Ukraine, une partition bien jouée

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Ukraine, une partition bien jouée

Sniper des forces anti-émeutes ukrainiennes

La partition de l’Ukraine n’est qu’une question de temps.

Carte des divisions ethniques et linguistiques au sein de l'Ukraine

Carte des divisions ethniques et linguistiques au sein de l’Ukraine

Si Poutine n’a pas pu empêcher l’Ukraine de devenir indépendante en 1991, il peut à présent se servir de ses divisions internes pour faire main-basse sur la fraction du territoire qui possède la plus grande valeur stratégique.

En multipliant les désaccords avec les occidentaux sur des sujets aussi variés que la Syrie, la Géorgie, et à présent l’Ukraine, Poutine se donne autant de moyens de pression qui lui permettront à terme de faire des échanges gagnants. Un jour, peut-être, il abandonnera le dictateur syrien contre la partie orientale de l’Ukraine. Et nous, nous le remercierons. Les relents pestilentiels des accords de Munich en 1938 semblent ne pas nous déranger…

Sur France2, le  dans CE SOIR (OU JAMAIS !), Frédéric Taddei a consacré l’émission qu’il anime à la situation en Ukraine (Ukraine : vers un nouvel affrontement est-ouest ?).

L’un des invités, Raphaël Gluksmann, a cité une déclaration de Vladimir Poutine dans laquelle ce dernier indique que, selon lui, la plus grande catastrophe du 20ème siècle était l’effondrement de l’URSS (vers la 55ème minute de l’émission).

Raphaël Gluksmann met en perspective cette déclaration de V. Poutine en énumérant d’autres catastrophes notables du 20ème siècle que sont, par exemple, les deux guerres mondiales et la Shoah.

Cette mise en perspective est tout à fait révélatrice de la mentalité de V. Poutine et de ses ambitions pour la Russie qu’il dirige après être passé par le très formateur KGB. Il n’est bien sûr plus possible de reformer l’URSS, mais Poutine ne désespère pas de reconstituer une Grande Russie avec une partie des anciens pays satellites de l’Union Soviétique. Si certains pays comme la Biélorussie ne se font pas prier pour rester dans le giron russe, d’autres ont fait en sorte qu’il n’y ait pas de retour en arrière possible. Les trois anciennes républiques baltes, par exemple, ont tôt fait d’intégrer l’Union Européenne pour afficher leur détermination à ne plus subir le joug russe.

Pour de nombreuses ex-RSS (république socialiste soviétique), la situation reste complexe du fait des fractionnements administratifs orchestrés notamment par Staline, et Poutine joue toutes les cartes qu’il peut pour parvenir à ses fins, aidé en cela par l’existence de nombreuses mini-républiques autonomes ne reconnaissant pas l’autorité des états auxquels elles sont actuellement rattachées.

Comme Hitler auparavant, il joue principalement la carte du nationalisme (russe) à des fins d’annexion. C’est ce qu’il a fait en Tchétchénie, puis en Géorgie en août 2008 lorsqu’il a envahi une partie de son territoire au prétexte de défendre la minorité russe menacée par Saakachvilli suite à l’échec de son offensive armée en Ossétie du Sud. C’est également ce qu’il commence à faire avec la partie orientale de l’Ukraine où la minorité russe est très importante et dispose, grâce à une politique opportuniste de la Russie, de la double-nationalité (ukrainiens ET russes). Là encore, l’autonomie de la Crimée au sein de l’état ukrainien est un atout de taille. D’ailleurs, son âme damnée Dmitri Medvedev a immédiatement réagi en affirmant que la Russie ne laisserait pas une fraction séparatiste décider de l’avenir des nombreux russes d’Ukraine orientale.

Poutine NE PEUT PAS perdre (son influence sur) l’Ukraine, ce qui représenterait un échec quasi-personnel :

  • Raison historique : nommée par les russes la “Petite Russie”, elle est le berceau du premier état slave (Rous de Kiev) qui deviendra à terme la Russie tsariste.
  • Raison militaire : elle abrite également la flotte soviétique de la Mer Noire basée à Sébastopol, en Crimée.
  • Raison économique : elle dispose du réseau de gazoducs et oléoducs le plus dense d’Europe (35.000 Km) et assure le transit de 90% des hydrocarbures russes.

Il y a donc fort à parier que Poutine va jouer à fond la carte de la partition de l’Ukraine ce qui lui permettra :

  1. de contrer ce qu’il considère comme une manœuvre d’encerclement de l’OTAN (la Géorgie avait demandé à adhérer à l’OTAN en 2006 et est frontalière de la Turquie également membre de l’OTAN)
  2. de contrer la stratégie européenne de diversification de ses approvisionnements en hydrocarbures qui dépend trop de la Russie (la Géorgie permet également l’acheminement de pétrole et de gaz azéri et turkmène  en provenance de la Caspienne vers l’Europe)

A bon entendeur.

Lovegiver.

Liens intéressants :

La Géorgie, 2 ans après la guerre

Ukraine / Україна(Ukraïna)

 

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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Ukraine, une partition bien jouée

Poutine est un véritable chef d'orchestre de génie qui peut jouer de nombreuses partitions. Après la Géorgie, écoutons à présent la partition de l'Ukraine.
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