Nous connaissons le vainqueur des élections de 2017

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Nous connaissons le vainqueur des élections de 2017

La gauche a gagné les élections.

La droite a gagné les élections.

Quand est-ce que ce seront les français qui gagnent les élections ?

Coluche

Gagner les élections.

Étonnante cette idée de gagner – ou de perdre – ce qui, au bout du compte, concernera tous les français, comme si une partie de la population, par son vote, allait léser l’autre. Le président élu ne finit-il pas toujours pas déclarer qu’il est le président de tous les français, y compris ceux qui ont voté contre lui ?

Au vu du taux d’abstention, ceci est pourtant de moins en moins vrai, puisque nos derniers présidents sont, globalement, supportés par 30% de la population contre 70% qui ont soit voté contre soit n’ont même pas pris la peine de se déplacer.

Pourtant, malgré tout cela, les campagnes présidentielles ressemblent à de grands spectacles avec sons et lumières, pyrotechnie. De vrais matchs au cours desquels 2 camps s’affrontent et dont ne sortira qu’un seul et unique vainqueur.

Tout est mis en scène, tout est scénarisé. Des sommes de plus en plus folles sont investies, nécessitant de part et d’autre quelques menus arrangement avec l’éthique, si ce n’est carrément la légalité. Faut-il rappeler ici que Juppé a été condamné, que Sarkozy est inculpé dans diverses affaires, que la famille Le Pen se débat avec des problèmes d’emplois fictifs ?

Même les débats outranciers à propos de cette idiotie de burkini sont planifiés quand d’autres thématiques – bien plus importantes – comme le TAFTA ou le TES, fichier central qui contiendra les données sur tous les français, sont soigneusement dissimulées.

Nous croyons assister à un spectacle dont NOUS sommes en réalité les marionnettes. C’est du Robert Hossein, mais vous n’en avez pas pleinement conscience. Quand vous votez, vous faites partie du spectacle.

Pour ceux qui financent les campagnes électorales de nos candidats, de Bettancourt à Khadafi, il s’agit en fait de véritables investissements, tout comme les lobbyistes qui arpentent les couloirs de nos institutions communautaires ou de nos ministères. Empêcher l’interdiction d’un poison phytosanitaire, limiter l’augmentation du prix du tabac, lever les soi-disant freins à la croissance en cassant le code du travail ne sont pas le résultat d’un travail de fond en collaboration avec les parlementaires – nos représentants – mais des renvois d’ascenseurs et petits arrangements entre personnes fréquentant les mêmes dîners en ville comme le dit très bien Thierry Mandon dans Mediapart.

Les amateurs de football connaissent pour la plupart cette humoristique description de la Coupe d’Europe des Nations qui dit, en substance, qu’il s’agit d’une compétition au cours de laquelle s’affrontent des équipes de onze joueurs et que l’Allemagne gagne à la fin.

Il en va de même de la politique. Quand le camp victorieux est annoncé après le second tour de scrutin, une partie des français crie “on a gagné !!”.

Et pourtant, rien n’est plus faux.


Croire que l’on gagne n’est pas gagner

Car cela fait bien longtemps que les français n’ont pas remporté une élection, plusieurs décennies même que, à l’instar des compétition sportives, il n’y a plus de nation victorieuse, juste un business juteux.

Qui gagne la coupe d’Europe si ce n’est un nombre limité d’acteurs, allant des joueurs eux-mêmes qui, tels des gladiateurs, acceptent de sacrifier leur corps et leur santé en échange de paies insensées, à l’UEFA, organisation prédatrice déterritorialisée qui ose encore – contre toute évidence – se présenter comme le protecteur du football “amateur“.

Il ne faut pas oublier non plus les médias qui se gavent en nous gavant de publicités, le secteur du bâtiment qui construit des stades inutiles facturés au contribuable et tout un tas d’autres professions se partageant un gâteau qui, pour les finances publiques, s’avère clairement indigeste malgré les “retombées” que personne n’est en mesure de chiffrer mais dont on nous assure – à l’instar du CICE – qu’elles sont nécessairement positives (alors que la Cour des Comptes, qui a des chiffres, elle, s’interroge). La Grèce paie encore à ce jour les stades et diverses infrastructures construites pour “ses” jeux Olympiques, un autre événement sportif organisé selon les mêmes procédés. Les JO ont bien eu lieu, les intérêts privés ont raflé la mise, et le peuple grec, aiguillonné par la troïka, n’en finit plus de payer ses dettes.

S’il nous a paru opportun de faire ce détour par l’arnaque qu’est devenu le sport, désormais vecteur de valeurs exprimables en euros et en dollars, c’est parce que nous pensons qu’il en va de même de l’affligeant spectacle qu’il nous est donné de voir, en France comme aux États-Unis, où les campagnes électorales sont servies à des supporters hystériques matins, midis et soirs par des médias dont le rôle s’est peu à peu transformé jusqu’à devenir un simple tuyau dans lequel passent des monceaux d’immondices que plus rien ne filtre. Là aussi la moins-disance a gagné, et l’information continue vide de sens a pris le pas sur l’analyse et la perspective.

Nous assistons, à droite comme à gauche, à des parodies soit-disant démocratiques, les “primaires”, dont nous attendons a priori qu’elles permettent de désigner les “meilleurs” candidats à l’élection présidentielle. Or les vainqueurs sont en réalité déjà connus.

Ces vainqueurs ne sont ni les peuples ni les idées, ni même les partis qui prétendent les représenter, mais les marchés, et il conviendrait, à quelques mois de l’échéance électorale en France, que les supporters qui croient s’affronter dans un combat du Bien contre le Mal comprennent que les partis politiques qui se donnent en spectacle ne font que proposer des variantes d’un même programme : celui d’un libéralisme mondialisé, déterritorialisé, c’est à dire sans autres règles que celles qu’il veut bien s’imposer.
Ce fonctionnement, qui consiste à rejeter les règles communes pour n’obéir qu’à un code d’honneur parallèle, est celui des mafias et du banditisme.

En votant à l’unanimité pour le CETA, les membres de l’Union Européenne ont agi dans le sens de favoriser l’extension de cette mafia que sont devenus les marchés financiers et le business en général.

Car en acceptant le principe délétère des accords de libre-échange (pas de droits de douane, donc une suppression des protections de nos industries nationales), nos états ont également accepté le principe anti-démocratique selon lequel les acteurs privés s’affranchiront désormais des règles communes et de la Justice sensées gouverner nos actes en nous rendant responsables devant nos semblables.
Ceux-ci disposeront désormais d’une justice privée (les tribunaux arbitraux) qui échappera aux justices nationales et mettra ainsi plus encore à mal la souveraineté des états auxquels ils pourront demander des compensations en espèces sonnantes et trébuchantes quand nos législations porteront atteinte à leurs bénéfices.

Du PS au Front National en passant par l’UMP et le Centre, qui donnent l’impression de s’entre-déchirer, personne ne remet en cause ces orientations. Pire : ils les valident, les soutiennent, font pression sur les individus qui expriment des opinions divergentes.

Ils prétendent défendre l’emploi sur le territoire national en exposant des pans entiers de nos secteurs industriels à une concurrence qui n’a comme carburant que le coût du travail.

Le plus drôle, c’est que les candidats à la présidentielle américaine, dont le sort sera fixé en ce jour, ont fait campagne sur… le protectionnisme. Alors que les initiateurs du TAFTA parlent de défendre les intérêts américains contre les intérêts des entreprises étrangères, les européens vont, contre l’avis de leurs populations, signer le même type d’accord avec le voisin canadien.

Nous pourrions nous arrêter là, sur le constat que nos gouvernements ne défendent plus nos intérêts mais ceux d’acteurs qui ont contribué, d’une façon ou d’une autre, à les porter au pouvoir en finançant leurs campagnes électorales ou, encore, en leur garantissant des fauteuils et des jetons de présence dans des conseils d’administration dès la fin de leurs mandats en échange des services rendus.

Mais nous souhaitons conclure en attribuant la responsabilité partielle de cette situation à chacun d’entre nous.
Nombre de français (mais ceci est également valable ailleurs) sont aujourd’hui conscients de la façon dont fonctionne ce que d’aucuns nomment “le système“. Nous voyons tous à quel point les discours qui nous sont tenus sont mensongers et comment certaines décisions vont à l’encontre du bon sens. Comment défendre l’emploi en France et, dans le même temps, signer des accords de libre-échange qui valident le principe des délocalisations vers les pays à bas-coûts en supprimant les droits de douane sur les produits fabriqués dans des conditions sociales s’apparentant à de l’esclavage ?

Penser de cette façon, c’est faussement croire que les consommateurs ne sont pas également des producteurs. A force de clamer que la concurrence est bonne pour les consommateurs parce qu’elle leur permet de consommer “moins cher”, on supprime aux mêmes personnes les emplois prétendument trop chers qui leur permettent justement de consommer.

Nombreux sont les français qui font l’effort de consommer “français”, qui s’approvisionnent en produits “bio” issus de filières ne percevant aucune subvention, donc plus chers, qui favorisent les circuits “courts”, c’est à dire qui limitent le nombre d’intermédiaires entre producteurs et consommateurs (donc les grandes surfaces).
Malgré cela, malgré cette prise de conscience, ces mêmes personnes continuent de donner leurs votes, c’est à dire d’accorder leur confiance, à ceux qui, par leur action, contribuent à détruire cette économie qu’ils prétendent vouloir sauver.

orwell-peuple-compliceNous sommes de plain-pied dans le monde décrit par Orwell dans “1984“, quand il écrivait “la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage […]”.

Nos gouvernants nous font prendre des vessies pour des lanternes, et nous nous efforçons d’y croire parce que nous avons peur de soulever le voile et de ce que nous risquons de découvrir dessous : un monde qui n’a pas changé depuis cette fichue Révolution qui nous a été confisquée en 1789, révolution au cours de laquelle le bon peuple n’a servi qu’à alimenter les canons d’un pouvoir – celui des marchands et des banquiers déjà – qui n’était pas prêt à partager le magot.

Réveillons-nous !! Ce ne sont ni Sarkozy, ni Juppé, ni Valls, ni Le Pen que nous nous apprêtons à élire en 2017, mais encore et toujours les “marchés“. Aucun des impétrants ne pourra sans mentir vous assurer du contraire.

Alors bien sûr, il existe quelques formations politiques telles que Nouvelle Donne ou “La France insoumise” de Mélenchon qui prétendent pouvoir changer cela de l’intérieur.

Mais ne nous leurrons pas : le système est verrouillé et inattaquable en l’état. Et gageons qu’aucune de ces formations ne parviendra à obtenir les indispensables 500 parrainages d’élus locaux exigés de tout candidat à l’élection présidentielle.

La seule possibilité d’accéder au pouvoir pour ces mouvements “citoyens” passe par les élections législatives et la représentation proportionnelle intégrale dont nous pouvons affirmer que nous n’avons aucune chance de les voir advenir un jour prochain parce que le quinquennat, parce que la IVème République et son instabilité patente, parce que le Front National.

Et puis après la péripétie du parlement wallon qui a finalement été contourné, après l’épisode du Brexit qui devra finalement faire l’objet d’une validation par le parlement britannique, après les référendums néerlandais et français relatifs au traité européen qui ont été piétinés, qui est naïf au point de croire que les peuples décident encore de quoi que ce soit… ?


Wake up.

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Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.

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