Liberté. Équité. Fraternité. Temps de parole limité.

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Liberté. Équité. Fraternité. Temps de parole limité.

liberte de parole

liberté paroleQuand l’égalité s’efface au profit de l’équité

Certaines dispositions sensibles, voire limites, peuvent, dans un contexte spécifique, paraître justifiées ou acceptables.

L’état d’urgence, activé par la France depuis 6 semaines, est de celles-là. Pour les besoins de l’enquête, pour améliorer l’efficacité de la police et des forces de sécurité, l’état de droit a été mis en veille pour quelques temps. Nombreux sont les français qui acceptent cette situation au regard de l’urgence et de l’ampleur du drame.

Ils étaient déjà nombreux, début 2015, à penser que la loi dite “Loi Renseignement“, qui légalise l’écoute généralisée des français et de toutes leurs communications, était justifiée par les crimes commis à l’encontre de Charlie Hebdo. Cette loi n’a pas empêché les attentats du vendredi 13.

En revanche, la décision, à l’occasion de la COP21, d’interdire toute manifestation en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, voire l’assignation à résidence de certains activistes “verts”, a dévoilé une propension du gouvernement à vouloir faire taire toute contestation. Nous savions que ces méthodes avaient cours au sein du Parti Socialiste contre les frondeurs, mais elles valent à présent pour la population dans son ensemble dès qu’un “trouble à l’ordre public” est constaté.

Propension que confirme une nouvelle loi “organique” en préparation, loi qui devrait, si elle est votée, remplacer le principe d’égalité par un principe d’équité en matière de temps de parole pour les prochaines élections présidentielles.

Ce texte, s’il est voté, fera du CSA le censeur de la République, laissant à cette institution le soin de décider qui peut s’exprimer dans les médias et pendant combien de temps.

Le “combien de temps” serait lié à la représentativité des candidats, représentativité appréciée en fonction des résultats qu’ils ont obtenus aux élections les plus récentes, en fonction des sondages ou encore de leur contribution «à l’animation du débat électoral» (Le Figaro). d’égalité

Les petits partis seront évidemment les premières victimes de cette décision, preuve, s’il en fallait une, qu’en matière d’idées et de propositions ceux-là sont bien plus dangereux que leurs représentativités respectives pourraient laisser croire. Ceux-ci seront désormais dépendants, s’ils souhaitent exprimer leurs opinions, d’une éventuelle alliance avec l’un des 3 “grands”partis.

Une telle décision, si le gouvernement menait à terme ce projet, validerait le principe du tripartisme en France au dépens du bol d’air démocratique et républicain que laissait espérer l’émergence des formations citoyennes, à l’instar de l’Espagne.

Par ailleurs une telle mesure favoriserait de facto l’expression du Front National et de l’UMP au dépens du Parti Socialiste au vu des résultats des derniers scrutins européen, municipal, départemental et enfin régional. Mais François Hollande et Manuel Valls pensent certainement que, sur le plan des idées, le Parti Socialiste n’a rien à craindre de ses 2 principaux concurrents. Peut-être justement parce qu’ils tentent des rapprochements avec le centre droit de François Bayrou ou de Jean-Pierre Raffarin ?

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Une lente mais certaine dérive autoritaire

Si nous prenons un peu de recul, nous constatons que cette tendance à limiter les libertés publiques et la démocratie réelle n’est pas qu’un cas franco-français. A mesure que la grogne populaire monte et que les extrêmes s’implantent dans de nombreux pays, certains, dont la liberté est supposément l’un des piliers, franchissent le pas du tout sécuritaire. Les États-Unis ont certes montré la voie en 2001, mais, beaucoup plus près de nous, l’Espagne a fait voter et mis en application une loi interdisant toute manifestation dans le pays. Cette loi, dite “Loi Bâillon“, est arrivée opportunément pour entraver autant que faire se peut la marche vers le pouvoir de Podemos.

En Hongrie, Viktor Orban a mis en place un système autoritaire, et la Pologne de Kaczynski emprunte le même itinéraire. Que fait l’Europe ?

L’Europe est sur le point d’interdire purement et simplement l’accès à l’internet aux jeunes de moins de 16 ans sans accord parental. Cette mesure, initialement prise dans le cadre de la protection des mineurs et de leurs données personnelles face aux géants du web, empêchera l’accès à toute information “libre” par les jeunes à une période de leur vie où se construit l’identité politique.

On a vu également au cours de l’été comment la très démocratique Europe considérait les scrutins nationaux (referendum grec en l’occurrence) ou encore comment, en 2014, elle rejetait, au mépris du droit européen, une action citoyenne contre le TAFTA ayant recueilli plus de 1 millions de signatures (le TISA est actuellement en cours de négociation).

Doit-on voir dans ces évolutions de notre contexte politique une dérive autoritaire du libéralisme ?

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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