La #violence en #politique

Pauvreté : qu’est-ce qu’une “vie décente” ?
06/03/2015
Notre démocratie n’est-elle qu’une aristocratie élective ?
07/03/2015

La #violence en #politique

Violence politique

De la violence en politique

“Qu’est-ce qui fait monter le Front national ? Je réponds Mme Taubira. Si vous pensez que Mme Taubira n’est pas un tract ambulant pour le Front national, mis en avant par François Hollande, c’est que, je pense, vous n’avez pas compris le cynisme des socialistes”

Gérald Darmanin, ancien porte-parole de la campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP (sur FranceTV Info).

 

“Lorsqu’une personne est à ce point pauvre, indigente moralement, politiquement, culturellement, lorsqu’une personne est à ce point indifférente aux dégâts considérables qu’il peut produire par ses paroles qui sont des insultes, qui sont surtout des déchets même de la pensée humaine, je n’en attends rien”, raille-t-elle. Et la garde des Sceaux ajoute : “Je trouverais ça pitoyable, si j’avais de la pitié à gaspiller, ce n’est pas le cas pour ce monsieur !”

Christiane Taubira, minsitre de la Justice, Garde des Sceaux (France TV Info)

Compte-tenu des attaques extrêmement violentes dont Christiane Taubira a fait l’objet par le passé (Anne-Sophie Leclère, candidate frontiste, a été condamnée à 9 mois de prison ferme en juillet 2014 pour avoir comparé C. Taubira à une guenon), les propos de Gérald Darmanin sont aussi maladroits que sujets à polémique. Plutôt que de parler de “tract ambulant pour le Front National”, celui-ci aurait pu rester plus attaché aux faits, en l’occurrence à l’action de C. Taubira en tant que ministre de la justice, plutôt que d’associer les mots “Taubira” et ceux de “Front National” avec tout ce à quoi ils renvoient dans l’inconscient collectif (mais est-il si inconscient ?).

Pourtant, la réaction de Christiane Taubira, excessive et insultante, est bien plus condamnable, et il est regrettable que la solidarité gouvernementale l’ait emporté sur le bon sens et la mesure, a fortiori quand on sait que Manuel Valls, son premier et plus ardent défenseur, ne la porte pas particulièrement dans son cœur.

Tout ici n’est donc que posture politique, communication, écran de fumée et vacuité du sens.

Protéger C. Taubira, c’est en effet dissimuler l’échec de celle-ci comme Garde des Sceaux (lire le billet de Philippe Bilger sur FigaroVox), donc celle de tout un gouvernement quant à sa politique pénale alors qu’il paraissait si simple a priori de remettre la justice sur les rails après les dégâts de la politique Sarkozy du “tout répressif”, avec ses peines plancher et la pénalisation de l’enfance.

Plus il y a de violence, moins il y a de sens.

Stéphane Robert (France Culture).

Dans sa chronique du 5 mars 2015 sur France Culture, Stéphane Robert pointe du doigt un aspect de plus en plus prégnant de la vie politique contemporaine. Si, en effet, la violence a toujours accompagné le combat politique, celle-ci se caractérise de plus en plus par la vacuité du message qu’elle véhicule.

L’absence de sens pointée par Stéphane Robert est à mettre en rapport avec le phénomène du “buzz” politique que le politologue Thomas Guénolé décrit comme une valse à 4 temps :

  1. Propos violent(s) par une personnalité politique ou proche
  2. Echo médiatique
  3. Réaction de la classe politique
  4. Atténuation du propos initial qui a été déformé parce que sorti de son contexte.

L’incident Darmanin-Taubira répond complètement à ce schéma. Sa vocation, sans doute, est de dénoncer l'(in)action politique d’une ministre, sensée faire le lit de la progression du Front National dans les sondages, pour mieux introduire l’alternative que représente l’UMP en prévision de l’affrontement qui se prépare pour 2017. De là à affirmer que cette saillie était téléguidée par Nicolas Sarkozy, il n’y a qu’un pas.

C’est ce qu’on appelle du “buzz“.

Quand il n’a pas comme unique objectif d’indiquer qu’on existe, il s’agit souvent d’un exercice de communication politique qui consiste à préparer les esprits pour agir selon un calendrier le plus souvent déjà établi. En soulignant les échecs des uns, ou en annonçant le pire, on s’autorise des actions dont les conséquences, moindres qu’annoncées, seront accueillies presque avec soulagement.

Cette violence verbale permet de faire passer des décisions impopulaires par petites touches.

Violence politique

Plus les mots sont sucrés, plus il y a de violence.

Il existe également le phénomène inverse, qui consiste à maquiller la réalité pour mieux en cacher la violence. De même que les plans sociaux dans les entreprises  sont qualifiés de “plans de sauvegarde de l’emploi“, la réforme du marché du travail, qui devrait intervenir d’ici l’été comme annoncé par le gouvernement, porte le nom trompeur de “mesures de sécurisation de l’emploi“.

Pour le cas Areva, par exemple, “rassurer” sur le fait qu’il n’y aura pas de “carnage social” dans ce groupe détenu à 87% par l’état introduit l’existence même d’un futur plan social que l’on s’efforcera de limiter au strict nécessaire.

« Nous ferons tout pour que, s’il doit y avoir des départs, ils se fassent sur la base du volontariat », a déclaré le directeur général d’Areva, Philippe Knoche.

La Nouvelle République

L’expression de “carnage social“, que l’on doit au ministre socialiste de l’économie, Emmanuel Macron, est spécialement choisie pour ne pas affoler les syndicats et les salariés qui ne veulent pas faire les frais d’une gestion calamiteuse de ce “fleuron de l’industrie nucléaire française” par Anne Lauvergeon, démise de ses fonctions par Nicolas Sarkozy.

“Il n’y aura pas de carnage social” a promis mardi Emmanuel Macron, alors qu’Areva doit dévoiler mercredi sa feuille de route pour redresser ses comptes.

“En aucun cas il n’y aura carnage social. Je ne veux pas qu’on puisse alimenter l’inquiétude des salariés, qui doivent voir les annonces de demain comme la première étape d’un nécessaire redressement”, a déclaré le ministre, en marge d’une conférence sur le secteur des services à Bercy.

Les Echos

 

Rendez-vous est donc pris ce jour avec notre ministre de l’économie pour vérifier lequel de nous 2 ment sur la question de savoir s’il y aura ou pas un “carnage social” chez Areva.

 

Wake up.

Lovegiver

Commenter directement depuis Facebook

Lovegiver
Lovegiver
Je tente de décrypter l'actualité en croisant différentes sources d'informations dont je fournis systématiquement les liens. Je livre également mes réflexions sur la compréhension que j'ai des événements dans l'espoir de susciter un échange avec les lecteurs. On me reproche à l'occasion de faire des articles trop longs, mais je m'efforce surtout d'être clair. Je suis ouvert à la critique si celle-ci est constructive et permet de progresser.
Subscribe
Notify of
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Coup de pouce

Merci d'avance de partager ce post sur votre réseau social favori.

La #violence en #politique

La violence en politique ne concerne pas que les politiciens. C'est à la population qu'elle est faite. Car il ne s'agit que d'un exercice de communication.
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Skip to toolbar