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Des millions d’américains sans emploi

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Des millions d’américains sans emploi

Franklin Delano Roosevelt

Aux États Unis,  des sénateurs démocrates et républicains proposent la mise en oeuvre urgente d’une politique que d’aucuns, en Europe, pourraient qualifier de gauche.

La croissance américaine, mode d’emploi

Augmentation du salaire minimum, ouverture des frontières aux migrants, gros efforts à déployer en matière d’éducation, voici quelques unes des propositions faites aux États Unis pour relancer la croissance et améliorer la situation de l’emploi. Ces propositions se veulent bipartisanes, c’est à dire qu’elles transcendent la frontière Démocrate(s)/Républicain(s) qui caractérise habituellement le paysage politique américain.

Le constat en filigrane est clairement que l’économie américaine est ralentie par le manque de pouvoir d’achat des ménages et que le gouvernement fédéral doit mettre en oeuvre tous les moyens possibles pour distribuer ce pouvoir d’achat.

Ce constat  n’est pas nouveau outre-Atlantique et B. Obama, dans son disours sur l’état de l’Union en janvier 2014, avait déjà souligné la toxicité de la situation :

Dans son allocution du 4 décembre 2013, et plus encore dans son discours sur l’état de l’Union du 29 janvier 2014, le président Obama a non seulement dénoncé les écarts de revenus et de richesse — qui ne cessent de s’accroître —, mais il a aussi martelé que « l’inégalité constitue le problème-clé de notre époque », et qu’elle nuit à la croissance et à l’emploi. (Le Monde Diplomatique, mars 2014)

Dans un précédent article, nous avions souligné qu’aux Etats-Unis, mêmes les chantres de l’ultra-libéralisme dont Lawrence Summers fait partie, montraient quelques signes de faiblesse dans leurs convictions, constatant que la captation de la richesse par le capital au dépens des salaires avait eu pour principale conséquence une contraction de la demande qui se traduisait, au niveau macro-économique, par une stagnation de la croissance.

Et si le capitalisme s’était lui-même pris au piège d’une « stagnation séculaire » ?

Et au niveau humain par de la misère à presque tous les étages…

Bien sûr, cette analyse ne fait pas l’unanimité parmi les libéraux américains qui lui répondent :

« Ce n’est pas l’austérité qui affaiblit la croissance, mais l’inverse : c’est la faiblesse de la croissance qui rend l’austérité nécessaire. »

Quand l’ancien ministre plaide pour le rétablissement du « cercle vertueux » de la croissance, ses critiques orthodoxes lui opposent les vertus de l’« austérité expansive », qui préparerait la relance en « assainissant » les bases de l’économie. Si le problème actuel est vraiment séculaire, avancent-ils, il requiert des solutions qui le soient également, et non des « tours de passe-passe ». Exemples de solutions structurelles évoquées : baisser l’imposition sur les entreprises ou, comme le réclament aux Etats-Unis les républicains, « libérer l’économie de l’écrasant poids de l’Etat social », présenté comme « le plus onéreux du monde ». D’autres, enfin, tel Kenneth Rogoff, professeur à Harvard, suggèrent que la faiblesse de la croissance depuis 2008 ne reflète pas une tendance séculaire, mais l’incapacité des gouvernants à gérer la dette sans nuire à la croissance. (ibid.)

Cette approche ultra-libérale n’est pas sans nous rappeler l’idéologie mise en avant par la Commission européenne, idéologie outrageusement reprise à son compte par… Manuel Valls.

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Le changement de cap qui semble se faire jour aux Etats-Unis, s’il est une bonne nouvelle pour des millions de familles plongées dans la misère, n’en demeure pas moins extrêmement préoccupant.

En effet, l’adoption de la posture qui consiste à relancer la croissance par et pour l’emploi des américains va rapidement se heurter à des réalités autrement plus douloureuses que la baisse des profits des rentiers. Car la croissance a un coût, écologique celui-ci, dont la facture est présentée sporadiquement au peuple américain à l’occasion de chaque catastrophe naturelle qui s’abat sur son territoire.

Combien de morts, combien de villes rasées faudra-t-il pour que nos dirigeants décident d’arrêter d’écouter ces libéraux qui n’ont pour seule boussole que la croissance de leurs capitaux et investissements ?

L’emploi, présenté comme une finalité, n’est en fait qu’un moyen du rêve libéral. Il n’est utile que tant que les productions ne sont pas toutes automatisables.

Bernard StieglerOr, petit à petit, comme le clame Bernard Stiegler depuis des années, l’emploi disparait, et cela pose avec insistance la question du financement de notre état social. L’emploi de nos jours – et sa contrepartie consumériste – est une condition de la croissance, de même que la croissance est une condition de l’emploi. Rentiers et travailleurs se tiennent donc mutuellement par la barbichette, mais l’automatisation et la robotisation sont les meilleurs alliés des libéraux. C’est pourquoi il devient urgent de penser le logiciel sociétal de demain, logiciel qui sera basé sur un contrat social fort différent puisque les entreprises, sans employés ou presque, devront trouver un moyen d’écouler leurs productions auprès de consommateurs privés de salaires.

Tout cela ressemble aux jeux de nos enfants qui découpent des petits bouts de papier sur lesquels ils inscrivent un montant libellé dans la monnaie nationale. Avec ces petits bouts de papiers nous pouvons alors leur acheter des dessins ou d’autres choses qu’ils bricolent. Une fois la transaction effectuée, ils nous rendent les faux-billets qu’ils ont fabriqués pour l’occasion et nous invitent à revenir dans leur boutique un peu plus tard, le temps pour eux de bricoler de nouveaux objets que nous pourrons leur acheter contre les mêmes faux-billets. Voilà l’avenir que nous promettent les libéraux : jouer au marchand et à la marchande. Mais un jour, peut-être vont-ils grandir ?

Il sera alors possible de parler du Revenu de Base Inconditionnel, cette solution ingénieuse qui permettra à chacun(e) de se libérer de la contrainte de l’emploi et de se consacrer à un travail, socialement utile, seulement si il ou elle le souhaite.


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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