La Rochelle (PS), Le Touquet (UMP), communes sinistrées

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La Rochelle (PS), Le Touquet (UMP), communes sinistrées

Alors que l’UMP, subitement appauvrie, tient un ersatz d’Université d’été au Touquet, où les pro et anti-Sarkozy s’observent bras croisés en l’absence du principal intéressé ainsi que de nombre de ténors du mouvement (→ l’article de l’Express), le PS tente de contenir les débordements à La Rochelle.

La “chute provoquée” de notre gouvernement est une tempête dans un verre d’eau dont les effets agitent La Rochelle. Les électeurs du PS attendent peut-être de ce rendez-vous qu’il agite également le bocal des cadres et élus du parti, mais Jean-Christophe Cambadélis semble avoir fait des promesses à l’exécutif qui lui imposent désormais de “canaliser” les voix discordantes. Plutôt que le congrès, prévu par la charte du PS et réclamé par M.N. Lienemann, J.C. Cambadélis va se contenter d’états généraux dont il attend qu’ils réinventent le PS et redéfinissent le “progressisme”. Mais pas trop vite. Le congrès viendra après, le temps de prendre le temps de penser à n’oublier personne, jusqu’aux “sous-sous-sensibilités”.

Le PS devait être à l’unisson (→ “soit on part soit on se tait“, Libération), et c’est chose faite finalement. Manuel Valls a appliqué son baume apaisant sur les épidermes irrités et promis qu’on ne toucherait pas aux 35h, c’est dire qu’il est de gauche.

Mais qui pouvait penser que ce gouvernement honni toucherait aux 35h ? Macron qui déclare être pour un assouplissement afin de permettre à Valls de jurer que personne n’y touchera, c’est un bonbon sucé et resucé dont on s’étonne qu’il puisse encore surprendre qui que ce soit, à commencer par la presse, cette conscience collective qui n’est plus aujourd’hui qu’une caisse de résonance des “coups de comm’” organisés par des experts, ou encore des personnes dont la politique est le métier.

Le seul coup d’éclat de cette université d’été du PS (#UEPS), c’est la présence de Christiane Taubira à la réunion des frondeurs où elle fait carton plein. Standing ovation des frondeurs mais également des militants, heureux que la liste des célébrités s’allonge. Après Montebourg et Hamon, limogés, Taubira ajoute son nom à la liste des personnes à abattre pour le couple exécutif. Mais oseront-ils ? C’est clairement le pari de C. Taubira qui se positionne, à l’instar d’A. Montebourg, en leader possible de l’opposition interne du PS en vue d’une prochaine présidentielle ou, pourquoi pas, d’un nouveau remaniement.

Mais pour qu’il y ait remaniement, il faut d’abord un vote de confiance à l’Assemblée Nationale. Valls tentera-t-il un “quitte ou double” devant l’Assemblée Nationale en demandant un vote de confiance ou, au contraire, certain des menaces de plus en plus nombreuses qui planent au-dessus de sa tête (frondeurs du PS, Front de Gauche, Ecolos qui viennent de voir la loi Duflot sur l’encadrement des loyers mise de côté), aura-t-il recours à l’article 49.3 de notre constitution qui permet de faire adopter un texte sans vote par les députés ?

Sans débat au sein du PS, sans débat au Parlement, c’est un bien piètre exemple de démocratie auquel nous assistons. Nul doute que ceci n’arrangera pas l’image de la politique aux yeux des français qui semblent être écœurés du fonctionnement de nos institutions et des partis qui sont censés les représenter (au premier rang desquels le Front National, qui a contre lui les opinions les plus négatives mais l’électorat le plus mobilisé).

C. Taubira affirmait à La Rochelle que “la politique c’est le courage de s’interroger“. De ce point de vue là, qu’ont donné les universités d’été du PS ou de l’UMP ? Valls rentre à Paris avec le sentiment du devoir accompli et Cambadélis n’a pas à déplorer une scission du PS. De son côté, l’UMP attend d’un Sarkozy, sans autre programme que de planter là la Justice, qu’il redonne de l’espoir aux français ou à ses militants pendant que, dans l’arrière-boutique, ses cadres s’organisent pour savoir qui fera main-basse sur ladite boutique.

Or, pendant qu’en France les partis s’agitent sans qu’un quelconque SENS émerge des discours et des débats, Angela Merkel avance ses pions sur l’échiquier européen, plaçant à la tête des principales institutions européennes des allemands ou obligés de l’Allemagne. Ce qui empêche d’ores et déjà de penser à une quelconque inflexion de la politique que Valls applique.

De même qu’elle s’était invitée dans la précédente campagne électorale pour les présidentielles en France en soutenant Nicolas Sarkozy, nous suggérons à Mme Merkel d’anticiper sa participation à celles de 2017 afin de prendre le temps de bien expliquer aux électeurs du Front National que François Hollande n’avait pas le choix.

 

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Pendant que l'Allemagne organise l'Europe à sa manière, PS et UMP s'interrogent sur leur utilité à l'échelon national. Citizen-Web.
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