Ma vie Low Cost : parce que je le vaux bien

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Ma vie Low Cost : parce que je le vaux bien

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Les français semblent se fichent comme d’une guigne de la réforme du droit du travail entreprise par le gouvernement soi-disant socialiste qui piétine depuis plus de 3 ans maintenant son attachement historique au principe même de progrès social et, au passage, les valeurs républicaines.

Nul doute que cette indifférence générale joue pour beaucoup dans la façon dont le gouvernement se comporte vis-à-vis des français. Il raconte tout et n’importe quoi et ça passe comme une lettre à la poste.

Le bon roi DagobertSerions-nous devenu un peuple fainéant ? Tels des rois Dagobert avachis devant nos téléviseurs, nous avons la culotte sur les chevilles et, semble-t-il, une furieuse envie de nous la faire mettre à l’envers. Avec Manuel Valls en “bon Saint Éloi”, avouez que ça ne fait pas triper hein ?

Au risque de nous répéter, cette réforme du code du travail est tout aussi dangereuse qu’inutile.

Inutile parce que les entreprises n’ont pas besoin d’elle pour faire de nous ce qu’elles veulent. Avec les ruptures conventionnelles et la généralisation du forfait-jour , les entreprises échappent d’ores et déjà aux heures supplémentaires et peuvent licencier sans contraintes. Cela fait bien longtemps que les CDI et les 35 heures sont derrière nous (tiens, y a Valls aussi, derrière nous, avec le pantalon sur les chevilles) mais une majorité des français semblent ne pas s’en apercevoir. Cela évoque un peu l’ambiance “Années Folles” avec le drame de la guerre qui se profile, mais tout le monde s’amuse et semble ne rien voir. Ou encore le Titanic, avec ses orchestres qui jouent et l’iceberg qui dérive.

Le réveil risque d’être brutal. S’il n’est pas possible de toucher aux 35 heures – gouvernement de gauche oblige ! – la souplesse s’obtiendra par une annualisation du temps de travail qui garantira aux entreprises l’assurance de ne pas avoir à payer d’heures supplémentaires. Un cadeau supplémentaire aux entreprises qui se fera sur le pouvoir d’achat des français. Un petit larcin de plus, comme ça, en passant.

Pourquoi dangereuse ? Parce qu’elle inverse la hiérarchie des normes . Dit comme ça, cela semble vague et lointain, mais cela signifie tout simplement que les accords privés auront bientôt plus de valeur, plus de poids, plus de légitimité qu’une loi votée par nos parlementaires, c’est à dire nos représentants. Un TAFTA national en somme.

En matière de droit du travail, il y a donc eu un virage énorme de pris, d’autant plus centrifugeur pour les passagers que nous sommes que le pilote avait menti sur l’itinéraire pour sortir de la crise. Avec la droite, au moins, c’est clair : ce sont des libéraux qui veulent favoriser les entreprises aux dépens des travailleurs. Mais que la gauche joue à ce jeu-là, c’est jeter la France dans les bras du Front National, n’en déplaise à Jean-Christophe Cambadélis qui voudrait ne pas tomber dans le piège du catastrophisme face au danger que représente le FN ! Oui, Valls a raison : ce serait un drame que le FN emporte une région, mais comment croire en la sincérité de celui qui déplore les conséquences des décisions qu’il prend ? N’a-t-il pas conscience un seul instant que les français déplorent en retour qu’il les prenne pour des demeurés ?

La réforme annoncée du code du travail, pour soi-disant motif d’illisibilité et de complexité, est une supercherie qui consiste à faire reculer l’état dans le domaine du travail au profit exclusif des partenaires sociaux, donc du privé.

Alors oui, d’accord, les partenaires sociaux incluent également les syndicats de travailleurs. Mais c’est omettre, sans en avoir l’air, le faible taux de syndicalisation des français, le peu de représentativité de ceux-là et la position de force évidente du MEDEF dans les négociations, domination qui se traduit depuis quelques années par l’acceptation par certains syndicats (notamment la CFDT) d’un chantage à l’emploi qui ferait vomir le dernier des maffieux. Ce qui se passe est une extorsion pure et simple sur laquelle la police ferme les yeux.

C’est aussi oublier un peu rapidement qu’un portefeuille ministériel n’est pas fait que pour gérer des crises. Il n’y a pas un ministère du travail parce qu’il n’y en a pas (de travail). Il y a un ministère du travail parce que, comme pour l’industrie, comme pour la santé, comme pour la défense, ce sont des domaines stratégiques sur lesquels l’état dispose de leviers destinés à renforcer l’action publique. Renoncer à ces leviers, pour un gouvernement de gauche, c’est faire siennes les critiques libérales contre l’existence même de l’état, c’est “croire à un droit sans État” comme le dit Patrice Adam dans Mediapart. Or l’état républicain, l’état de droit, s’il gouverne au nom de tous, les oligarques d’un côté, les français de base de l’autre, est quand même la traduction historique d’un NON à la domination des maîtres et que c’est pour cette raison que le pouvoir économique, le pouvoir libéral, s’est donné pour mission de l’abattre à la première occasion.

Donc là où François Hollande recule, comme François Mitterrand avant lui, il y a une force contraire qui lutte contre tout progrès social, progrès qui est l’unique vocation de l’état si l’on fait abstraction de la gestion des affaires courantes.

travail low costCette pression s’exerce dans tous les domaines, y compris celui du travail. Ne pas toucher au code du travail, ce serait, pour un gouvernement qui vise la réélection, prendre le risque de ne pas se donner toutes les chances de favoriser l’emploi. L’emploi, quoi qu’il en coûte semble être le leitmotiv de ces dernières décennies d’action publique.

Mais en quoi cette réforme du code du travail est-elle positive pour l’emploi ? En quoi le fait de faire reculer le droit du travail est-il bon pour l’emploi ? Pourquoi l’emploi devrait-il rimer avec moins de protection et plus de soumission ?

Si l’allègement du code du travail est un prérequis à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, n’est-il pas utopique de penser que ce gain de compétitivité se ferait sans détruire quoi que ce soit ??

Comment Manuel Valls peut-il affirmer sans rougir que cette réforme va améliorer les conditions des français ? Faire mieux avec moins, la belle idée que voilà ! C’est exactement le discours que l’on peut entendre dans les entreprises privées et les cabinets de conseil qui font la chasse au mauvais gras avant de procéder aux amputations et tailler dans le vif.

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Nous sommes à l’ère du travail low cost, voilà la réalité. Et le low cost n’est pas bon parce qu’il détruit de la valeur, mais pas toute la valeur : le gain réalisé par le consommateur n’impacte jamais les bénéfices des actionnaires. Le low cost n’est que la traduction sur des étiquettes des horreurs qui ont lieu dans l’arrière-boutique. C’est une stratégie marketing qui s’adresse aux faibles revenus qui sont eux-mêmes le résultat des stratégies basées sur les gains de productivité. On est bien entré dans l’ère de l’anti-fordisme. Alors que Ford promouvait une politique salariale généreuse (dont il était le premier bénéficiaire) en donnant à ses salariés le pouvoir d’achat suffisant pour qu’ils achètent les voitures qu’ils produisaient, le libéralisme triomphant fait exactement le contraire : il assèche le pouvoir d’achat des salariés et produit des biens au rabais afin de ne pas trop impacter le pouvoir d’achat. Parce que vous savez quoi : sans notre consommation, le libéralisme ne vaut rien. Et c’est à cela que l’on veut nous réduire : des consommateurs soumis à leurs employeurs et aux revenus tout juste suffisants pour faire tourner cette machine économique polluante et anthropophage dont nous sommes un comburant jusqu’au jour où nous redevenons poussières.

Les élections régionales arrivent à grands pas. Le FN peut prendre le contrôle de 2 régions et le gouvernement prépare déjà le remaniement qui interviendra immédiatement après la défaite annoncée du PS lors de ce scrutin. Il est temps de montrer à ces partis que sont les FNUMPS que nous ne souhaitons pas qu’advienne l’avenir qu’ils nous préparent et que nous souhaitons reprendre notre destin en main. Il est temps de voter citoyen pour créer la surprise et initier le changement. Et accessoirement, il est temps de voter tout court.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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