Nouvelle Donne : penser nos statuts comme une Constitution

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Nouvelle Donne : penser nos statuts comme une Constitution

Il vient un instant dans l’histoire des sociétés où tous les cris individuels, catégoriels, communautaires et corporatistes n’en forment plus qu’un, puissant et inextinguible. Cet instant approche, il marque le croisement rare d’un moment et d’un mouvement, ce moment précis où le jour se lève.
lire la suite de l’article sur le site des Echos (très bel article de Xavier Alberti)

Meeting Nouvelle Donne pour les européennes, 18 mai 2014, place de la République, Paris

Meeting Nouvelle Donne pour les européennes, 18 mai 2014, place de la République, Paris

Je vis, depuis quelques mois, une expérience extra-ordinaire. En grande partie grâce à chacune et chacun d’entre vous.

Membre de Nouvelle Donne depuis début 2014, j’ai l’occasion d’échanger “numériquement” avec des personnes de grande qualité, pleines d’envies, de projets, d’idées. Je ressens comme une sorte de frémissement révolutionnaire qui me donne l’impression de participer à un évènement peu commun, rare dans une vie, une occasion unique de rendre réels des rêves que d’aucuns qualifieraient d’utopiques.

Nous sommes des pionniers, et ensemble nous avons la possibilité de commettre un acte fondateur qui, selon moi, va bien au-delà de la simple rédaction des statuts de notre parti. Car ces statuts, et le fonctionnement qui en découlera, peuvent être, pour l’ensemble de ceux qui ne nous ont pas encore rejoints, la vitrine du monde meilleur que nous souhaitons voir advenir et partager.

A l’heure où certains travaillent sur l’organisation interne du parti, d’autres réfléchissent aux outils. Mais ces chantiers sont intimement liés et ne peuvent être envisagés l’un sans l’autre, de même qu’il n’est pas possible de faire l’économie d’une réflexion philosophique sur ce que sont la politique, le pouvoir, la démocratie, le rôle de leader d’une organisation démocratique ou encore le temps médiatique qui n’est pas le même que celui du débat.

Nombre d’entre nous souhaitent construire un parti véritablement démocratique, et c’est une bonne chose.

Ancien militant du Parti Socialiste, je peux affirmer que le PS est d’essence démocratique. Les groupes locaux débattent et chacun est amené à s’exprimer lors du vote des motions. Pourtant l’actualité en France tend à nous démontrer le contraire. Electeurs et militants du PS, tous parlent de déni démocratique au regard de la politique menée par François Hollande. Pourquoi ? Parce que celui-ci, pour atteindre des objectifs qui, pourtant, font consensus au sein de sa formation politique, a choisi des moyens que sa base électorale n’approuve pas.

Le statut institutionnel de François Hollande le place à présent et pour encore 30 mois en-dehors de la mêlée, mais son gouvernement reste à portée des frondeurs du PS si jamais ceux-ci, lors du vote de confiance prévu le 16 septembre à l’issue du discours de politique générale de Manuel Valls, choisissaient de le lâcher.

Pourtant, on ne pouvait attendre de F. Hollande ou du gouvernement qu’ils fassent valider leurs choix par leurs militants ou électeurs avant d’agir car cela n’est pas compatible avec l’exercice du pouvoir qui nécessite, sur bien des sujets, une certaine réactivité dans la prise de décisions. En réalité, ceux qui sont le plus à blâmer sont ceux qui, pouvant exercer un contre-pouvoir, s’abstiennent de le faire. Les élus PS frondeurs sont en position de faire chuter le gouvernement pour la simple et bonne raison que les moyens mis en oeuvre ne respectent pas les principes et les idées constitutifs de ce parti.

Notre volonté de faire de Nouvelle Donne un parti démocratique ne doit pas faire abstraction du fait qu’il est illusoire de contrôler tous les faits et gestes de celles et ceux qui auront l’honneur – et la charge – de nous représenter. En revanche, un cadre doit être défini à l’intérieur duquel nos représentants seront libres de se mouvoir dans la mesure où les positions qu’ils adopteront seront conformes à ce que la majorité d’entre nous aura considéré comme acceptable.

On touche ici du doigt l’une des principales difficultés : le contrôle.

Quel système souhaitons-nous : un système de représentation ou de délégation ?

Dans un système de délégation, les délégués sont contraints par le mandat précis qu’ils ont reçu de leurs électeurs. La représentation, quant à elle, laisse une grande liberté aux représentants élus (c’est le cas des parlementaires en France). Les représentants sont choisis sur des orientations générales mais restent libres de leurs choix et de leurs votes, alors que le délégué est tenu de voter comme il en a reçu le mandat.

De ce choix structurant découlent les statuts, l’organisation et les outils.

Sur un tout autre plan, il faut aussi admettre que tous les membres de Nouvelle Donne n’ont pas le même niveau d’implication et ceci n’est aucunement un jugement de valeurs.

Certains, de tempérament plus meneurs, voudront exercer des responsabilités au sein du mouvement ou d’institutions nationales, d’autres simplement exprimer des opinions et les faire connaître aux autres membres.

Certains consultent le forum plusieurs fois par jour, d’autres ne l’ont jamais consulté, parfois parce qu’ils sont attachés à un réseau social en particulier ou peut-être ne disposent-ils pas d’une connexion internet suffisante.

D’autres encore, dont je fais partie, ne sont pas en mesure de participer “physiquement” à des comités locaux (CL) mais sont très actifs sur internet, au sein du CL Numérique (CLNum) qui permet de dématérialiser les réunions.

Tous contribuent à faire de Nouvelle Donne un mouvement qui grandit, qui compte, et qui, à force, pèsera de plus en plus dans les débats publics si et seulement si le résultat de notre travail ne consiste pas seulement en une mécanique de fonctionnement interne mais parce qu’il est vecteur de SENS également à l’extérieur du parti.

Ici encore il serait illusoire de vouloir rassembler tout le monde par souci démocratique. Il est plus réaliste de mettre en place un ensemble de processus de décision collective et de moyens techniques permettant à tout un chacun, s’il le souhaite, de prendre part aux décisions selon un rythme et un calendrier connus de tous. Libre à chacun de s’exprimer ou non et de prendre ses responsabilités. Rien n’interdit en contrepartie de penser un système de “quorum” qui, s’il n’est pas atteint, invalidera le vote.

On peut même imaginer un système de “commissions” à l’image de celles que l’on retrouve au Parlement par exemple. En fonction de ses affinités, de ses compétence et expertise ainsi que de sa capacité à s’investir, chacun est en mesure de participer à une ou plusieurs commissions dont les travaux sont également régis par un calendrier dont la teneur est établie par un quorum de membres.

Les membres proposent des thèmes qui, si un certain pourcentage de membres le décident, sont traités en commission. Celle-ci dispose d’un délai convenu pour exposer ses réflexions et travaux aux membres qui, prévenus, disposent d’un délai limité pour voter en leur âme et conscience. Une fois le scrutin interne terminé, les représentants élus de Nouvelle Donne porteront ce message urbi et orbi.

Après avoir dit tout ça, nous nous ne sommes pas plus avancés, j’en conviens. Mais je sens que nous réaliserons un tour de force majeur si les statuts et outils que nous allons mettre en place collectivement au sein de l’organisation Nouvelle Donne sont “instanciables” (applicables) au niveau national, c’est à dire utilisables à l’échelle du pays tout entier le jour où notre parti accèdera aux responsabilités. En fait, nous devons penser nos statuts comme si nous pensions une 6ème République. Dès lors, ce ne sont plus de simples statuts dont nous parlons, mais d’une véritable Constitution !

Moi, athée patenté, je veux en être parce que j’ai foi en ce que NOUS sommes en train de réaliser.

 

Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Nouvelle Donne : penser nos statuts comme une Constitution

Les statuts de Nouvelle Donne ne doivent pas de simples règles de fonctionnement interne. Nous devons les penser comme la Constitution de l'état idéal.
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