, en Hongrie, en Suède, en Belgique, aux Pays-Bas, en France, en Italie, en Espagne, en Grèce, ou encore en Norvège, ces partis fascisant (ils proposent des politiques basées sur la nationalité des bénéficiaires, donc sur la priorité à accorder aux nationaux avant les étrangers) arrivent au pouvoir aux dépens des partis traditionnels de gouvernement dont la légitimité est discutée du fait de leur incapacité à apporter des réponses satisfaisantes aux besoins de leurs populations respectives.

 

Acte 3 alternatif ou “Quelle direction suivre ?”

L’éternel problème est celui de la répartition équitable des richesses. Ce mal trop humain qui consiste, pour une minorité, à s’accaparer l’essentiel de la richesse produite attente à la dignité des plus nombreux et provoque des crises qui engendrent des passions. Ces passions trouvent un écho dans les systèmes politiques et les entrepreneurs politiques y répondent de façons variables, parfois par le progrès, sinon par l’exclusion de minorités qui endossent le rôle de boucs émissaires.

C’est ce qui se passe actuellement en Europe où le FN, pour la France, est crédité de 25% des intentions de vote aux élections européennes de 2014 (le programme européen du FN). Il s’agira de la première force politique du pays, devant l’UMP (24%) et le PS (21%).

Le FN a par ailleurs signé une plateforme commune avec d’autres formations d’extrêmes droites européennes qui porte le doux nom de YEAH.

Il est urgent de porter au pouvoir des formations qui ont une ambition pour notre pays mais également pour l’Europe, ce qui n’est pas le cas du F-haine qui considère que l’Europe a échoué. Sa plateforme européenne est une union de circonstance visant à la démanteler.

Cette formation que nous devons élire doit également proposer des solutions nouvelles, pas la répétition de recettes qui échouent depuis 40 ans. Personnellement, je recommande “Nouvelle Donne”, mais chacun est libre bien entendu.

Il est donc primordial d’œuvrer à l’établissement d’un nouveau contrat social, basé sur une plus juste répartition des richesses et qui n’entrave pas l’initiative individuelle et l’esprit d’entreprise. Ce nouveau contrat social garantira à l’état des rentrées fiscales que le modèle actuelle fait disparaître en supprimant des emplois, soit par l’optimisation (gains de productivité) soit par les délocalisations. Ces richesses doperont la demande et relanceront l’activité non seulement en France mais également en Europe puisque la moitié des échanges sont intra-zone euro. Cela plaide pour une Europe plus forte et plus intégrée, peut-être constituée d’un noyau dur souhaitant aller plus loin dans la mise en place d’un système fédéral avec une vraie gouvernance et des vrais moyens.

On constate également, sur le plan géopolitique, que des états, que l’on pourrait qualifier de voyous ou de dictatures, profitent de l’affaiblissement occidental pour entrer dans une “logique de puissance” qui ne peut avoir que des issues néfastes. Le pouvoir économique trouve un autre point d’équilibre, ce qui a pour conséquence une escalade des dépenses en moyens militaires. Dans le tableau ci-dessous, on peut lire que les 12 premiers pays importateurs d’armes ont cumulé plus de 100 milliards de dollars de dépenses en armements entre 2000 et 2010, alors qu’il suffirait d’une petite fraction du même montant pour lutter contre la faim dans le monde. Ce monde marche sur la tête !

Dépenses militaires dans le monde

On peut observer sur cette carte les relations entre vendeurs et acheteurs. En cas d’embrasement, on voit immédiatement dans quelle sens se feraient les coalitions. Certaines crises se font déjà jour, notamment du côté de la mer de Chine et du Moyen-Orient.

Tous les ingrédients sont en train d’être mis en place pour un embrasement mondial : prise du pouvoir par des partis extrêmes et fascisant, concentration du pouvoir et des richesses entre quelques centaines ou milliers d’individus, tensions territoriales entre états pour les ressources (pétrole, eau, nourriture), logiques de puissances appuyées reposant sur des arsenaux démesurés et nucléarisés. Il ne manque plus qu’un krach financier et quelques années d’extrême pauvreté pour chauffer à blancs les esprits et damner les âmes.

 

Wake up.

Lovegiver.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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[…] Il est des moments où les événements que l’on observe nous poussent à chercher de bonnes raisons de nous réjouir. Dans cet exercice, j’ai échoué. Peut-être que je déprime… Aussi ai-je décidé de vous faire part du tableau noir de mes pensées à… #crise #politiqueinternationale  […]

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L'Hiver vient.

Qu'avons-nous appris des précédentes crises mondiales qui ont plongé le monde dans l'horreur ? Manifestement, rien.
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