Deprecated: Function create_function() is deprecated in /volume1/web/wordpress/wp-content/plugins/LayerSlider/wp/widgets.php on line 4 La Terre-Promise. Mais à qui ? | Au commencement était le Verbe...

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La Terre-Promise. Mais à qui ?

migrants terre-promise

L a Terre-Promise, c’est Israël. Demandez à n’importe qui où se trouve la Terre-Promise et c’est cette réponse que vous obtiendrez.

Mais en va-t-il de même pour les arabes vivant en Israël ? Pour les libyens, les syriens, les afghans, les égyptiens, les érythréens, les somaliens, où se trouve la Terre-Promise ?

La Terre-Promise, c’est partout où l’on peut vivre sans crainte d’être tué quand on met le nez dehors.

terre-promise

I l n’y a qu’à considérer l’Histoire telle qu’elle nous est enseignée à l’école pour voir à quel point les migrations la jalonnent. Ces migrations concernent toutes les sociétés, en tous temps. Qu’il s’agisse de motifs religieux, de guerre ou de misère, les humains n’ont jamais, pour la plupart, abandonné de gaieté de cœur ce qu’ils avaient : biens matériels, terres ancestrales, culture, identité. Mais l’envie de vivre est la plus forte et vouloir échapper à la mort n’est pas condamnable. Pour contrecarrer un funeste destin, il existe souvent une Terre-Promise, une étoile du berger vers laquelle on tourne le regard pour donner un but à nos pas.

Nos cultures, nos histoires sont pétries par ces mouvements, ces mélanges, ces fuites et ces incursions.

humanité terre-promiseL’Europe a été maintes fois envahie. De l’extérieur, par les huns, les arabes ou encore les ottomans, mais aussi de l’intérieur, à l’occasion d’innombrables conflits fratricides ou quand les guerres de religion sévissaient dans nos pays si civilisés. Combien de français ont-ils fui vers l’Allemagne quand les catholiques pourchassaient les protestants ? Combien d’européens ont-ils rejoint la Terre-Promise américaine pour ne plus être inquiétés du fait de leur appartenance religieuse, exterminant, une fois sur place, les populations autochtones ? Combien de centaines de milliers d’européens encore ont-ils épousé la cause des croisades, allant envahir la Turquie, la Syrie, le Liban, Chypre, Malte ou la Palestine afin de libérer la Terre-Promise de Jérusalem ? Combien de français, de hollandais ou d’anglais sont-ils allés s’installer en Afrique où ils ont prospéré, parfois pacifiquement, mais le plus souvent aux dépens des populations locales, allant jusqu’à l’exploitation industrielle des esclaves ? L’Amérique, dans sa configuration actuelle, en est le reflet le plus évident lorsque l’on considère le nombre d’afro-américains et de WASP (white anglo-saxon protestant) qui la peuplent.

guerres de religionDe nos jours, des français émigrent vers le Portugal, le Maroc, l’Afrique ou l’Asie pour vivre comme des rois avec leurs pensions de retraite. D’autres, plus jeunes, partent vers Londres, où ils espèrent faire fortune dans l’une des plus grandes communautés françaises d’Europe, ou encore vers Berlin, réputée moins chère que Paris. Nos chercheurs, scientifiques ou experts en technologies partent également vers des contrées plus propices où ils espèrent plus de moyens pour leurs travaux et plus de reconnaissance. C’est, pour chacun d’entre eux, vers une Terre-Promise qu’il se tourne, tournant dans le même temps le dos à ce qui faisait leur identité jusqu’alors. D’autres encore, plus riches, choisissent leur Terre-Promise en fonction de la fiscalité : Russie pour certains, Suisse, Belgique ou Luxembourg pour d’autres.

Tout comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, la France a été construite sur le rapprochement, souvent par les armes, d’une mosaïque de peuples parlant et vivant de façons différentes, et cela est vrai aujourd’hui encore. Alors ne nous leurrons pas : nos identités nationales ne valent pas tripettes. Elles ne sont que la photo prise à un instant donné de notre histoire commune, une histoire qui, elle, ne s’arrête jamais. Nos identités nationales, nos cultures, y compris religieuses, ne sont que le fruit du hasard, et nos naissances sont elles-mêmes une couche de hasard supplémentaire qui nous fait naître avec une couleur de peau, une religion, un statut social, une nationalité. Car personne ne peut s’attribuer le mérite d’être français, allemand, danois ou japonais. Chacun peut se féliciter (ou pas) de la chance (ou pas) d’être né ici ou là.

La configuration de l’Europe actuelle, les langues qu’on y parle, les religions qu’on y pratique, les régimes politiques qu’on y connait, tout ça n’existe pas à l’échelle du temps historique. Que ces caractéristiques aléatoires deviennent importantes à des moments précis de la petite histoire est indéniable. Mais les tensions et crispations identitaires que nous connaissons aujourd’hui ont toujours existé ici ou là. Qui peut jurer que la Suède demeurera à jamais un pays protestant ? A l’heure où des migrations massives en provenance d’Afrique amènent sur son sol des milliers d’individus chrétiens orthodoxes originaires de la corne de l’Afrique, on peut imaginer qu’un jour cette religion devienne majoritaire dans cette région de la Scandinavie.

De même, qui peut jurer que l’anglais demeurera à jamais la langue officielle aux Etats-Unis ? L’espagnol est en voie de prendre le dessus, et l’on peut imaginer qu’un jour l’anglais en sera réduit au statut du cajun dans certains états. Cela prendra juste du temps.

D’autre part, dans cette période de grand rebelotage des cartes de la richesse et de la puissance mondiale, à l’heure où l’Asie prend le dessus, contribuant à l’effondrement de nos sociétés et à l’affaiblissement de l’état social que nous avons développé, qui peut affirmer qu’aucun européen ou américain n’ira un jour en Chine demander un permis de travail ? Et si la guerre éclatait à nouveau en Europe, contre la Russie par exemple, quelle Terre-Promise viserions-nous pour échapper au chaos ? La Chine ? Le Brésil ? Ou à nouveau l’Angleterre ?

A ujourd’hui, l’Europe se trouve en situation d’accueillir des dizaines de milliers de réfugiés fuyant les malheurs qui sévissent chez eux. Nous aurons beau nous y opposer, râler, craindre pour nos emplois ou nos identités, cela ne changera rien parce que ces individus n’ont pas attendu que nous les autorisions à le faire.

Au regard de l’urgence qui présidait quand ces réfugiés ont pris leur décision de tout quitter, le temps passé en palabres par les nations européennes pour savoir comment se répartir ces populations est ridicule. On parle de quotas, on parle de grillages, on parle d’escadres navales pour les empêcher de prendre la mer alors qu’ils sont déjà chez nous et que les violences qui ont cours dans leurs pays d’origine semblent ne jamais vouloir s’arrêter.

frontex terre-promise

Nous pourrons bien toujours rédiger des lois, construire, des murs, des barrières, des lignes imaginaires sur des cartes, personne ne pourra prétendre être en mesure de stopper ce mouvement. Parce que l’humanité est liquide, elle s’infiltrera partout où elle le pourra, parce que rien ne sera jamais suffisamment étanche.

On peut dresser des barbelés à Melilla, à Calais, à la frontière turque, à la frontière américano-mexicaine, à Berlin, à Jérusalem, en Afrique du Sud ; on peut enfermer les gens dans des ghettos à Venise ou à Varsovie ; on peut même chercher à les éradiquer complètement en les pourchassant comme les coptes en Égypte, les chrétiens en Syrie ou dans la corne de l’Afrique, les juifs en Europe, les arméniens en Turquie, les cathares ou les vaudois en France. Mais rien n’empêchera jamais un humain de passer, de survivre, et de poser ses valises là où il estimera être en sécurité, loin de la mort et de la misère.

frontexLes discours politiques fielleux de notre époque, le rejet des étrangers dans ces périodes difficiles, les murs érigés par Frontex ou les chiens renifleurs de David Cameron n’y changeront rien. Nibs. Nada. Que dalle. Nichts. Les demandes d’asile qu’on étudie en 1 an : inutiles. Les régularisations massives qu’on ne fait pas pour ne pas apporter de l’eau aux moulins des nationalistes : honteux.

Encore, ils rentreraient chez eux, découragés d’avoir reçu une réponse négative, mais rapide, de l’administration en charge de leur dossier… mais nous savons bien que non. Leur dire non, c’est juste les condamner à vivre cachés et dans la misère. C’est gagner du temps par manque de courage politique – ou simplement absence d’humanité – que de les laisser partir avec ce statut de clandestin qui vaut bien une étoile jaune.

[quote font_size=”20″ font_style=”italic” bgcolor=”#c9f2ff” color=”#” bcolor=”#fda93f” arrow=”yes”]Leur dire non, c’est juste les condamner à vivre cachés et dans la misère[/quote]

La guerre fait rage dans de nombreux pays du monde proches de chez nous. Nous participons à ces guerres, que souvent nous déclenchons, dans le cadre de coalitions armées qui ravagent ces pays. Nous n’apportons à ces gens que du malheur. Nous les trompons avec nos valeurs de liberté et de sécurité comme nous avons, par le passé, violé leurs croyances religieuses respectives en les convertissant de force. Nous voulons les “libérer”, mais pas les aider. Nous avons besoin d’eux parce qu’ils ont toutes les richesses dont rêvent chez nous ceux qui détiennent le pouvoir d’une façon ou d’une autre.

Si des associations n’étaient pas là pour les aider, si des justes n’étaient pas là pour les sauver, si des désobéissants ne les abritaient pas malgré les interdictions, nous ne vaudrions vraiment rien.

Pour le peuple juif, Dieu aurait ouvert la mer en deux.

Laisserons-nous les eaux de la Méditerranée se refermer impitoyablement sur les migrants d’aujourd’hui ?

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Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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