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De la loi de l’offre et de la demande à la partouze systémique

loi offre demande

L a loi de l’offre et de la demande semble être l’une des clés de voûte de notre monde marchand. Elle s’impose à nous comme quelque chose de naturelle qui ne peut être remis en cause.

loi de l'offre et de la demande

Principe de la loi de l’offre et de la demande : le prix d’équilibre résulte de la rencontre d’une offre et d’une demande.

Elle s’impose à tel point que la moindre explication qui est avancée y fait immédiatement référence, et ce quelle que soit les unités de compte dont il s’agit. Qu’on parle de la diminution du prix du pétrole ou de l’augmentation du stock de chômeurs, tout est toujours question d’offre et de demande, comme si cet argument pouvait couper court à toute discussion, tout expliquer, tout justifier.

Mais est-ce vraiment le cas ?

Si le monde était divisé en 2 groupes : les costauds et les faibles. Si ces 2 groupes n’interagissaient que violemment. Si cette violence tournait le plus souvent à l’avantages des costauds. Pourrions-nous de ces conditions observées conclure que la violence est la façon la plus naturelle d’interagir et que l’équilibre de ces rapports de violence s’établit à 1 costaud pour 15 faibles ?

Ne faudrait-il pas plutôt proposer un autre modèle de société basé sur d’autre rapport entre les individus ?

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Les valeurs véhiculées par la loi de l’offre et de la demande

S i la “loi de l’offre et de la demande” nous semble aller de soi, c’est parce qu’elle est, en quelque sorte, consubstantielle à un certain nombre de valeurs dans lesquelles nous baignons depuis le XVIIIème siècle, siècle des Lumières et des révolutions américaine et française.

La loi de l’offre et de la demande n’est pas qu’une théorie fumeuse de la discipline économique. Elle modélise sur le plan économique des comportements que chaque individu revendique au nom de la liberté. Les individus sont en effet libres de prendre les décisions qu’ils jugent bonnes les concernant : liberté de faire ou de ne pas faire, liberté de penser, liberté de croire ou de ne pas croire.

Liberté aussi d’entreprendre, pour satisfaire à ses aspirations, améliorer sa vie ; liberté de se déplacer ; liberté de contracter et de s’associer. Toutes ces libertés acquises trouvent une traduction dans une économie, c’est à dire un système d’échanges dans lequel chacun à quelque chose à offrir ou à demander, à vendre ou à acheter. Ces échanges se passent au cœur de ce que la science économique a décider de nommer le marché, preuve de son originalité.

Il n’est par conséquent pas étonnant que les tenants de cette école de pensée soient connus comme les “libéraux“, un terme qui avait du sens après plus d’un millénaire de despotisme royal en France.

La science économique pose de nombreuses conditions préalables au fonctionnement idéal de la loi de l’offre et de la demande : les acteurs disposent d’une information parfaite, ils ne sont pas en positions de force les uns par rapport aux autres (pas de monopoles ou d’oligopoles), etc.

Ces conditions n’existent pas en réalité. Il a été possible, dans certains cas, d’agir sur ces conditions par la loi. Par exemple, le délit d’initié est une faute parce qu’il contrevient à l’une des conditions préalables à un bon fonctionnement du marché : celui d’une information parfaite pour tous. Or dans le cas d’un délit d’initié, on sanctionne justement le fait que des individus, mieux informés, aient pu empêcher un fonctionnement efficient du marché du fait des informations qu’ils étaient seuls à détenir.

D’autres lois ont, au contraire, exercé des pressions sur le marché. Le principe d’un salaire minimum dans de nombreux pays est une contrainte puisqu’il empêche le marché de fixer lui-même le coût du travail, travail qui est considéré comme une marchandise comme les autres.

Une chose importante est que la loi de l’offre et de la demande ne gère pas les conséquences des décisions qui sont prises en son nom. Par exemple, en matière d’emploi, la loi de l’offre et de la demande nous dit que, étant donné qu’il y a trop de travailleurs disponibles au regard des places proposées par les entreprises, le salaire (le prix de la “marchandise travail”) va tendre à la baisse et que c’est ce coût moindre qui permettra de maximiser le nombre d’embauches. Mais elle ne dit pas ce qu’il faut faire des chômeurs qui restent ou des emplois disponibles qui n’ont pas trouvé preneurs.

Il ne s’agit donc pas d’un modèle de société, mais de la simple formalisation de comportements fondés sur un contexte politique, légal, ou encore culturel. Cette formalisation intègre les contraintes du contexte qu’elle permet de mesurer afin de rendre compte au mieux de la réalité observée. Elle peut également permettre de faire des prévisions en projetant le comportement connu du modèle dans le temps. Mais en aucun cas elle ne précède le monde réel.

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[incor name=”voulons”]L’offre et la demande sont ce que nous voulons[/incor]

L’offre et la demande sont un prétexte facile

D epuis les années 80, les forces “néo-libérales” sont de nouveau à la manœuvre. Comme tout le monde, celles-ci ont été touchées par la crise pétrolière survenue moins d’une décennie auparavant. Le surenchérissement du coût du pétrole (de l’énergie globalement) touchait au portefeuille l’ensemble des acteurs économiques : entreprises, ménages, états.

loi offre demandeLe Tiers-Monde se rebellait en effet et initiait un mouvement de rééquilibrage du pouvoir dans le monde en augmentant de façon unilatérale le prix du baril de pétrole. La loi de l’offre et de la demande qui était déjà à l’œuvre auparavant (abondantes réserves de pétrole, donc prix bas) restait d’actualité mais prenait en compte un nouveau paramètre : la situation oligopolistique des producteurs de pétrole, tous réunis au sein de l’OPEP, et leur décision de capter une partie des richesses produites par l’occident et rétablir ainsi un plus équitable partage des celles-ci. Pas de main invisible donc, mais celle, identifiée, de l’OPEP.

Pour pallier à cette perte de compétitivité de nos entreprises, il devenait nécessaire de laisser les mains-libres à celles-ci, en cherchant autant que faire se peut à les libérer de toutes les entraves qui freinaient le business. Cette loi Macron avant l’heure, connue  comme la “dérégulation“, ou “déréglementation“, s’incarnait dans deux figures de proue du monde occidental : Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Chacun de leur côté, ceux-ci ont mis un point d’honneur à faire reculer l’état-providence et ses règles, ce qui revenait à un bond dans le passé, à une annulation des gains résultant de longues luttes sociales : protection sociale indexée sur le travail, droit du travail, salaire minimum, retraite. Toutes ces victoires, ces avancées sociales qui avaient émaillé l’histoire de l’industrialisation, étaient – et sont encore – condamnées à disparaître ou à être réduites à leur portion congrue. Signe que le travail a changé de camp.

L’ère de la désindustrialisation , qui a commencé avec cette décision, s’accompagne depuis plus de 30 ans du démantèlement progressif de l’état social. Au renchérissement des matières premières, à l’effet “cliquet” du salaire minimum et de la protection de l’emploi, il fallait trouver une solution qui ne soit en aucun cas la diminution des profits des actionnaires.

C’était donc le combat d’une volonté contre une autre. Celle des peuples contre celle des actionnaires avec, pour pomme de discorde, le partage équitable de la valeur ajoutée créée même quand la situation économique est tendue, surtout quand elle est tendue. La crise est, entre autre, une crise de la demande faute de revenus suffisants. En toile de fond se dessine un scénario à la Zola : une pauvreté galopante, des personnages sans espoirs, des soldats qui tirent sur les manifestants.

Le choix qui a été fait en réponse à cette baisse de compétitivité, c’est le maintien des dividendes contre une diminution globale des salaires . Ce choix est un choix de non-partage comme conséquence directe de la concurrence des pays à faible coût du travail. Le travail est devenue une marchandise réductible à son coût, une marchandise comme les autres, alors qu’il est bien plus que cela comme le constatent, chaque jour, les 1.000 individus supplémentaires qui perdent leur emploi. La loi de l’offre et de la demande, dont le déséquilibre se nourrit dans ce cas de dumping social, n’est pas responsable de la crise. Elle est le prétexte avancé pour nous annoncer que ce gap de compétitivité ne serait comblé que par une pression sur les salaires mais jamais sur les profits. On parle de compétitivité, jamais de profitabilité.

Ce discours est un discours promu essentiellement par les lobbies patronaux avec l’étonnante complaisance de nos représentants élus qui ne proposent rien, aucun projet, aucune vision, mais se soumettent docilement à divers moyens de pression dont la dette ou encore les agences de notation sont de parfaites incarnations. On se rappellera comment la crise de 2008 avait permis de mettre en évidence que l’imparfaite objectivité des agences de notation était le fruit des liens incestueux que celles-ci entretenaient avec le pouvoir économique des banques (et pouvoir politique puisque, depuis 1913, les banques privées siègent au conseil d’administration de la FED), et que ce sont ces mêmes agences de notation qui, en dégradant la note de la Grèce, avaient provoqué l’explosion de son taux d’endettement et le début de la crise actuelle.

En réalité, si les libéraux eux-mêmes nous parlent sans arrêt de la loi de l’offre et de la demande, c’est pour mieux détourner notre attention du véritable problème : celui du partage de la richesse.

Point d’économie, juste une question d’éthique.

Evolution Salaires versus PIBPour éviter d’initier ce débat dont les chiffres sont connus et sans appel, les libéraux positionnent systématiquement le discours sur la dimension morale et la culpabilité. C’est parce que les populations s’accrochent becs et ongles à leurs “avantages acquis” (les acquis sociaux) que le pays s’enfonce. La “prime de charbon” des cheminots est ainsi montrée du doigt pour symboliser le côté désuet et injustifié de ces avantages qui ruinent l’état et, par conséquent, les “patrons pigeons” dont on arase l’esprit d’entreprise en les prélevant lourdement pour payer des fainéants qui profitent du système quand eux souhaitent s’en défaire pour profiter seuls de ses fruits.

C’est la question du contrat social qui est, encore une fois, posée. Et elle devrait l’être à chaque fois que des changements majeurs bouleversent nos vies et l’équilibre des forces, sans quoi la violence prendra le pas.

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[incor name=”Jungle”]Loi de l’offre et de la demande = Loi de la jungle[/incor]

Loi de l’offre et de la demande à géométrie variable

A u sein de ces sociétés où la justice sociale est mise à mal, la loi de l’offre et de la demande devient une valeur cardinale à l’aune de laquelle est jaugée la capacité de chacun à s’en sortir quand l’état, en recul, ne joue plus autant qu’avant son rôle protecteur pour les individus.

Or quand la loi de l’offre et de la demande est évoquée là où devrait être en vigueur le Contrat Social, c’est la “loi de la jungle” que l’on invoque. Seuls les plus aptes pourront disputer la seconde manche. Les faibles, les débiles, les inadaptés, les peu-diplômés seront les premières victimes de cette lutte du tous contre tous pour l’emploi et les revenus qui vont avec.

Dans ce cas, la loi de l’offre et de la demande c’est celle qui fait disparaître du marché les acteurs économiques inadaptés, les laissant à la charge de l’état et des œuvres caritatives. C’est elle qui valide la stratégie, le projet d’un individu comme d’une entreprise.

Or, et c’est un étonnement, cette loi de l’offre et de la demande qui s’applique sans distinction au prix de vente d’une babiole futile ou de “la force de travail”, n’a plus cours quand un acteur qui fait la pluie et le beau temps sur le marché est en difficulté . Quand une banque se retrouve ruinée, à terre, à l’agonie, la loi de la jungle voudrait qu’elle meure et que ses gènes, qui portent en eux l’inadaptation, disparaissent avec elle. Quand le marché pourrait dans un tel cas jouer son rôle de nettoyeur, de charognard, l’état intervient et les sauve avec l’argent publique comme il le fait avec les chômeurs, sauf que ces derniers ne sont pas responsables de ce qui leur arrive.

La stratégie d’endettement pour spéculer sur les marchés financiers était une stratégie perdante, comme la Chine est en train de le démontrer une fois de plus (plus de 3.000 Mds d’euros de capitalisation partis en fumée depuis début juillet). Pourtant nous sauvons ces acteurs économiques manifestement inadaptés, aux stratégies perdantes, nous les soignons puis les relâchons dans la nature. Est-ce parce que l’on s’attend à ce que ces individus retiennent la leçon d’une mort de justesse évitée ?

A l’heure où la BCE, via le Quantitative Easing, donne 60 Mds d’euros par mois aux banques qui en profitent pour spéculer, l’on est en droit d’en douter comme de craindre l’explosion de cette bombe à retardement sous nos latitudes. Mais que se passera-t-il alors ?

Sauverons-nous, une fois encore à grandes pelletés d’argent publique, ces organismes inadaptés qui dilapident nos dépôts, nos économies, et nous endettent en même temps sur plusieurs générations ? Ils saccagent notre écosystème en se prévalant de leur caractère systémique, ne considèrent que leurs intérêts quand la survie de l’ensemble est en jeu.

Tant que je gagne je joue

disait Coluche. Mais il y a un hic : les banques ne gagnent pas sans prendre de risques qui, finalement, nous engagent tous. Leur hubris leur est, comme toujours, fatal. Quand elles gagnent, c’est pour elles, pour leurs actionnaires. Quand elles perdent, c’est pour le contribuable auquel ce nom va comme un gant. Contribuable, ou plutôt “principal contributeur”, voilà la réalité du terrain.

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[incor name=”grec”]L’exemple grec[/incor]

L’exemple grec

N os “élites”, ne nous méprenons pas, l’ont bien compris qui, en Grèce, n’agissent que pour sauver les banques . Les sauver de quoi ? De la loi de l’offre et de la demande, de la loi de la jungle qui voudrait, si on la laissait faire, qu’on laisse crever ces banques qui, profitant du rôle délétère des agences de notation et des décotes successives des titres sur la dette grecque, se sont gavées à s’en rendre malades, à s’en écœurer et à s’étouffer dans leur vomis là où un prêté à l’état grec risquait de ne pas se traduire pas un rendu.

La Grèce aurait pu faire le choix de se mettre en cessation de paiement et de planter tout ce joli petit monde qui prélève son écot sur la dette des peuples, une dette que les agences de notation font exploser en justifiant des taux usuraires qui n’ont vocation qu’à rendre celle-ci inextinguible .

Mais l’Europe a souhaité négocier. Alors qu’a-t-elle négocié ? Très simple en vérité. Du fait de leur bonne santé économique ou de leur réputation de bons payeurs, des états comme la France et l’Allemagne peuvent emprunter sur les marchés financiers à des taux que la Grèce ne reverra pas avant 50 années au moins. Ces états ont donc emprunté des centaines de milliards d’euros à des taux très bas afin d’octroyer des prêts équivalents à la Grèce qui a pu utiliser ces sommes pour rembourser les banques privées.

Ce à quoi l’on assiste depuis plus de 5 ans que l’austérité a été mise en œuvre en Grèce avec une férocité inhumaine, c’est à la transformation d’une dette privée en dette publique, la dette des banques contre celle des états dont les populations sont mises à contribution.

Nos gouvernants se justifient en arguant que ce montage a permis à l’état d’empocher quelques centaines de millions d’euros directement prélevés sur le budget grec qui, grâce à l’austérité, produit quelques excédents primaires. Mais cet argent à l’odeur de la souffrance d’un peuple que nous affirmons aider à grands coups de pied au cul.

Les marchés financiers, eux, ne sont pas dupes. Si les montants engagés restent peu ou prou les mêmes, les réputations respectives des emprunteurs diffèrent. Dans cette économie devenue probabiliste, l’espérance de gain augmente avec la probabilité d’être remboursé, ce que ni les grecs ni les banques ne savaient promettre.

De leur côté, les banques qui, à nouveau, ont senti le vent du boulet, mais sans en tirer encore une fois une quelconque conclusion quand à leur stratégie de survie et de développement (pas de séparation bancaire, rejetée au Parlement Européen ; spéculation sur les marchés financiers grâce à des effets de leviers, etc.) vont récupérer des liquidités qu’elles vont s’empresser d’investir dans des titres que la dernière crise a nettoyés, laissant les banques centrales et les états assumer la part “toxique” quand elles-mêmes distribuaient des dividendes records à leurs actionnaires.

Que se passe-t-il au bout du compte ? Les États-Unis ont prévenu l’Europe qu’ils n’accepteraient pas un Grexit qui pousserait dans les griffes du méchant Vlad un pays de l’UE. Quel argument ont-ils employé ?

Que l’Europe était sur le point de perdre les plus de 300 Mds d’euros de la dette grecque en étranglant son débiteur pour s’assurer qu’il la rembourse. Le remède pire que le mal.

Il semblerait que les arguments aient fait mouche. Une hypothèse de restructuration de la dette grecque semble faire son chemin dans les esprits de certains négociateurs quand Tsipras, que le NON au référendum avait à la fois renforcé tout autant qu’acculé, accepte presque sans discuter toutes les conditions jusque-là refusées.

Un coup de poker qui permettra sans doute à Tsipras et à la Grèce de tirer un trait sur plusieurs dizaines voire centaines de milliards d’euros de dette. En contrepartie de l’acceptation de conditions dont l’application sera suivie de façon dilettante par l’UE, cette dernière aura, en garantissant la dette grecque sur l’ensemble des nations européennes (500 millions de personnes ?) versus quelques banques dont les stress-tests démontrent l’impréparation en cas de nouvelle crise (après celle des subprimes nous devrions connaître celle des produits dérivés), fait les affaires de ses maîtres en leur servant sur un  plateau une nouvelle dette de plus de 300 Mds ainsi que la mise à l’abri des banques en prévision de la prochaine crise, crise qui semble avoir d’ores et déjà commencé en Asie où le gouvernement chinois échoue actuellement à enrayer le phénomène.

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O n le voit bien, rien de tout ceci n’a véritablement de rapport avec la loi de l’offre et de la demande, mais bien plutôt avec un projet républicain et démocratique en échec, battu en brèche par une oligarchie écrasante, et qui n’empêche plus la reproduction des inégalités ni celle des élites entre elles, partouzes systémiques où se mélangent les sphères financières, politiques et médiatiques.

Alors que le fonctionnement du marché aurait voulu que les banques, ruinées du fait même de leurs propres stratégies, disparaissent en laissant la place à de nouveaux acteurs plus adaptés, la décision a été prise de les sauver, nous exposant à nouveau aux dangers que leurs comportements génèrent.

Après la crise des subprimes en 2008 et l’endettement qui en découlait suite au sauvetage du secteur financier, la crise grecque était une occasion idéale pour que l’Europe agisse de façon concertée afin de résoudre globalement la crise de la dette qui touche et handicape de nombreuses économies de la zone euro. La France, menée depuis 2012 par une équipe socialiste, aurait pu jouer un rôle prépondérant, notamment face à l’Allemagne, pour imposer une mesure qui s’impose comme une évidence : tuer la dette d’un coup d’un seul plutôt que de recourir à l’austérité qui ne fait que renforcer celle-ci comme on le voit en Grèce.

Au lieu de cela, l’UE a fait le choix de renforcer le secteur financier et les grandes entreprises, et confirmé que notre unique horizon était la compétition internationale, ne travaillant pour cela que sur la compétitivité et la dévaluation interne (puisque ce n’est plus possible par la monnaie) en rabotant le coût du travail. Mais, et nous insistons, ce coût de rabot ne concerne que le travail, jamais les profits. Or il était tout a fait possible de satisfaire au fonctionnement de la loi de l’offre et de la demande auquel nous expose la concurrence internationale en agissant sur les profits plutôt que sur le coût du travail, ce qui consistait, politiquement, à faire le choix d’un autre modèle de société.

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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