Deprecated: Function create_function() is deprecated in /volume1/web/wordpress/wp-content/plugins/LayerSlider/wp/widgets.php on line 4 Monde de merde et d'incivilités, ou pourquoi j'ai mangé une salade niçoise | Au commencement était le Verbe...

Monde de merde et d’incivilités, ou pourquoi j’ai mangé une salade niçoise

Sodas
Les #fontaines à #sodas interdites en France, ce serait impossible avec le #TAFTA
02/04/2015
Jean Marie Le Pen
Marine Le Pen qui condamne son père. LOL le troll.
02/04/2015

Monde de merde et d’incivilités, ou pourquoi j’ai mangé une salade niçoise

Quand Georges Abitbol a déclaré “Monde de merde”, il avait passé une journée comme “Ça”.

Une journée comme celle que j’ai passée aujourd’hui et qui m’amène à penser parfois du mal de mes congénères. Je vous explique.

C’est au sujet des incivilités et de la méchanceté gratuite.

Ce matin, je suis allé acheter un croissant dans cette boulangerie que vous voyez sur la photo (flèche rose). Elle est située avenue Daumesnil, Paris 12ème. Je précise cela au cas où un inspecteur des impôts passerait par là.

La dame qui m’a vendu mon croissant a bien perçu mon paiement mais n’a pas enregistré la transaction. J’ai joué mon candide en lui demandant : “tiens, vous ne tapez pas mon achat sur votre caisse ?”.  Je ne sais pas à combien se monte le montant total des impôts sur ce croissant vendu 1 euro, mais sachez que cette dame a fraudé le fisc, donc nous. La prochaine fois, j’exigerai un ticket.

Incivilité fiscale

Le midi, je suis allé acheter de quoi déjeuner à la supérette Intermarché, rue Antoine-Julien Hénard, Paris 12ème encore (photo ci-dessous).

Là, 2 coups de sang m’attendaient.

Chasse au SDF et vole de fourchette

Chasse au SDF et vole de fourchette

Sur le repère n°1, vous pouvez observer une sorte de “recoin” dans lequel s’abritent chaque jour 1 ou 2 SDF, plutôt jeunes. Depuis quelques mois que je fréquente ce quartier, je les vois tous les jours. En général, ils dorment. L’hiver, quoique doux, a dû être terrible pour eux. Quand ils ne sont pas là, ils laissent derrière eux un oreiller, une couette, quelques cartons, mais cela reste très peu visible.

Ce midi, le gérant de l’Intermarché est sorti muni d’une perche avec laquelle il a extrait couette, oreiller, cartons, qu’il a ensuite jetés dans une poubelle devant l’entrée de son magasin. Pendant qu’il s’acharnait sur l’abri des SDF (ils n’étaient pas là), je suis resté à côté de lui, à le regarder faire sa sale besogne. J’avais l’air de l’énerver à l’observer. J’espère qu’il pensera à ces gens ce soir en se couchant. Quand je suis parti ce soir, l’un des SDF était “rentré chez lui” et s’était allongé à même le béton. Le gérant de la supérette n’a réglé aucun problème même s’il avait peut-être légitimement le droit de faire ce qu’il a fait.

Ensuite, comme j’avais encore un peu d’appétit, je suis entré dans la supérette (repère n°2) où j’ai acheté une salade au rayon frais. Ces salades sont vendues dans des boites en carton dans lesquelles on trouve une petite fiole de vinaigrette et une fourchette en plastique. Pendant que j’hésitais entre une niçoise et une salade au poulet, une jeune femme a ouvert une boite de salade devant moi juste pour prendre la fourchette en plastique dont elle avait, semble-t-il, besoin. Elle l’a mise dans son sac à main puis est sortie du magasin.

Pour ceux que ça intéresse de savoir quelle salade j’ai finalement choisie : j’ai opté pour la niçoise, la dernière salade au poulet n’ayant plus de fourchette c’était beaucoup moins pratique à manger.

Pour que toutes ces incivilités apparaissent, il doit y avoir un robinet quelque part ??

Je sais bien que tout cela n’a pas beaucoup d’intérêt et je vous demande pardon de vous faire perdre votre temps, mais ces actes, quoique isolés, se multiplient tous les jours sous nos yeux. Dans le RER, dans le métro, comme des centaines de milliers de personnes chaque jour, je suis bousculé 100 fois par jour par des gens plus pressés que moi qui poussent, qui râlent, qui agressent physiquement ou verbalement, ne respectent aucune règle de vivre-ensemble.

Dans ce monde de plus en plus individualiste, le “Çafreudien occupe un espace de plus en plus démesuré (c’est l’hubris, la toute-puissance). En voulant affirmer “son droit” légitime à pouvoir faire telle ou telle chose, même pas légale, chacun dénie à l’autre la liberté qu’il s’arroge. Plus personne n’accepte que sa liberté soit réduite du fait même de l’existence de l’autre ou simplement d’une règle. Les gens n’acceptent plus aucune contrainte, aucune limite.

Ces incivilités que je dénonce aujourd’hui (parmi lesquelles vol, fraude fiscale) sont, finalement, de même nature que les rapports économiques dans lesquels nous évoluons chaque jour. Untel qui “optimise fiscalement”, cet autre qui licencie un “ancien” pour embaucher à sa place un jeune en emploi aidé, ne sont que l’application à grande échelle et “légale” de ce que d’aucuns appellent la liberté d’entreprendre, la volonté de réussir, etc. C’est le libéralisme. Parce que dans “libéralisme” on entend “liberté”, alors peu importent les conséquences de nos actes puisque nous avons le droit de les faire. Mieux : c’est une règle de vie qu’on nous enseigne dès le plus jeune âge et dans les écoles : laissez votre “Ça” prendre le dessus, nos rapports s’auto-réguleront. Dans n’importe quel bouquin d’économie (je sais de quoi je parle, j’étais en fac d’éco) les premiers chapitres sont consacrés à la théorie d’Adam Smith et de sa “Main invisible”, sensée optimiser le “marché” en mettant en avant les intérêts personnels de ses acteurs. Mais chacun oublie que cette même théorie explique qu’il s’agit d’un jeu à somme nulle et que ce que certains gagnent, d’autres le perdent. Même A. Smith, qui a écrit cette théorie, en avait compris les limites, rappelant qu’un modèle mathématique ne pouvait pas décrire parfaitement la réalité. Ricardo, qui l’avait oublié, s’est planté, mais on applique aujourd’hui ses théories. Certains y gagnent…

Je crains que nous ayons tous trop bien retenu notre leçon pour que ce monde reste vivable. Pas étonnant que certains cherchent du sens ailleurs, parfois dans une radicalité extrême qui va jusqu’au bout d’une logique qui dénie purement et simplement à l’Autre le droit d’exister.

Le “Ça” nous fait croire qu’il est pulsion de vie parce qu’il véhicule l’idée selon laquelle tout est possible si l’on en a seulement envie, alors qu’il n’est que pulsion de mort parce qu’il voudra balayer tous les obstacles sur son passage. Et c’est cette société qu’on nous donne en modèle, une société basée sur les égoïsmes et la logique d’accumulation (si on venait à manquer) où ceux qui s’en sortent le mieux sont révérés comme des grands capitaines d’industries alors qu’ils ont souvent semé violences et souffrances tout au long de leurs parcours individuels.

Je sais que d’aucuns penseront que je fais bien des histoires pour quelques cents, une fourchette en plastique et 2 SDF, et que les conclusions que j’en tire sur notre mode de vie actuel, la société libérale et la réussite matérielle sont des extrapolations tirées par les cheveux et dégoulinantes de pathos.

Moi, je suis intimement convaincu que tout est lié. Si vous êtes comme moi, je vous embrasse affectueusement et je sais dans un coin de ma tête que tout reste possible parce que je ne suis pas seul.

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Monde de merde et d'incivilités, ou pourquoi j'ai mangé une salade niçoise

Ce midi j'ai mangé une salade niçoise parce que nous vivons dans un monde de merde. Encore un peu et les incivilités me coupaient l'appétit.
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