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La bataille du travail fait rage

Aujourd’hui, plus encore demain, les luttes politiques et idéologiques concernent la place du travail dans nos sociétés en crise. Pour les uns, le travail est un effet bénéfique de la croissance. Ce sont eux qui gouvernent actuellement nos vies. Pour les autres, la majorité, le travail n’est qu’un moyen de subsistance auquel il faudra trouver un remplaçant quand celui-ci aura définitivement disparu.

S’il m’était demandé de décrire une situation emblématique de l’époque à laquelle nous vivons, je parlerais du mélange des genres que représente le statut de salarié actionnaire. En tant qu’actionnaire de l’entreprise dans laquelle il travaille, un salarié pourrait être amené à acter la suppression de son poste pour accroître ses profits. Si je dis “acter” et pas “décider”, c’est parce que l’actionnariat est une promesse bidon de démocratie (1 part = 1 voix) dans le saint des saints de l’entreprise qu’est son conseil d’administration. En son sein pas de petits porteurs, que des magnats, des tycoons comme disent les anglo-saxons, des professionnels des conseils d’administration. Le petit-porteur, le salarié, ne sont considérés que pour ce qu’ils sont : des petits que l’effet “masse” rend puissants, mais une multitude non coordonnée, une foule qu’il faut tempérer pour que le business continue as usual.

Cela signifie-t-il que salariés et actionnaires ne peuvent faire bon ménage ? Ils sont en tout cas dans des logiques différentes, souvent orthogonales, qui se rencontrent, se télescopent au sein d’une institution très particulière : l’entreprise.

Le plus souvent privée, elle appartient à un individu, ou à un nombre réduit d’individus qui ont investit personnellement dans la création d’une société, en temps, en argent, en risques. De cet investissement est attendu un retour sur investissement, ou ROI (return on invest), dont la logique est strictement comptable.

Dans cette entreprise travaillent d’autres individus, les salariés, qui, selon l’expression consacrée, “vendent leur force de travail” en échange d’un salaire. Si l’on se rapporte à la classification de Maslow, le fait d’avoir un emploi devrait se situer dans les besoins de “bas niveau” de tout individu, c’est à dire ceux ayant un caractère vital. D’autres facettes du travail, comme le sentiment d’appartenance à un groupe ou le besoin de reconnaissance, se situent beaucoup plus haut dans la pyramide de Maslow. Cela signifie qu’il est plus important pour la plupart des individus d’avoir de quoi manger et un toit au-dessus de la tête que de se sentir utile ou apprécié. L’on peut donc admettre qu’il en va de même pour le travail et affirmer que le fait d’avoir un emploi est avant tout vital, que son intérêt ou les satisfactions que celui-ci peut apporter sont secondaires. Presque du  confort…

A ce  titre, l’entreprise est une institution sociale très particulière, un véritable lieu d’intégration sociale, qui met en présence 2 populations, les actionnaires et les salariés, aux intérêts parfois contradictoires. Les actionnaires, qui dépendent de la consommation des salariés, détiennent les quasi pleins-pouvoirs que leur octroie la propriété de l’objet “société”. Les salariés dépendent des premiers pour leur survie.

La relation n’est pas complètement équilibrée, mais il reste néanmoins qu’ils ont besoin les uns des autres car c’est l’essence même du contrat social à l’œuvre depuis le 19ème siècle sous nos latitudes d’unir les destins des patrons et des salariés au sein des entreprises.

Seulement voilà : du travail il y en a de moins en moins. L’intégration sociale par le travail n’est plus une réalité pour 5 à 6 millions de personnes en France (chômeurs toutes catégories confondues), sans parler des travailleurs pauvres qui représentent la majorité des 14% de français vivant en-dessous du seuil de pauvreté malgré leur travail.

Depuis de nombreuses décennies, nos gouvernants, les économistes de l’école libérale ou encore les lobbies patronaux nous répètent que “la croissance, c’est le travail“, c’est à dire que les entreprises ont besoin de croissance pour générer du travail, ce qui, à notre époque, sonne comme une promesse. Il est nécessaire de bien réfléchir au contenu de cette assertion, aux sens des mots. De même, nous devons nous poser la question de savoir si cette affirmation est vraie. Pas besoin d’être économiste pour ce faire, mais d’ouvrir les yeux. Car la réalité nous prouve chaque jour le contraire.

Certes la croissance, en France comme dans beaucoup d’ailleurs, est atone, mais même cette croissance presque “plate” (flat) devrait au moins se traduire par des créations d’emplois dans les mêmes proportions. Or il n’en est rien. Notre économie détruit des emplois et ce depuis plus de 40 ans. Ceci indique par exemple que la productivité du travail s’améliore de façon constante et que, en conséquence, le chômage apparaît comme structurellement inhérent à ce type d’économie.

 

Productivité évolution

 

Cette diminution quasi-constante du nombre d’emplois nécessaires pour que tourne notre économie serait plutôt une bonne nouvelle si notre survie individuelle n’était pas étroitement conditionnée au fait de percevoir un salaire en échange d’un travail. Ce chômage structurel est un problème à double titre : d’une part il place un grand nombre d’individus en situation de précarité (le contrat social n’est donc plus respecté), obligeant l’état à subroger au versement des salaires au travers d’une “allocation chômage” ou tout autre “revenu minimum”. D’autre part, en mobilisant d’importantes ressources financières en même temps qu’il prive l’état des recettes associées au travail, le chômage met le budget de l’état en difficulté, contribuant massivement à l’endettement de celui-ci. Mais le chômage est-il pour autant une mauvaise affaire pour tout le monde ?

Le débat, actuel depuis 40 ans, autour de l’emploi montre que ce sujet est une pierre d’achoppement entre l’état et les entreprises. En tant que principale source de revenus, l’emploi doit être protégé et pérennisé. C’est la position de l’état social. Mais vu comme une charge par les entreprises, celui-ci doit être minimisé. Cette façon de concevoir le travail par les entreprises – une variable d’ajustement – est une remise en cause du contrat social. Celle-ci peut s’expliquer par les nombreux changements qui sont intervenus depuis la création de l’état providence : les problématiques environnementales, la financiarisation de l’économie, l’endettement des états-nations, le déplacement vers l’extrême-orient du centre de gravité du monde sont venus rompre le fragile équilibre sur lequel l’état-providence avait été construit.

Cette situation, humainement compliquée, complexe à bien des égards, doit être adressée par la sphère politique mais autrement que ce à quoi nous assistons depuis de trop nombreuses années. Malheureusement, on retrouve sur ce positionnement des entrepreneurs politiques surfant sur le mécontentement, quelques idées simplistes et se tenant en embuscade. Financés par la Russie, qui a tout intérêt à voir le rêve européen disparaître au profit d’un rêve russe et nationaliste, ceux-ci agitent les chiffons rouges de la corruption, de la collusion, des conflits d’intérêts (qui est un art de vivre en Russie).

A ce titre, la place indécente qu’occupent, tels des coucous, les lobbies dans l’espace démocratique empêche l’expression par la société civile d’alternatives parfois trop en rupture avec les intérêts en place. L’affaire du CICE en France montre à quels points les lobbies sont à la manœuvre aux côtés d’états désarmés par tant d’injonctions paradoxales (relancer l’activité et la croissance sans aggraver les déficits est l’une de ces injonctions paradoxales). Pendant que les lobbies s’enferrent dans une logique mortifère d’accumulation, les états se laissent dicter les mesures à prendre, seules envisageables, pour sauver ce qui peut encore l’être.

Des sommes considérables sont englouties, prélevées sur un nombre de plus en plus limité d’actifs et d’entreprises qui n’ont plus voix au chapitre mais financent les bénéfices colossaux de multinationales prédatrices qui veulent le beurre, l’argent du beurre et la crémière en guest-star de soirées DSK.

Pour changer tout cela, il reste à peine plus de 2 ans. Car 2017 sera en France une élection à haut-risque, mais ce risque est présent dans de nombreux pays membres de l’UE. Les partis qui portent un véritable changement ont 2 ans pour faire des propositions qui suscitent l’adhésion et une véritable attente de la part des électeurs.

Certaines briques existent déjà, comme le Revenu de Base ou le partage du temps de travail, qu’il reste à assembler entre elles afin de formuler un véritable projet qui soit autre chose que des mesures numérotées de 1 à 100. Comme un logiciel libre, le monde à inventer pour demain est accessible à tous. Chacun peut contribuer, apporter ses idées, en faire profiter tout le monde et s’interdire d’en tirer un quelconque profit s’il n’est pas intégralement partagé.

 

Le sens des mots

 

“La croissance, c’est le travail”.

 

La croissance

Quand on parle de croissance, on parle de croissance du PIB (produit intérieur brut). Le PIB correspond à la somme de tous les profits réalisés par les entreprises françaises. Ces profits peuvent être réinvestis dans l’entreprise (les investissements : machines, serveurs, logiciels, etc.) ou distribués sous forme de dividendes.

Pour qu’il y ait de la croissance, il faut donc plus de profits. Ceux-ci peuvent être générés selon 2 axes :

  1. en augmentant le volume d’activité à structure de coûts égale
  2. en améliorant la profitabilité d’une unité produite par une augmentation du prix de vente et/ou une diminution des coûts

 

Dans le premier cas, celui d’un surcroît d’activité, il s’agira de nouveaux marchés, de nouveaux clients, de commandes supplémentaires. L’entreprise se doit d’être attractive. Innovation, qualité, compétitivité sont autant de clés pour conquérir de nouveaux marchés.

Dans le second cas, celui d’une plus grande profitabilité, il n’y a pas de volumes de ventes supplémentaires mais un effort sur les coûts (taux de change, moindre qualité, salaires), un accroissement de la productivité par des investissements ou des ajustements internes, ou une augmentation du prix de vente.

Nous parvenons donc au premier enseignement de cette analyse textuelle. L’assertion “la croissance, c’est le travail” peut également se dire “le profit, c’est le travail”, à condition toutefois que l’on fasse référence au cas n°1 ci-dessus, celui qui est synonyme d’activité salariée supplémentaire. Dans les autres cas en effet, des profits peuvent être constatés sans création d’emplois en contrepartie.

 

L’emploi

Faire son ménage, cultiver son jardin, préparer le repas ou s’investir dans une association sont du travail, mais pas de l’emploi. Un emploi est un travail rémunéré, c’est à dire réalisé en échange d’un salaire. Ce qui rend nécessaire le travail sous forme d’emploi salarié, c’est l’argent, incontournable dans notre monde marchand. Le niveau du salaire est le plus souvent le fruit d’un rapport de force qui s’appuie principalement sur le facteur “rareté” du profil recherché et le niveau de chômage qui est, en quelque sorte, le facteur “rareté” global.

Le chômage est une grande source d’inquiétude pour une part croissante de la population. Il est une menace qui plane sur la tête de tout un chacun qui voit en son emploi sa source de revenus et donc le socle de sa vie quotidienne en ce qu’elle a de plus urgent et de plus nécessaire. Avoir un travail, si possible en CDI (contrat à durée indéterminée), et percevoir un salaire, sont depuis longtemps les conditions d’une vie possible au présent mais également des promesses pour l’avenir, pour bâtir un projet de vie (cf. Franck Lepage sur le piège de la notion de projet).

De plus en plus, cette croyance est battue en brèche. Nombre de personnes, pourtant dans l’emploi, se trouvent en situation de précarité parce que le revenu qu’ils en tirent n’est pas suffisant pour faire face à leurs charges et vivre décemment. Il n’est pas rare, dans les grandes villes, de voir des personnes dormir dans leur voiture faute de pouvoir payer un loyer. Or, à en croire Bernard Stiegler, la robotisation va accroître très nettement le nombre de chômeurs dans les prochaines décennies. De plus en plus d’individus ont peur des robots qui incarneraient une menace pour leur survie en leur volant leurs emplois. Une étude récente parle de 3 millions de chômeurs de plus en France d’ici 2025 résultant directement du développement de la robotisation.

La multiplication de ce qu’on appelle les “petits boulots”  banalise les situations de précarité. Le travail, réduit à un strict rôle alimentaire, devient également une prison. Cela est bien éloigné du travail idéal tel qu’il nous est vendu et tel que nous le présentons à nos enfants : une source d’épanouissement où chacun se réalise en se rendant utile à la société en tant que ce qu’il est. Nous n’affirmons pas que personne ne fait le travail qu’il souhaite ni que personne n’est heureux au travail, mais pour que cette situation soit vécue ainsi par tous il faudrait que le travail ne soit pas intimement lié à la nécessité, à la survie, à la possibilité de se projeter dans l’avenir. Il faudrait que celui-ci, débarrassé de tout aspect contraignant, soit le résultat d’un choix où ne compteraient que le plaisir et la volonté d’être utile. Bref un travail, pas seulement un emploi qui réduit l’individu à la façon dont il est “employé”.

Force est de constater que le travail est plutôt un arbitrage entre la nécessité et le plaisir et que le chômage intervient comme facteur décisif d’acceptation par les salariés de conditions qui ne leur sont pas entièrement favorables.

En réalité, le chômage agit dans le cadre de la négociation avec l’entreprise comme une menace qu’il faut minimiser. La contrepartie de la diminution de cette menace est la diminution des salaires proposés ou l’acceptation de conditions de travail discutables. Le chômage est donc une bénédiction pour les entreprises qui agissent sur la compétitivité-coût par ce biais.

A quoi le Front National ajoute que l’immigration vers la France est une politique volontariste de l’état à la demande des lobbies patronaux pour entretenir un coût bas du travail et, accessoirement, l’idée selon laquelle il y a autant de chômeurs que d’étrangers en France. Toujours le même gimmick complotiste, resucé par des générations de xénophobes, dont la famille Le Pen, qui voudrait nous faire croire que les étrangers volent nos emplois (comme les juifs avec Hitler) avec la complicité d’un état cette fois-ci à la solde des grandes entreprises, histoire de marxiser leur discours haineux et débilisant.

Le chômage agit donc finalement sur la répartition de la valeur ajoutée entre capital (les dividendes ou l’investissement) et travail (cf. tweet de Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) montrant l’évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises).

En un sens, on peut dire que le chômage est capital pour les profits, donc pour la croissance.

Evolution Salaires versus PIB

 

Pourquoi ne dirait-on pas : “le travail, c’est la croissance ?”

Dans ses derniers développements en France, le débat sur la croissance et l’emploi a vu s’opposer le PS au pouvoir avec son aile gauche en interne. Avant d’être sûrs d’accorder 40 milliards d’euros d’argent public aux entreprises, il fallait vérifier un dernier point : est-ce la demande des ménages qui génère de l’activité, donc des emplois qui, en tant que nouveaux revenus, vont également susciter encore plus de demande ? Ou au contraire sont-ce des prix bas qui incitent les ménages à dépenser leur argent ?

L’éternel débat de l’œuf et de la poule a été récemment tranché par le parti socialiste français : ce sont les prix bas, donc la compétitivité, qui suscitent la demande, il faut donc une politique de l’offre. A l’aune de cette analyse, nous devons dès à présent redouter la surenchère antisociale à droite lors des prochaines élections. Mais également nous interroger sur l’attitude des politiques français au pouvoir qui accusent les entreprises de n’avoir pas respecté leur part du contrat en créant des emplois, car cela n’a aucun sens une fois que l’on a plaidé pour une politique de l’offre en faisant des déclarations d’amour aux entreprises. Se lancer dans une politique de l’offre c’est mettre en œuvre tous les moyens possibles pour faire baisser les prix jusqu’à ce que les ménages se décident à dépenser. Sage décision dans un contexte déflationniste ?

L’Europe s’est servi de la Grèce pour procéder à une expérimentation grandeur nature à l’échelle de tout un pays : que produit une cure d’austérité dans un contexte où la croissance ne progresse pas ? Et bien plus de ralentissement encore, telle est la leçon. Quand une population n’a plus d’argent à dépenser, les entreprises ne tournent plus et licencient à tour de bras. Malgré les résultats désastreux de cette expérience in vivo, la France, ferrée par les lobbies patronaux et cornaquée par Bruxelles a également opté pour l’austérité. Mais une austérité coûteuse, avalisée par les lobbies patronaux qui exigent des efforts de la part de l’état pour relancer la croissance, c’est à dire leurs profits, faisant miroiter d’éventuels emplois.

Or, malgré ce qu’en disent les politiques, tout le monde sait que les entreprises ne créent pas d’emploi. Et nous n’affirmons pas cela par provocation car ce sont elles qui, les premières, l’affirment. Quand François Hollande leur demanda des garanties en contrepartie des 40 milliards d’euros (1.300 € par actif ou 13.000 € par chômeur) du CICE, elles furent les premières à s’indigner d’une telle pression et clamèrent que des embauches n’étaient possibles que dans la mesure où les carnets de commande étaient pleins. Or, ne connaissant pas l’avenir, mais sûres en revanche que leur compétitivité serait insuffisante pour faire face à la concurrence mondiale, celles-ci refusèrent en conséquence de faire quelque promesse que ce soit en terme de création d’emplois.

En réalité, les entreprises créent des emplois comme elles perçoivent la TVA, c’est à dire sans le vouloir, parce que l’emploi résulte du niveau d’activité toute comme la TVA est fonction de leur profits. Nous noterons donc que les lobbies patronaux affirment d’un côté qu’ils ont besoin de croissance et d’allègements de charges pour créer des emplois et, d’un autre côté, qu’ils excluent d’en créer tant que les conditions pour le faire – des commandes et des clients – ne sont pas réunies.

La création d’emplois, loin d’être une finalité, apparaît pour les entreprises comme un mal nécessaire résultant de mécanismes de marché auxquels elles contribuent. Il y a là un autre hiatus entre les entreprises et l’état dans leurs façons respectives de considérer l’emploi : moyen pour les unes, fin pour l’autre.

 

Pour qui l’emploi est-il une contrainte ?

Quand le thème du travail est abordé, il est coutume de rappeler que son étymologie renvoie à un instrument de torture. Une façon de faire preuve de compassion envers le lecteur que de souligner à quel point le travail est, comme toute torture, une contrainte. Pourtant, le discours dominant dans les médias (détenus par des grands groupes industriels), dans les bouches de nos politiques, est que le travail est une contrainte pour les entreprises et les patrons. Moins pour ceux qui le font que pour ceux qui en ont besoin. Tous en vivent pourtant.

Dans un pays comme la France, l’emploi représente en effet pour les entreprises un ensemble de contraintes. Celui-ci est protégé par une législation qui interdit globalement les licenciements et agit sur les entreprises comme un repoussoir du fait de l’effet “cliquet” qu’elle engendre. On peut embaucher quand le carnet de commande se remplit, mais dès que l’activité ralentit il n’est pas possible de se débarrasser des effectifs en trop.

D’autre part, le travail a un coût qui échappe partiellement, mais pour encore combien de temps, au mécanisme de marché. L’existence d’un salaire minimum couplé à des charges patronales et salariales, qui représentent un poids “social”, peut plomber la compétitivité de l’entreprise quand celle-ci se confronte à des entreprises soumises à moins de contraintes du même type sur un même segment de marché. Ceci pose sans conteste la question de savoir pourquoi les entreprises françaises sont en concurrence avec des pays à faible niveau de salaires. Les niveaux de salaires, incontestablement plus élevés dans les pays occidentaux (fort état social parce que plus développé, plus mature) que dans des pays émergents, sont secondaires si les biens ou services produits sont à forte valeur ajoutée (exemple : aérospatiale, optique, armement, énergie, etc.). Le choix du low-cost par la France est donc une erreur stratégique fondamentale que paient chaque jour entreprises et salariés éliminés par le marché.

Les lobbies patronaux semblent ne pas voir cette réalité : nous formons des individus en investissant de colossaux moyens dans des écoles, des universités, financées par l’impôt. Si, malgré leur niveau d’études, ces individus sont employés à de faibles niveaux de salaires pour produire biens ou services à faible valeur ajoutée, c’est qu’il y a une erreur de positionnement par l’entreprise. La rentabilité sociale n’est alors plus assurée parce que ces coûts ne sont plus valorisés par les entreprises. Il s’agit d’un manquement grave des entreprises qui sont incapables de refacturer des biens immatériels dont elles sont les premières bénéficiaires : l’intelligence des individus, leur créativité, leur socle de connaissances. En réalité, en procédant de la sorte, les entreprises pratiquent une sorte de dumping social masqué. En ne refacturant pas au travers des salaires, donc du prix final, certains coûts pour être plus compétitives, elles diminuent les recettes fiscales contribuant ainsi à l’endettement du pays.

Les entreprises deviennent les passagers clandestins d’un système dont elles profitent. Tout les débats sur l’optimisation fiscale des entreprises ou encore l’hétérogénéité fiscale au niveau européen découlent du même phénomène.

Ajoutons également que, d’un point de vue comptable, les profits n’entrent pas dans la catégories des coûts. Le profit est calculé en faisant la différence entre le prix de vente et les coûts. Le travail salarié est un coût. Donc quand une entreprise agit sur ses coûts pour être plus compétitive, elle agit entre autre sur le coût du travail mais jamais sur ses profits qui, eux, restent constants.

Avons-nous entendu qui que ce soit au gouvernement rétorquer aux entreprises se plaignant de leur mauvaise compétitivité qu’elle pouvaient également agir sur leurs profits plutôt qu’uniquement sur le coût du travail (niveau des salaires, donc des charges calculées sur les salaires) ?

 

Le passé par pertes et profits

Beaucoup d’efforts sont faits, dans tous les domaines, pour que les populations n’oublient pas le passé et évitent de reproduire les mêmes erreurs. On commémore cette année le centenaire du début de la Grande Guerre. Arte, la chaîne de télévision franco-allemande, travaille à sa façon au rapprochement des peuples français et allemands. Mais personne ne parle jamais de la naissance de l’état providence, la forme que prit le contrat social des Lumières en Europe au début du 19ème siècle. L’éducation civique rappelle qu’il est normal de payer des impôts, même le catéchisme catholique insiste sur ce point, mais sur quel accord s’est construit l’état social dans des pays comme la France, l’Allemagne ou l’Angleterre semble n’intéresser personne. Les français veulent croire que tout cela s’est fait avec la Révolution de 1789 et que la nuit du 4 août, en abolissant les privilèges, a régler dans la foulée le problème de la répartition des richesses. Faut-il leur rappeler que Zola est postérieur à la Révolution ?

Le contrat social tel qu’il a été conçu est simple : les patrons détiennent des outils de production qu’ils ne peuvent faire fonctionner seuls. Ils ont, pour cela, besoin de main d’œuvre qu’ils vont rémunérer en échange. Les salaires consistent en un partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail. Ils sont suffisants pour que leurs bénéficiaires puissent en vivre dignement et consommer les biens et services produits par les entreprises. En cas de pépin, maladie, chômage, vieillesse, naissance, l’état prend le relais des entreprises afin de garantir que les niveaux de vie ne sont pas impactés et maintenir la consommation qui est, in fine, le carburant de ce modèle économique. Cette prise en charge se fait grâce aux impôts prélevés sur les salaires, les bénéfices, les biens et services. Ce système est tout entier adossé au travail. Il vit par le travail pour l’intérêt de tous, étant entendu que la répartition des richesses créées se fait d’abord par le biais de la négociation sociale entre les “partenaires sociaux”, puis par l’état si les parties n’arrivent pas à un accord.

Le coût du travail, supporté à la fois par les entreprises et les salariés, permet donc de financer l’état-providence qui assure la redistribution que le marché est incapable de réaliser par lui-même (ne serait-ce que parce qu’il n’y a pas de plein-emploi).

La taxation du travail, l’existence même de cette institution sociale qu’est le travail, est impérative au vue de notre organisation sociale actuelle pour que l’état puisse accomplir sa mission redistributive. Cet impératif n’implique pas cependant que cet état de fait est immuable. Il est peut-être temps de penser un nouveau contrat social ne reposant pas exclusivement sur la ressource “travail” (au sens d’emploi), mais prenant en compte au contraire la raréfaction de celui-ci et l’impérieuse nécessité de partager autrement les richesses produites qu’en favorisant honteusement le capital au détriment du peu de travail qu’il reste. Le futur contrat social devra imposer à ceux qui se sont tout accaparé un redistribution en phase avec la société qui advient : une société presque sans travail qui devra financer la consommation de tous, une société basée pour la majeure partie sur la taxation de la consommation et des bénéfices qui en résultent.

 

“Un monde qui bouge”

Les pays occidentaux sont parvenus à un stade de leur développement qui, dans le contexte actuel, fait d’eux des géants aux pieds d’argile. Considérés individuellement, il s’agit principalement de petits états, peu peuplés, mais disposant de très grandes quantités de richesses. Très organisés, ils disposent de services publics, leurs capitaux (humains, financiers, industriels ou intellectuels) sont suffisamment développés et peuvent être mobilisés à n’importe quel instant pour produire plus de richesses encore. Ces richesse étant historiquement mal réparties au sein même des différentes populations, des “contrats sociaux” ont été établis entre détenteurs des capitaux et travailleurs par le truchement d’états dépositaires de l’intérêt général. Le modèle de répartition, surnommé “état providence”, est le fruit d’une co-construction dans le temps résultant de mécanismes démocratiques de discussions et de négociations entre ces différentes “forces politiques”.

 

MEDEF

 

Or ce modèle est en danger parce que la raréfaction du travail limite d’autant son financement et que les déficits se creusent. Alors que ces derniers placent les états à la merci des banques, aidées des agences de notation, en augmentant leurs dépenses, les entreprises brandissent la menace des délocalisations pour agir sur le coût du travail, diminuant encore les recettes des états. Il n’a pas fallu attendre les années 80, qui ont vu l’avènement de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, pour voir le monde prendre résolument une orientation néo-libérale cherchant à abolir toutes les contraintes afin de maximiser les profits. Dès le sortir de la guerre, à la fin des années 40, 23 pays se réunissaient dans le cadre du GATT pour organiser le libre-échangisme mondial. Aujourd’hui, dans la très démocratique Europe, les marchandises et les capitaux circulent néanmoins plus librement que les individus…

La première victime de cette abolition des contraintes – et des frontières ! – est, sans nul doute, l’état-nation.

 

La mondialisation

Si le commerce international a certainement toujours existé, sa théorisation par Ricardo en pleine phase d’industrialisation de l’Europe en a accéléré le mouvement. On sait depuis le 19ème siècle grâce à Ricardo que les pays ont théoriquement “intérêt” à s’échanger des biens pour lesquels ils possèdent des avantages comparatifs, ce qui devrait permettre à chacun des pays d’acquérir un bien au meilleur coût. Quoique largement décrié déjà en son temps, le modèle ricardien continue encore à notre époque à séduire les économistes qui ne comprennent pas qu’un modèle simplifié à l’extrême peut produire dans la vraie vie des conséquences que le modèle n’indiquaient pas. Et en effet, même des occidentaux, s’ils sont sans revenus, ne peuvent rien acheter, même moins cher…

Or, aux yeux des libéraux de toutes nationalités, le principal avantage comparatif de la plupart des états membres de l’OMC (qui a remplacé le GATT en 1994) est le coût du travail, infiniment plus bas en Asie du sud-est ou en Afrique que dans les pays occidentaux.

Je te fais travailler en délocalisant chez toi ma production et nous y gagnons tous les 2 si j’ouvre mes frontières aux produits que tu as fabriqués à ma demande.

Le phénomène de mondialisation des échanges auquel nous faisons allusion a été incontestablement accéléré par les efforts gigantesques des forces politiques et économiques occidentales qui voyaient dans cette évolution un moyen d’orienter leurs économies respectives vers les services, laissant aux pays pauvres le soin de s’industrialiser pour devenir des ateliers mondiaux vers lesquels nous nous tournerions pour faire notre marché. Le travail manufacturier a donc fui nos contrées pour s’implanter dans des pays moins chers, constituant un juste retour des choses et une certaine forme de justice pour des pays sur lesquels notre emprise est désormais moindre.

Mais le coût du travail, qui finance l’état providence, est également un bon indicateur du niveau de développement social d’un pays qui englobe, entre autre, le niveau de protection sociale des individus (maladie, chômage, vieillesse), l’excellence de leur instruction et des institutions scolaires et universitaires, le très haut niveau de leur secteur de la recherche. Si le travail coûte moins cher en Asie du sud-est, c’est parce que ces gens ne disposent pas des mêmes protections sociales que nous. L’Afrique est encore moins chère, mais les africains ne sont pas assez bien formés ni suffisamment productifs. En éloignant de façon durable une partie des emplois vers des pays à bas coûts, le libéralisme s’est tiré une balle dans le pied en asséchant le pouvoir d’achat des pays occidentaux qui auraient dû consommer ces produits. Mais qu’à cela ne tienne ! Il existe des pays encore plus pauvres qui seront heureux d’accueillir des entreprises et des devises en échange de conditions de travail digne de l’esclavage du 19ème siècle. C’est dans cette direction, les sauts de puce d’un pays à un autre des unités de production, qu’il faut chercher pour expliquer la baisse tendancielle des taux de profit dans l’économie capitaliste comme annoncée par Marx.

D’aucuns voient dans ce changement la cause principale du ralentissement de nos économies et du chômage de masse subséquent, et il n’est pas rare d’entendre dans les bouches de nos personnels politiques que la réindustrialisation de nos pays est nécessaire, de même qu’il serait urgent de fermer nos frontières aux produits provenant des pays-ateliers, parce que le repli sur soi apparaît tout à coup comme un réflexe positif après tant d’années de discours libéraux. C’est l’une des cartes jouées par Marine Le Pen, présidente du FN.

 

La financiarisation

Les marchés financiers sont devenus l’alpha et l’oméga du système capitaliste mondial. Ce sont les marchés financiers qui fixent les exigences de profits qui ponctionnent les bénéfices de l’économie réelle. Cette ponction soustrait purement et simplement des sommes gigantesques aux contraintes de l’économie réelle, dont l’impôt. Grâce aux paradis fiscaux, dont certains sont nos amis, et aux produits financiers dont les subtilités et les finesses n’ont d’égale que l’imagination dont l’homme est capable pour faire souffrir ses semblables, une partie de la valeur ajoutée produite par les salariés ne finance plus l’état social.

On voit donc bien le système de double-détente qui appauvrit les pays occidentaux :

  1. d’une part les marchés financiers fixent les taux de profits attendus des entreprises, profits dont une part, croissante depuis quelques années, finit sous forme de dividendes. Les taux de profits décidés imposent aux managers des entreprises des pressions sur les salaires qui peuvent prendre la forme d’une modération salariale, de licenciements, de recours à l’intérim, de temps partiels ou encore de délocalisations. Cette pression sur les salaires génère une contraction de la consommation et de la croissance, le développement du chômage, l’endettement des états, ces derniers étant amenés à diminuer les prélèvements sur le travail pour contribuer à la compétitivité des entreprises.
  2. d’autre part les profits réalisés partent vers des paradis fiscaux et échappent à l’impôt (ex. : Total). Une partie de ces profits finira sous forme de dividendes, passant ainsi de l’économie réelle à la sphère financière. Une fois dans la sphère financière, les dividendes permettent d’acquérir des produits financiers, parmi lesquels des actions, dont un certain niveau de profitabilité sera attendu, ce qui imposera de nouvelles contraintes aux entreprises.

 

Oblivion

Oblivion : le TET, qui se fait passer pour le centre de commandement de l’Humanité, pompe les ressources de la Terre dont l’eau, vitale

 

La sphère financière “aspire” purement et simplement une partie des fruits de la croissance et fait pression sur les états qu’elle essore pour supprimer une partie des coûts qui, selon elle, justifient délocalisations et plans sociaux. Les efforts faits par les états ne servent qu’à retarder l’inévitable, mais les décisions sont prises depuis longtemps. Quand un pays est à sec, les capitaux le fuient et partent à l’étranger où les profits sont encore possibles.

 

Quel avenir pour le travail ?

Le travail est, dans de nombreux pays, une institution sociale qui organise et articule la société. Ceci était vrai bien avant la naissance de l’état providence, autre institution dont la mission est d’œuvrer à un partage plus équitable des richesses produites par l’ensemble de la société, détenteurs des capitaux d’un côté, salariés de l’autre.

Plusieurs forces s’exercent sur le travail. Elles sont de natures différentes.

Sous l’effet du progrès technologique par exemple, des gains de productivité sont réalisés, permettant de recourir moins qu’avant à du travail réalisé par des humains. Que vont devenir tous ces individus et leurs familles une fois privés de leurs revenus ?

Sous l’effet du libéralisme, des gains de compétitivités sont obtenus par des pressions sur l’emploi pouvant aller jusqu’à des délocalisations qui privent de leurs emplois les populations d’un territoire au profit d’un autre territoire. Toute pression sur le coût du travail aboutit à un recul de l’état social qui est de moins en moins financé. Que vont devenir tous ces individus et leurs familles une fois privés de leurs revenus ?

Sous l’effet de la demande mondiale croissante de biens de consommation, notre planète se fatigue. L’humanité avait consommé le 15 août dernier l’équivalent d’1 an de production de la Terre en ressources naturelles. Un modèle basé, pour son développement et le partage de la richesse créée, sur la seule croissance, condition sine qua non de l’emploi, est une aberration. L’emploi conditionné par la croissance est une fausse promesse qui n’engage que ceux qui l’écoutent parce que la croissance n’est, dans ces conditions, ni possible ni souhaitable. Pourtant, le 16 décembre 2014, on apprenait dans Le Monde que l’Europe renonçait à son plan anti-pollution afin de ne pas nuire à la croissance !

Rien de ce que nous vivons collectivement aujourd’hui ne peut justifier le positionnement central de la croissance dans nos économies, de même que rien ne justifie plus que le travail soit notre seul horizon comme condition de notre survie. Toutes les exigences des lobbies patronaux comme conditions à la création d’emplois ne font que retarder le moment où nos économies s’effondreront parce qu’en défaut de paiement. Promouvoir le temps partiel, les contrats à durée déterminée, les faibles charges sur le travail, l’abandon du salaire minimum sont autant de coups de canif dans le contrat social que les détenteurs de capitaux commettent parce qu’ils se sentent en position de force.

En sapant l’édifice social sur la base duquel le coût du travail est calculé, le libéralisme accélère l’abandon par l’état de pans entiers de ses attributions. La protection sociale sera prise en charge par des assurances privées, l’éducation sera privatisée à son tour, les partenariats public-privé seront remplacés par des partenariats privé-privé sur lesquels plus personne, si ce n’est leur conseil d’administration, n’aura la main et le pouvoir de contrôle. Tous ces postes de dépenses de l’état pour ses administrés deviendront de nouveaux eldorados pour les entreprises qui investirons ces secteurs avec, comme seule idée en tête, la croissance de leurs profits réalisés au travers de nos impôts. Les emplois protégés des fonctionnaires disparaîtront avec eux.

La spirale à la baisse des prix (ou déflation) que l’on attribue à une trop faible inflation dans un contexte d’austérité et de chômage, c’est à dire à la consommation en baisse, ne doit en aucun cas être envisagée d’un point de vue conjoncturel. Bien au contraire, c’est la logique même du libéralisme que de déplacer la production vers des pays toujours plus compétitifs, et c’est ce mouvement qui “organise” la baisse des prix aux endroits où le pouvoir d’achat stagne ou diminue.

Y a-t-il urgence à sauver l’emploi ? NON ! Il y a urgence à sauver les revenus des individus qui doivent être dissociés de l’emploi. Tant que les revenus seront associés au fait d’avoir un travail, nous devrons collectivement nous employer à sauver l’emploi, donc cette croissance. Celle qui prévaut sur tout le reste : notre santé, notre vie de famille, notre bien-être.

Le chemin sera moins long qu’on ne pourrait le craindre. Aujourd’hui, en France, seuls 4 individus sur 10 travaillent. Le partage du temps de travail permettrait à un cinquième individu d’avoir un emploi, ce qui permettrait d’amortir un temps les gains de productivité constants qui, en nous libérant du travail forcé, nous condamnent aujourd’hui à l’exclusion sociale.

Nous devons dès à présent penser un monde sans travail, ou presque, et nous poser la question de savoir comment nous subviendrons à nos besoins quand la majorité d’entre nous seront privés de leur seule source de revenus. Il n’y aura plus alors que quelques forçats (des étrangers ?) pour effectuer les tâches que les machines ne sauront prendre en charge et des entreprises que l’état devra ponctionner massivement afin de distribuer aux “inactifs” de quoi consommer. Les inactifs, quant à eux, vivront d’un revenu de base distribué inconditionnellement et accepteront, à l’occasion, d’effectuer des “missions” pour des entreprises auxquelles ils vendront leur(s) compétence(s). Ils travailleront le plus souvent de chez eux, limitant leur déplacements au strict nécessaire, utilisant peut-être pour cela des véhicules dont ils ne seront plus propriétaires mais simples locataires.

Leur principale préoccupation sera alors de répondre à la question : “à quoi emploierons-nous tout ce temps ?

 

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
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