Vendredi 13 à Paris. Not Afraid !

Incroyable : selon l’Institut Molinari la France vit à crédit
10/11/2015
Anonymous
Anonymous déclare la guerre à Daesh #opparis
16/11/2015

Vendredi 13 à Paris. Not Afraid !

Not Afraid

Not Afraid

Bataclan Attentat Paris

Vendredi 13 novembre, multiples attaques au cœur de Paris.

Plus que le nombre ahurissant de victimes, morts et blessés, qu’auront provoquées ces multiples attaques dans Paris, ce qui choque le plus c’est de se réveiller dans un pays en guerre.

Les jours d’avant l’attaque

On n’en est plus aux 2 victimes par ci, 3 autres par là des précédents attentats qui avaient déjà endeuillé le pays ces dernières années. Là c’est du lourd, c’est plusieurs centaines de vies fracassées et je ne parle que des victimes directes. C’est comme les Twin Towers il y a 15 ans : ce n’est plus seulement un attentat, c’est un acte de guerre.

Il y a 15 ans, au lendemain du 11 Septembre, le non-regretté Georges Walker Bush Junior, prenant la première grande décision de sa vie, jetait le monde entier dans un cycle de fureur et de sang dont Paris, notre belle capitale, est une nouvelle fois l’une des principales victimes collatérales. Tout ça pour avoir voulu suivre les traces de son père dans le désert irakien, là où le pétrole coule à flots et où les armes se vendent comme des petits pains. Ça tombait plutôt bien, la famille Bush gagnait beaucoup d’argent grâce aux ventes d’armes, ainsi que leurs amis qu’ils avaient placés au cœur du gouvernement américain (les faucons). Mais le fondamentalisme n’a pas disparu et s’est même renforcé.

Donc, depuis 15 ans (on pourrait même remonter aux années 70 et au choix de la France et des États-Unis, déjà, de soutenir l’Irak, plus ou moins laïque, contre l’Iran, république islamique.), avec des hauts et des bas, des intermèdes, la France est en guerre. Elle se bat en Afghanistan, en Irak, au Mali, en Centrafrique, en Libye, aux côtés des États-Unis, dans le cadre d’une coalition qui s’est formée contre le fondamentalisme islamique, ce qui n’est pas rien du point de vue de l’image que cela renvoie de nous aux autres pays : en gros, c’est l’Occident contre l’Orient musulman.

C’est cette réalité qui nous pète à la gueule aujourd’hui. Nous sommes en guerre depuis longtemps, mais comme c’est loin de chez nous, on ne s’en rend pas compte jusqu’au jour où des dingues viennent commettre un carnage au Bataclan ou aux abords du Stade de France, là où nous vivons, là où nous sortons, là où nous nous détendons. Le message est clair : ils ne nous laisserons pas en paix.

[gap height=”20″]

On regrette l’époque des bonnes vieilles grosses guerres qui se disputaient à la loyale : chacun alignait ses chars, ses avions, ses divisions et le combat durait jusqu’au K.O. Les riches étaient favorisés parce qu’ils avaient plus d’argent à gaspiller dans de l’armement.

Mais maintenant ? Et bien on vit au temps de la guerre asymétrique, et dans un tel contexte les petits valent bien les grands.

On a beau se vanter de d’avoir les meilleurs avions du monde, nos fameux Rafale, sur quoi et sur qui ils les larguent leurs bombes ? Quand le gus en face ne porte pas d’uniforme mais un jean Levis et un t-shirt blanc, comment savoir s’il est membre de Daesh ou si c’est juste un individu normal ?

Cet aspect-là du conflit ajoute beaucoup à l’imaginaire collectif : ces gens nous ressemblent, ils vivent comme nous, parfois parmi nous. La peur d’une cinquième colonne (cf. déclarations de Christian Estrosi), la méfiance généralisée vis-à-vis de tout ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à un musulman, puis le délit de sale gueule, les agressions gratuites, les pogroms, voilà le cycle de violences dans lequel ils veulent nous entraîner. Voilà leur stratégie. Même si c’est contre-intuitif, Daesh espère certainement l’accession du Front National en France, parce que le FN aura autant de pouvoir de nuisance qu’eux sur notre cohésion nationale.

Or ce qu’ils espèrent, c’est justement que l’instabilité et la guerre civile gagnent notre pays, parce qu’elles seront perçues du dehors comme une agression contre une communauté musulmane et cela corroborera leurs thèses victimaires et donc la légitimité de leur combat. L’état islamique proclamé représentera alors le pays de cocagne pour tous les musulmans persécutés de la planète et cette nouvelle identité se construira dans l’adversité et le ressentiment. Il n’y a qu’à voir ce que ça donne en Israël de nos jours pour se faire une idée de ce que pourrait être cet état s’il parvenait à se former.

[gap height=”20″]

Le jours d’après

Tous nos politiques, sauf le Front National qui tente d’exploiter la situation, déclarent interrompre leur campagne des régionales au vu des circonstances. De toutes les façons, ils n’avaient rien à en dire, parce que comme souvent ce genre de scrutin intermédiaire est avant tout un référendum pour ou contre le gouvernement, il n’y a qu’à voir les déclarations de François Fillon. Cela ne les empêchent pas au demeurant de continuer celle-ci sur les réseaux sociaux où ils nous assomment avec leurs messages de soutien bidon ou des petites phrases aussi perverses que médiocres.

A ce jeu-là, le Front National et tous ceux qui partagent ses idées, donc une partie importante de l’UMP et de la droite dite “souverainiste”, s’amusent comme des petits fous, comme l’a très justement souligné GdeC dans un article écrit cette nuit et dans lequel il dénonce (tweets à l’appui) le très haut niveau de bêtise de certaines réactions “à chaud”. Il parait qu’il faut tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler, mais cette application n’existe pas pour smartphone.

Islamisation“, “libanisation“, “mosquéisation” font partie des termes qu’on peut lire. Quand on lit ce que pensent ces gens qui aspirent à des postes de responsabilité au plus haut niveau de l’État, on constate à quel point ils ne savent pas prendre de recul. Comme pour l’attentat de Charlie Hebdo, tous les musulmans sont mis dans le même sac, et l’Islam est à nouveau présenté comme LE problème.

Or ce n’est pas un problème religieux, et le fait que Daesh revendique cette attaque n’est pas une preuve supplémentaire que la religion est en cause. Daesh, l’état islamique, c’est la volonté d’un groupe d’hommes de profiter du chaos pour prendre les rênes dans une région du globe mise sens dessus-dessous par nos interventions militaires. Ces individus entrevoient la possibilité de devenir riches et puissants. Pour cela, ils instrumentalisent les conséquences de nos actions afin de gagner la faveur des populations.

Syrie : les forces en présence

Est-ce que cela veut dire qu’il faut cesser nos interventions au Moyen-Orient ? Certainement pas si celles-ci contribuent à éradiquer Daesh de la surface du globe et à faire mordre la poussière à cette bande de malades. Mais il reste à fixer les modalités d’intervention, et c’est là que ça pêche. On se rend bien compte, depuis 4 ans que dure le conflit syrien, que l’ONU est en train de mourir. Tel qu’elle fonctionne l’ONU n’est pas en mesure de faire quoi que ce soit en Syrie, et Vladimir Poutine profite de son droit de veto pour empêcher toute résolution de cette affaire par l’Occident.

Poutine lui-même n’a aucune intention de régler le problème qu’est Daesh dans la mesure où c’est avant tout un problème pour l’Occident (l’avion abattu passera en pertes et profits). Poutine n’est là que pour maintenir Bachar Al Assad sur son trône et conserver intacte, voire renforcer l’influence russe dans cette partie du monde largement dominée par l’hégémonie américaine mais à laquelle la Chine s’intéresse de plus en plus. Cela passe par des frappes sur Daesh mais aussi sur ceux qu’on présentait comme les rebelles et les forces syriennes libres au début du conflit syrien. On pourrait même ajouter à la longue liste des bonnes raisons de Poutine de maintenir Al Assad aux commandes de l’état syrien une petite pichenette à François Hollande en mémoire des deux navires Mistral qui attendent dans le port de Saint-Nazaire qu’un nouvel acquéreur veuille bien se manifester.

François Hollande a fait du départ de Bachar Al Assad un prérequis à toute résolution du conflit en Syrie. Il est mort de rire Al Assad. Et il se pourrait que l’Europe, loin de s’aligner sur la position française, soit prête à changer de stratégie au vu de la façon dont évoluent les événements. Mais les militaires européens les plus engagés restant principalement français, cela risque de susciter de nombreuses tensions au sein même de l’Europe lors des rencontres qui ont lieu à Vienne entre russes, américains et européens afin de trouver une solution politique au conflit syrien.

[gap height=”20″]

Adrien P. (merci à Lovegiver pour cette tribune)

Commenter directement depuis Facebook

Subscribe
Notify of
guest
2 Commentaires
newest
oldest most voted
Inline Feedbacks
View all comments
Lovegiver

Merci Adrien pour cette publication. Je suis bien d’accord avec ce que tu dis quant à l’alliance objective entre le FN et Daesh qui ont tous les 2 comme objectif de consommer la rupture de la société française.

Coup de pouce

Merci d'avance de partager ce post sur votre réseau social favori.

Vendredi 13 à Paris. Not Afraid !

Vendredi 13 novembre, Paris est attaquée à de multiples reprises. Daesh revendique l'attaque terroriste. Est-ce la guerre qui s'annonce ?
2
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Skip to toolbar